Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique latine


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Mes amis
Album photos

La carte des lieux visités








Rubriques

Bolivie, Fiches artistes
Chili
Debut du voyage (Perou, Bolivie)
Itinéraire
Le projet
Préparation en France

Liens

Voyage au bout du théâtre

Newsletter

Saisissez votre adresse email

Un peu de théâtre physique ... et pourquoi pas ?

A Concepción, contre toutes attentes, on TROUVE du théâtre. Les mauvaises langues de Santiago peuvent bien se taire, il y a de quoi voir, suffit de chercher au bon endroit. Ou de connaître les bonnes personnes au bon moment. Tout est affaire de rencontres, finalement.

C'est une prof de théâtre rencontrée au hasard à l'Alliance Française (un jour de pluie diluvienne ... on a eu droit à quelques bonnes douches depuis qu'on arpente le Chili) qui nous a vivement conseillé de rencontrer la compagnie EL ORACULO, pour la spécificité de son théâtre, le "teatro fisico". Là encore la chance est avec nous (pas le temps), ils jouent justement 3 soirs de suite dans la semaine. Le nom de la pièce : "Santa Maria de Iquique, la venganza de Ramon Ramon". L'histoire est tirée d'une tragédie chilienne, d'un massacre qui a eu lieu en 1907 à la Escuela Santa Maria de Iquique, commendité par le général Silva Renard. La pièce traite de la vengeance d'Antonio Ramon Ramon qui y aura perdu son frère Manuel.

Mieux vaut connaître le contenu dramaturgique avant, car on ne comprend pas forcément à première vue de quoi il s'agit. Le teatro fisico, comme son nom l'indique, base surtout son travail sur le mouvement corporel, les images et le son. Pas de paroles. Une "mixture" qui oscille entre la danse moderne, le mime et le théâtre japonais. Il me semble que cela parvient plus directement au spectateur, que cela fait appel à d'autres sens. En tous cas cela nous touche. On est fascinées par la première scène, sortie tout droit de ... nulle part. Ambiance lunaire. Pour seul décor, des bouts de bois empilés en totems, des sacs de farine, une brouette. Pour une fois, cela ne nous renvoie à rien de connu. Les comédiens ont une parfaite maîtrise du corps, ils déambulent comme des automates vivants, visage peints en blanc, gestes sacadés, et arrivent à effectuer une sorte de tremblement interne que l'on ne distingue que parce que la poudre déposée sur leurs perruques s'évapore peu à peu autour d'eux. Dans nos oreilles et dans tout notre corps, la musique raisonne comme un appel au mouvement, à la danse, à la transe. On est comme tiré par un fil invisible vers la scène. L'une des comédiennes est empêtrée dans une corde, elle se débat et se contorsionne pour s'en défaire, torturée par on ne sait trop quoi. A côté d'elle, les autres avancent, reculent sur scènes comme d'étranges robots, et vaquent à leurs occupations (pousser la brouette, porter un sac...).

Toute l'histoire de ce drame nous est contée sans mots par ces personnages insolites, en mime, en danse, en sonorités bizarres ... Hélas, peut-être parce que c'était la première, on a été déconcentrées par de gros problèmes de son (coupures brutales, volume trop fort) et de lumières (douches situées au mauvais endroit etc ...). Cela dit l'impact visuel et émotionnel de cette pièce n'en restera pas moins présent.

Le lendemain, rencontre avec Manuel Loyola, le metteur en scène. Il nous propose de l'interviewer au théâtre, sur scène. Quelle chance. On essaie de faire le meilleur plan possible, avec un élément de décor derrière ... heu ... la brouette. Manuel Loyola parle doucement, posément. Il a mis la bande-son de la pièce en fond. Pour être bien. Lorsqu'il sourit, il y a des étoiles qui s'allument au fond de ses yeux (hein Nasta? si si, on les a vu).

Encore un amoureux du théâtre. Qui le défend corps et âme. Il prône le travail physique, mais il précise qu'il faut de tout, que le texte trouve lui aussi son public, et que c'est justement la proximité et la co-existence de tous ces genres qui font le théâtre. Lire sa fiche ici (passionante).

Ne pas se fier à la photo, où il a préféré ne pas sourire, allez savoir pourquoi. Peut-être parce qu'il avait peur qu'on lui vole ses étoiles ? Pom pom pom.

 



Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 11:24, le 4/09/2008 dans Chili, Concepcion
Mots clefs :

Notre article en PDF !

Juste pour vous dire qu'on a la version PDF de l'article qui nous a été consacré dans le journal chilien "El Mercurio de Valparaíso" (pour ceux qui n'auraient pas encore pu le voir, les pauvres Moqueur). Vous le trouverez ici, ou dans notre post du 21 août en cliquant sur le titre de l'article "Actrices galas recorren Chile". De là, vous pouvez télécharger l'article en cliquant sur télécharger la pièce jointe d'origine, tout en haut de la page.

Saludos amigos !

PS : Aujourd'hui, pas de pluie... héhéhé

 



Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 09:58, le 3/09/2008 dans Chili, Valdivia
Mots clefs :

Julio Muñoz et sa version de "Cendrillon"

Concepción nous accueille avec un déluge (il nous semble à présent que toutes les villes chiliennes nous réservent leur meilleure pluie... mais de quoi nous plaignons-nous, nous sommes en hiver et nous approchons petit à petit de la région la plus humide de la terre !) - les rues se transforment en rivières, et nos jeans sont bons à essorer. (On décidera le lendemain d'investir dans un imperméabilisant, achat tout aussi utile que le dictaphone dans cette région)

Mais la pluie ne nous empêche pas de poursuivre l'investigation et après un passage par la désormais inévitable Alliance française, nous passons au théâtre de l'Université où, surprise, ils jouent Cendrillon (en espagnol : La Cenicienta)! La dame de l'accueil nous donne les coordonnées de la troupe El Rostro, et deux jours plus tard nous sommes dans la maison de Julio Muñoz qui nous accueille les bras ouverts.

Il nous explique qu'il a monté la première version du conte durant la dictature, et que les personnages du roi et du premier ministre revêtaient alors des significations bien particulières. C'était une manière de rire de l'actualité, à travers l'ironie et les allusions, et nous il avoue en riant qu'il est plus difficle de railler Michelle Bachelet (présidente socialiste du Chili) aujourd'hui parce qu'ils éprouvent de la sympathie pour elle ! (Lire la fiche comédien) Son objectif est donc de faire du théâtre familial, qui plaise autant aux enfants qu'aux parents, et il nous invite à venir voir la pièce, dimanche à midi.

Nous nous rendons donc à l'Aulamagna, la salle de théâtre de l'Université, dimanche, quelques heures avant de prendre le bus qui nous emmènera à Pucón. 

On s'installe, la salle est comble, les enfants chahutent, les lumières s'éteignent et la pièce commence : Cendrillon version old school, avec les souris (si, si!), des chansons et des gags à répétitions. Les enfants adorent, nous on doit bien avouer qu'on reste un peu sceptiques... surtout qu'ils ne montrent même pas la scène du bal ! Sacrilège ! Ceci dit, ils arrivent à faire chanter toute la salle et à captiver les enfants ET les parents, qui ont l'air de bien s'amuser eux aussi.

- A droite, Cendrillon, et à gauche, vous les aurez reconnues, les deux soeurs! -

Une toute autre lecture du conte, donc, même si le roi ne symbolise plus Pinochet et qu'il y a moins d'allusions directes à l'actualité. Les lumières se rallument, on peut aller faire un bisou à Cendrillon et aux autres personnages (clin d'oeil ici à nos Cendrillon parisiennes Clin d'oeil).

Nous on file à notre petit alojiamento pour récupérer nos sacs et filer au terminal de bus (non sans quelques difficultés, puisqu'une fois de plus il n'y a personne à l'alojiamento et qu'on doit ouvrir la porte avec une barette !), c'est reparti, toujours un peu plus vers le sud...



Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 04:26, le 28/08/2008 dans Chili, Concepcion
Mots clefs :

Rencontre avec le plus vieux théâtre chilien, el Teatro Ictus

Encore une fois grâce à un chilien plutôt expansif et ultra désireux de nous aider dans notre investigation (les chiliens, en règle générale, veulent régulièment devancer-protéger-conseiller-guider le touriste de base, afin de lui éviter le moindre incident dans son pays -cela peut aller de la flaque d'eau au vol de sac), nous voilà mises en contact (à notre insu) avec le chargé administratif del Teatro Ictus, la plus vieille institution théâtrale chilienne connue à ce jour. Elle a perdurée pendant toute la période cahotique de la dictature, en offrant au public des pièces de qualité, qui véhiculaient toujours un message contestataire en lien avec le contexte politique ou social ambiant.

 Le monsieur s'appelle Mauricio Almuna, nous avons RV à 16h30 avec lui, au théâtre. Il va pouvoir nous parler de l'histoire de l'Ictus, et par là-même, de celle du Chili, de la dictature évidemment. La dictature ... encore tellement présente dans l'esprit des chiliens ... pas une interview sans qu'elle ne soit mentionnée. De près où de loin. Elle a marqué non seulement l'histoire, mais encore davantage les mentalités et la production artistique du pays.

Mauricio nous reçoit dans son petit bureau, à côté de l'entrée du théâtre. 

 

Il nous redemande ce qu'on vient faire là, quel est notre objectif, et surtout qui est ce jeune type extravagant qui est venu le voir pour lui parler de nous alors qu'il était incapable de lui expliquer notre projet. On glousse. "C'est Claudio (un autre)". Il acquiesse en disant qu'en effet, les chiliens sont comme ça, à toujours vouloir aider les jeunes filles en détresse. On ne parvient pas bien à savoir si c'est du lard ou du cochon. Le Mauricio en question est un tantinet cynique. C'est pas grave. On pose le dictaphone sur le bureau, tout près de lui, il accroche le micro à sa chemise, Nast' allume Didine, on démarre l'entrevue. Il parle de l'Ictu (n'oublions pas que les chiliens ne pronnoncent pas les "S") comme s'il parlait du Pape. Avec beaucoup beaucoup de soin. Comme si le seul fait de prononcer le mot pouvait le casser. On n'ose pas l'interrompre. Surtout quand il raconte pompeusement l'histoire de l'Ictus...pardon, l'Ictu.

Au bout d'un moment, Nasta se tente une petite intervention de derrière la caméra : "Quel type de pièces passaient à l'Ictus pendant la dictature ?" Malheur Nasta, qu'as-tu fait ? Réponse du dinosaure :"Tu n'as pas écouté ce que j'ai dit, toi, hein ?" Grimace de la Nast'. "Heu...si, mais euh ..." "Je n'ai peut-être pas été assez clair, c'est ça?" Et il reprend de plus belle, nous citant à peu près tout le repertoire de l'Ictus. Je continue l'interview en marchant sur des oeufs, calculant le moment où je peux placer rapidement la question suivante. Terrain glissant. Mais on y arrive.

Quand on parvient finalement à boucler l'interview (Nasta toujours tremblante et muette derrière la caméra) et qu'on lui demande la petite photo habituelle, sa réponse est claire : "Non." J'insiste un peu en plaisantant, disant que c'est pour le blog ... "Non". Très bien, ben on va prendre une photo du cadre alors.

Nous quittons hâtivement Mauricio et le Teatro Ictu..., soulagées d'avoir terminé cette douloureuse entrevue. Bien dommage qu'une entité pareille soit défendue par un ours de ce genre.



Commentaires (4) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 07:54, le 27/08/2008 dans Chili, Santiago du Chili
Mots clefs :

María José Contreras, actrice et metteur en scène

C'est grâce à un autre Claudio (décidément!), rencontré une semaine plus tôt à Valparaíso, que nous rencontrons María José Contreras.

Vendredi soir, on se pointe au théâtre Lastarria 90, dans le quartier culturel de Santiago. La troupe est en pleine séance photo, mais notre ami Claudio n'en a cure ! Il demande à voir María, qui interrompt son travail. Nous, un peu gênées quand même de la déranger, on lui propose de l'interviewer après avoir vu sa pièce "Remite Santos Dumont", ce qu'elle accepte. Le rendez-vous est donc fixé pour dimanche, après la représentation.

Curieuses (ce qu'on a entraperçu de la scénographie et des costumes à éveillé notre curiosité), on se fraie un chemin dans la foule (c'est la dernière représentation de la pièce), on retire nos invitations et on suit María dans la salle.

L'atmosphère nous plaît immédiatement, et même si on comprend pas grand chose (il faut préciser que c'est une pièce montée à partir de lettres trouvées dans un hôpital psychiatriques, écrites par des malades mentaux au début du siècle), la mise en espace, les costumes, le jeu de lumières et surtout la prestation des acteurs nous scotchent à nos sièges (enfin, surtout Caro parce que Nasta, elle, a dû rester debout tout le long). A la fin de la représentation, on se dit qu'il serait mieux d'interviewer María le lendemain, pour avoir le temps de préparer nos questions sur la pièce. Ce qui semble l'arranger, en ce soir de dernière !

Le lendemain donc, on arrive au lieu de rendez-vous : le Café Literario, bizarre comme endroit de rencontre, le lieu est snob, le serveur a dû utiliser tout son gel en un matin pour fixer sa mèche et... il ne leur reste pas un seul croissant ! Catastrophe pour les deux affamées que nous sommes (surtout le matin, demandez à Claudio premier du nom, un pain sans mie avec de la ricotta O%, ça ne nous suffit pas !).

Pendant que Caro recopie les questions (on s'y est prises à la dernière minute), Nasta dégotte un semblant de petit déj : muffin qui s'émiette et croissant dégoulinant de manjar et ramène le tout au café (où on a sûrement pas le droit de manger des choses achetées à la tienda du coin, vu le prestige du lieu). Attention, Caro et Nasta et leur classe légendaire : deux éléphants dans un magasin de porcelaine. On n'arrive pas à manger nos viennoiseries proprement, on fait des miettes partout, et on renverse la moitié du café dans la soucoupe. Moyen-moyen pour faire une interview dans de bonnes conditions... On essaie de ramasser les miettes à la hâte, on empile les soucoupes et les tasses (technique du camouflage), ouf! María arrive justement.

On cherche un lieu propice, tiens, les fauteuils là-bas, éloignés du bruit. On s'installe, quand le maître du lieu nous dit : "je suis désolé mais ces fauteuils sont réservés au cours d'anglais qui ont lieu entre 19h et 20h".... heum, faudra qu'on nous explique la logique du sens de cette excuse, mais bon, on se déplace sur la terrasse, en oubliant presque de payer nos cafés.

Pour voir la fiche artiste de María José Contreras (et le soleil de la terrasse du Café literario), c'est ici. Ou !



Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 10:18, le 25/08/2008 dans Chili, Santiago du Chili
Mots clefs :

Loco Freddy, "peintre de l'humour" dans la rue, Santiago

C'est en passant dans la rue qu'on est tombées sur lui.

Plaza de Armas, en plein centre de Santiago.

Au croisement des rues commerçantes, là où les chiliens circulent sans regarder, là où les touristes s'arrêtent pour prendre une photo. Nous n'étions ni l'un ni l'autre ce jour là, probablement à la recherche du bus 407 qui passait par le rue Huerfan en faisant une boucle par le pont derrière le quartier Bellavista après avoir croisé l'avenue Truc-machin-chose. On avait déjà remarqué ces attroupements de gens, en grand cercle, sans jamais parvenir à voir ce qu'il y avait à l'intérieur. Un cracheur de feu sans doutes. Ou un jongleur. Mais cette fois-ci, on s'est arrêtées, pour savoir. Le ciel devait être un peu plus découvert qu'à l'habituel, et notre curiosité aussi, du coup. On s'est frayé un chemin entre les gens. On est entrées dans la ronde. Et c'est comme ça qu'on a rencontré Loco Freddy.

Il n'est pas très grand, la 40aine, cheveux longs, jean large, et il aboie tout un tas de mots qu'on ne comprend pas (je rappelle ici la rapidité de l'accent chilien, ajouté aux expressions populaires incompréhensibles pour 2 gringos comme nous). Les gens rient à peu près toutes les 2 minutes. Nous, on les regarde rire, sans comprendre. Loco Freddy nous remarque, surtout Nasta avec sa funky Jacket. Il nous alpague directement, amusé par nos expressions de hihi-je-comprends-pas-c'qu'il-dit. Il claironne : "De donde vienen, Chiquillas ?" Avant même qu'on ait ouvert la bouche, il nous fait signe de nous taire. Il va trouver. Il cherche et lance, à l'aveuglette, "Estados Unidos?" Nous : "No". "Equador ?" "No" "Argentina?" "No" "Brasil?" "No" "Uruguay, Paraguay?" "No""Pero de donde vienen ?" "Francia". Lui : "AAAAAh, Franciaaaa !" (réaction typique). Il nous pose LA question chilienne incontournable : "Que le parece al Chile?" Nous :"Liiindo" (chouette, joli) N'oublions pas qu'on a 150 paires d'yeux chiliennes rivées sur nous. Il nous demande d'être un peu plus convaincantes, et de hurler :"Aaaah, me gusta el Chile !" Nasta s'exécute, du mieux qu'elle peut, au milieu de la ronde. Le public éclate de rire, ça marche à fond. Même nous, on finit par se préter au jeu, il se moque de tout le monde, raille la démarche claudiquante de le marchande ambulante (qui en profite pour vendre ses barres chocolatées) en se disant que ça pourrait marcher pour lui. Il l'imite et fait le tour du public en agitant ses DVD devant le nez des gens. Plusieurs billets sortent de la foule. Ça fonctionne. On en achète un, intriguées. Ça nous fera des images en plus pour le documentaire. Coup de chance, sur la pochette, on trouve son numéro de téléphone. On ne peut pas passer à côté de ce gars-là. On l'appelle dans la soirée. Il se souvient de nous, et semble touché qu'on s'intéresse à son art dans le cadre d'un reportage sur le théâtre. Il accepte le RV, du moins parvient-on à attrapper quelques mots qui nous le laissent entendre (c'est pire au téléphone) et nous propose de venir le filmer lors de son prochain spectacle.

Ce que nous ferons le sur-lendemain, avec en prime la participation officielle de Nasta dans son show. Cf photos. Mémorable. Et son interview, ici.



Commentaires (5) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 07:32, le 25/08/2008 dans Chili, Santiago du Chili
Mots clefs :

Serge Santana et "El gato bakano", pièce pour enfant

C'est grâce à notre CouchHost Claudio que nous avons eu ce rendez-vous, et la permission d'aller filmer une pièce pour enfant : "El gato bakano" ("Le chat extra", pas facile de traduire "bakano", c'est un mot chilien (!) qui signifie "trop d'la balle" en langage d'jeuns !).

Armées de notre plan super détaillé de Santiago, et croyant qu'on allait trouver un bus direct qui nous mènerait au Teatro Mori, on part en compagnie de Didine. Bien sûr, on ne trouve pas tout de suite le bus direct en question (on met au défi quiconque veut s'aventurer dans les transports en commun de Santiago de trouver le bus 409 dans la rue Teatinos !), et après une bonne marche rapide (c'est bon pour la santé, paraît-il), on finit par trouver le bus et on arrive pile à l'heure pour le début de la pièce.

Un théâtre dans un centre commercial... pourquoi pas, après tout... on aime pas trop le concept, mais enfin, un théâtre, c'est un théâtre, et si les gens veulent s'asseoir dans une salle entre deux achats, nous on ne dit pas non !

La pièce commence, les gens continuent d'entrer comme si c'était libre passage, et nous on a des problèmes de caméra : impossible de faire un gros plan qui ne soit pas flou ! On se demande sur quel bouton magique on va devoir appuyer pour que notre caméra arrête ses caprices. Ouf, Caro et ses doigts de fées aux ongles longs finit par le trouver, le bouton magique, on peut donc se concentrer sur la pièce : on sent que c'est du théâtre commercial (ça tombe bien puisqu'on est dans un centre commercial !), mais les enfants ont l'air de s'éclater et puis il faut dire que ça swing : du reggaeton à fond dans les enceintes, des costumes hauts en couleurs et quelques petites chorégraphies. "Le Chat Botté" version ultra moderne !

Une heure plus tard, la pièce s'achève, et nous on attend sagement Serge Santana, l'un des comédiens que l'on doit interviewer. Il arrive, le visage encore blanc de maquillage, et nous fait descendre dans les loges. L'interview se fera très vite (lui en train de se démaquiller, nous on teste notre nouvel achat pratique : le dictaphone), mais Serge est ravi de nous rencontrer, et nous répond avec plaisir.

Encore une fois, on oublie de prendre la photo (mais où avons-nous donc laissé nos têtes ?)...



Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 07:16, le 23/08/2008 dans Chili, Santiago du Chili
Mots clefs :

Ramón Griffero, figure incontournable du théâtre chilien

A peine remises de notre aller-retour à Valparaíso pour l'interview, on reprend notre casquette de reporter derrière notre fidèle caméra et le non-moins fidèle micro, rechargé de piles toutes neuves.

Attention, on ne rencontre pas n'importe qui : on a dû contacter la secrétaire personnelle de Ramón Griffero pour fixer le rendez-vous (seul Hugo Pozo à La Paz nous avait fait le coup de la secrétaire !). Après étude attentive du plan de Santiago et de ses transports (Marcher jusqu'au métro parce qu'on a plus de sous sur la carte de transports et que celle-ci ne se recharge pas dans le bus : 35mn. Prendre le métro, faire un changement : 15mn. Trouver la rue et le bon numéro : 10mn), on part à l'assaut de la ville monstrueuse. Comme à notre habitude, on a 25 bonnes minutes d'avance, c'est parfait pour prendre le troisième café de la journée sur une petite terrasse ensoleillée.

A 13h30 pétantes, on est au département théâtre de l'Université Arcis (Faculté d'Arts et de Sciences sociales de Santiago) dont Ramón Griffero est le directeur.

 

Une petite voix aigüe nous dit "Bonjuuuuur" (en français dans le texte). Interloquées, on se demande si cet énergumène est bien Monsieur Griffero himself ou un employé de l'université. Non, non, c'est bien lui, il nous accueille dans son bureau, nous met directement très à l'aise, fait le clown derrière sa plante verte, nous montre fièrement les éditions de ses oeuvres (certaines d'entre elles ont même été traduites en français et publiées aux éditions Les Soleils Intempestifs).  Ramón Griffero n'est pas comédien, mais metteur-en-scène, dramaturge et directeur d'école de théâtre.

L'interview commence, Ramón Griffero a un rire extraordinaire et les yeux pétillants, ses réponses son passionantes. L'interview se finit, mais la discussion, elle se poursuit et on laisse tourner la caméra. Il a fait du théâtre sous la dictature militaire, s'est exilé en Europe,  et s'insurge aujourd'hui contre ce qu'il appelle "la dictature des médias", où rien n'a d'existence s'il n'est pas diffusé. Pour lui, la dictature des médias a surpassé la liberté d'expression : chacun peut penser ce qu'il veut chez lui, mais tout ne peut pas se dire à plus grande échelle. Or, qui contrôle la diffusion ? le pouvoir! Et Ramón Griffero part dans de grands éclats de rire.

Pour lui, les notions d'engagement (politique) de l'artiste, de gauche et de droite sont périmées ("Mitterand ne faisait pas du socialisme!" nous dit-il dans un français parfaitement maîtrisé).  Le théâtre  ne peut pas être populaire au même titre que la télévision et le cinéma, c'est un leurre que de le croire, non, pour lui le théâtre "populaire" c'est une oeuvre qui s'inscrit à long terme dans l'identité d'un pays. Il regrette que le théâtre soit devenu un business, aux mains des grands producteurs, et que le public soit devenu un grand consommateur de culture. Son engagement, aujourd'hui, est celui-là : résister face à la globalisation de la culture et des esprits ("on peut globaliser les vêtements, je m'en fous ! mais pas les esprits !").

Il finit en nous disant que "l'art aussi ça paie, ça met plus de temps certes, mais ça paie mieux !"

C'est sûr, Ramón Griffero nous aura fait considérer les choses sous un autre angle, et revoir nos définitions...



Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 10:18, le 21/08/2008 dans Chili, Santiago du Chili
Mots clefs :

Felipe Pires, jeune metteur en scène chilien, Santiago

Parce qu'on ne rencontre pas que des dinosaures du théâtre et parce que notre propos est de présenter la diversité théâtrale du continent, nous voilà parties à la rencontre de Felipe Pires, jeune metteur en scène de la compagnie Demi Plié , et Cristian Rojas, son comédien principal, au fin fond du quartier chic de Santiago (Providencia).

L'entrevue se déroule tranquillement dans l'appartement de Felipe, autour d'un petit thé. Felipe a beaucoup à dire sur le théâtre, sur sa condition en tant que jeune comédien. Nous échangeons beaucoup sur les différences (et les ressemblances) entre les 2 continents. C'est finalement difficile de vivre du métier d'acteur d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique.

Le temps passe. On attend Cristian, l'acteur. "Il devrait arriver", nous précise Felipe. Mais dehors le soleil décline, bientôt la lumière ne sera plus aussi bonne, et on connaît les comédiens. Et leur ponctualité. Autant commencer l'interview. Didine enregistre sa demi-heure habituelle de propos théatraux, puis va se coucher dans le housse.

Felipe, quoique jeune, nous paraît déjà ultra engagé dans son choix de vie. Voir la fiche comédien ici . Il ne fait pas partie de "l'élite théâtrale" de Santiago, il en a conscience. La jeune génération doit se faire une place qui lui est propre, se défaire d'un passé artistique chargé (lié à la dictature) pour renouveler les sujets. 

 

Le comédien arrive finalement avec 1 heure de retard, on a bouclé l'entrevue, rangé la caméra ... il jette un coup d'oeil anxieux vers la housse, sans comprendre ... "c'est déjà terminé?" Et oui Cristian, l'heure c'est l'heure, surtout pour les 2 francesitas. Conciliantes, nous ressortons Didine quelques minutes pour donner le change, faire quelques gros plans ... ce sera parfait ;-)

Pour ceux qui nous reprochent de ne plus mettre de photos (Emilie G. tu n'es pas visée), nouvel album (encore incomplet) : Valparaíso - Santiago. Là encore, les images sont dans le désordre. On est d'abord allées à Valpo, puis à Santiago.

Bises à tous ! Et merci encore de nous suivre ...

 

 



Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 07:24, le 21/08/2008 dans Chili, Santiago du Chili
Mots clefs :

Un article sur nous dans le journal de Valparaíso !

Une bien jolie nouvelle, qui nous met en joie et qu'on a eu envie de partager aussitôt avec vous : on est dans le Mercurio de Valparaíso (version régionale du journal le plus ancien du Chili), allez voir sur www.mercuriovalpo.cl , et descendez plus bas sur la page jusqu'à l'article : Actrices galas recorren Chile, il y a même une petite photo. Niac niac niac ! L'interview (pour une fois les rôles étaient inversés, c'était nous qui devions parler dans le micro ...) s'est déroulé mardi dernier, à Valpo (je précise car entre temps on avait plié bagage et pris un bus pour Santiago) grâce à Alejandro Labarrera, le comédien interviewé un peu plus bas, qui s'est pris d'amitié pour nous et nous a dégoté une entrevue avec le journal préféré des chiliens. Jusqu'à ce qu'on se retrouve atablées en face de la journaliste, on n'y croyait pas vraiment. Et pourtant ... elle a parfaitement retranscrit nos propos et notre motivation, ce qui n'est pas toujours évident. L'aller-retour Santiago-Valpo vallait bien la peine... Alejandro si tu nous lis (et nous comprends) : mille merci !



Commentaires (4) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 04:03, le 21/08/2008 dans Chili, Santiago du Chili
Mots clefs :

Rencontre artiste : Giulio Ferretto.

Après 2 RV manqués le jeudi (40 minutes d'attente chacun, dans le couloir d'une école d'art dramatique pour l'un, sous une statue pour l'autre), les 2 chercheuses-de-théâtre-là-où-il-n'y-en-a-pas-forcément réussissent finalement à rencontrer "pour de vrai" -et pas uniquement par téléphone- le directeur de la section théâtre de l'Université de Playa Ancha. Giulio Ferretto. Un vrai chilien, avec un vrai accent. Celui qu'on nous a décrit si souvent en Bolivie. Celui qui rebondit toutes les 2 syllabes comme une sauterelle en retard. Celui qui oublie l'existence des "S" et parfois même des "R". Celui où on tend l'oreille très régulièrement comme des touristes fraîchement débarquées. Giulio Ferretto, la 40aine, est petit, fluet, énergique, et habillé comme un jeun's. On découvrira également qu'il est très bavard. Moqueur

Il nous rejoint au Café del Poeta, à l'heure, nous offre gentiment nos leche con platano, et nous emmène à l'Université de la Playa Ancha, là haut sur la colline, de l'autre côté de Valparaiso. On découvre un autre barrio (quartier) de la ville, qui surplombe la mer. Le ciel s'est découvert depuis la veille (les rues sont sèches ... ahurissant), le soleil chauffe un peu malgré le vent, c'est parfait pour effectuer quelques prises de vue. Giulio, depuis le volant de sa petite voiture, nous présente sa ville, ravi. Les noms des rues fusent, on ne retiendra pas tout, c'est sûr. Il ne colle pas vraiment avec l'idée qu'on se fait d'un directeur d'école de théâtre. Mais il semble exalté par l'idée d'échanger avec nous, d'établir un contact avec la France, qu'il connaît grâce au festival de Montpellier. Il a adoré les français (tiens, cela nous change ... Clin d'oeil ). Arrivés à l'université, on se met un quête de l'endroit adéquat pour l'interview. Pas facile. Ici, il y a trop de soleil, là le mur derrière est moche, ici il ne peut pas s'assoir ... on va trouver. On opte finalement pour un rebord de fenêtre avec en fond les petites maisons de Valparaiso. Giulio a déjà eu le temps de nous parler du théâtre de Valparaiso en long en large et en travers. Lorsqu'on allume Didine, on découvre un personnage beaucoup plus réservé (timidité face à l'objectif ?) qui se cantonne à répondre strictement aux questions, sans déborder le moins du monde. Cela nous facilite la tâche (prise de notes) Son propos est clair, concis, il connaît son sujet. Encore une fois, on perçoit une envie profonde d'élargir son travail à quelque chose de plus international. L'Europe revient souvent. Voici la fiche artiste



Commentaires (4) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 05:50, le 17/08/2008 dans Chili, Valparaiso
Mots clefs :

Companía "Pausa"

L'office du toursime de Valparaíso : on y trouve le plan de la ville, l'adresse de l'Alliance française, et un papa bienveillant et fière de son fils qui justement est... comédien ! Après nous avoir demandé d'où on venait ("Ah, la France... j'adore la France!") et ce qu'on faisait là, il nous dit, l'oeil malicieux : "appelez mon fils, il est comédien, il est beau, et il vous invitera à manger". Nous, avec notre bonne vieille habitude de se méfier de tout et de tout le monde (surtout d'un Chilien charmeur, ce qui est un pléonasme...!), on prend son numéro et on se dirige vers l'Alliance française, toujours une bonne source de contacts quand on arrive dans un endroit inconnu. Mais visiblement, pas à Valparaíso : personne à l'Alliance, ni le matin, ni l'après-midi. On décide donc d'appeler Alejandro Labarrera, le fils en question.

Bon, on ne vous cache pas que le chilien, c'est vraiment dur à comprendre, même à quatre oreilles pleines de bonnes volonté (on s'essaie même à lire sur les lèvres, en vain). Alors au téléphone, c'est vraiment un challenge. Mais on arrive finalement à se faire comprendre et à fixer un rdv pour le lendemain, à Viña del Mar, station balnéaire à dix minutes de Valparaíso.

Mercredi 13 août, plaza de Viña. Alejandro arrive, au bras de sa copine, elle aussi comédienne au sein de la compagnie. On lui explique direct qu'il va falloir qu'il parle "MUUUUUUY DESPACITO (lentement)", ce qu'il oublie vite de faire ! Oups ! Aujourd'hui, ils vont répéter sur la plage, et on est invitées à suivre la répétition.

Au sein de la compagnie, ils sont dix comédiens, fraîchement sortis de l'école, qui montent des comédies musicales. Ils répètent dans les lieux publics pour que les gens puissent voir le théâtre "en travail" et pour que ça leur donne envie de voir le résultat final. Ils nous ont présenté un petit extrait de leur prochain spectacle "La pergola y las flores", avec une énergie dingue, on avait envie de danser et de chanter avec eux !

 

Auparavant, nous avons interviewé Alejandro et Patricio, vous pouvez lire la fiche comédien ici.

Leur pièce se jouera en septembre, nous n'aurons donc pas l'opportunité de les voir sur scène, ce qui est bien dommage ! Mais ils nous ont impressionnées par leur enthousiasme et leur vitalité, ils ont la "gnak" comme on dit à Paris, et pour une première rencontre chilienne, on est ravies. Sourire



Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 05:36, le 15/08/2008 dans Chili, Viña del Mar
Mots clefs :

La ville de Neruda ...

Arica faisait grise mine. Pas de soleil, pas de charmes balnéaires, et sûrement pas de théâtre. Arrivées Samedi dans l'après-midi, ni une ni deux, à peine défaits nos sacs qu'on repartait le lendemain Dimanche à 11h30. Ce ne fut pas sans mal évidemment. Dans la matinée du dimanche, rongées par l'hésitation : où va-t-on ? Iquique ? La Serena ? Antofagasta ? (je précise que nous n'avons au Chili en tout et pour tout que 2 contacts théâtraux à Santiago ...) on décide d'aller faire un tour au Terminal de bus, pour se faire une idée concrète des diverses possibilités. C'est certainement pas sur notre vieux Routard de 2002-2003 qu'on pouvait compter. Cela dit, on penchait déjà très nettement pour l'option Valparaiso (Nasta a les yeux qui brillent rien qu'à l'évocation de cette ville ... elle est ouvertement amoureuse de Neruda, ne l'oublions pas) A la gare, le guichetier Pullman nous annonce qu'il n'y a qu'1 seul bus par jour pour Valpo (c'est nettement moins chic, non ?), et qu'il est dans moins d'1 heure. On se regarde. Evidemment on n'a pas embarqué nos mastodontes avec nous. Ils sont restés bien sagement à l'hôtel. Mais on peut le faire. On se précipite sur un chauffeur de taxi qui attend là que le ciel lui tombe sur la tête, on fait un aller retour en trombe Terminal-hôtel, Hôtel-Terminal (15 minutes montre en main) et on arrive avec 40 minutes d'avance, fières comme des guerrières. Y a plus qu'à poireauter maintenant. On prend le temps d'aller poser nos sempiternelles questions : "hay una pelicula ?" Reponse : "Si, por supuesto" (bien sûr) "hay baño ?" Reponse "Si, claro" "hay comida?" (manger) Et c'est là que la réponse aurait dû nous mettre la puce à l'oreille : "Si, colaciones" et il nous montre la taille en faisant un petit rond avec sa main. On reste dubitatives, mais il a tout de même répondu oui. Ca doit vouloir dire "petit repas chaud". Sur 27 heures de bus, tout de même. On embarque dans le bus (tout confort, coussins, couvertures, ça change des cars boliviens ... pompompom ...), on retrouve Lisa, une française rencontrée lors du trajet pour Arica -qui, comme nous, a pris ses cliques et ses claques dès le lendemain- et c'est parti pour 31h de voyage. Ah oui, le guichetier a oublié 4 petites heures. Et pas des moindres. Surtout lorsqu'elles sont entrecoupées des fameuses collations (petits biscuits apéro, cakes en plastique et bonbon Pullman) qui ne nourrissent pas un homme, et encore moins 2 femmes comme la Nast' et la Carotte. 

 

Fouille des sacs au Chili. Heureusement Nasta avait déjà mâché toutes les feuilles de coca.

Le jeune "hôte" du bus, celui qui nous sert les collations précisément, 19 ans, mais pas la langue (ni les yeux) dans sa poche. Clin d'oeil

Bref, trajet plutôt laborieux tout le long de la côte chilienne, temps de bord de mer hivernal, c'est à dire gris et humide, mais où donc est parti le soleil ? Arrivée le lendemain, lundi 11, vers 18h, après de multiples arrêts dans toutes les villes -ce qui nous permet d'avoir un aperçu de La Serena, d'Iquique, de Viña del Mar ... la nuit est tombée, on ne distingue de Valparaiso qu'une languette lumineuse au bord de l'océan, là encore la ville s'étale en cuvette autour du port ... il y a de la magie ... à peine récupérés nos mastodontes hors de la soute, un chilien nous alpague et nous propose une chambre à 5000 pesos juste en face (il nous montre du doigt). Je décline son offre, "demasiodo caro" (trop cher), il baisse à 3500, je tends l'oreille, ça devient interessant. Qui plus est, pas vraiment la motivation pour chercher le bon endroitas loin pas cher, de nuit, avec les sacs, après 31h de bus. On accepte. Il s'agit en fait d'une sorte de "pension familiale" dont ils louent 2 ou 3 chambres à petit prix. Cela se fait beaucoup à Valpo semble-t-il. (Le soucis et nous le découvrirons bien vite, c'est il n'y a pas toujours quelqu'un pour ouvrir la porte. On peut facilement attendre bêtement 20 minutes en bas (après avoir sonner 40 fois, de rage, de toutes les manières possibles et imaginables -petits à-coups, longs à-coups, en laissant appuyé, puis en tambourinant sur la porte-) avant de voir arriver tranquillement une des habitantes, étonnée de nous trouver là (fulminantes), visage "ben qu'est-ce qui se passe ?", comme si de rien était. Nous, les 2 françaises toujours à l'heure, super énervées. On lui dit qu'on a failli chercher une échelle pour escalader jusqu'à notre fenêtre. Elle nous regarde comme si on était folles. Ce qui, après coup, ne me paraît pas si incroyable. Seulement ce jour-là, précisément, on avait un RV théâtre à Viña del Mar (juste à côté) et il nous fallait récupérer Didine avant de repartir. RV pour lequel on aura finalement 30 minutes d'avance ... bref, ici se ferme la parenthèse). Le lendemain, en soulevant le rideau, nous découvrons un ciel bleu azur. Nos p'tits coeurs font des bonds dans nos poitrines. On croise Lisa qui a déjà fait un tour dans le ville et qui nous dit que c'est magnifique, qu'il faut aller se balader. Ce que nous faisons illico. Valparaiso ... sous le soleil ... que dire. Toutes ces petites maisons cubiques colorées qui s'accrochent au collines, ce long port qui s'étire en arc de cercle, ces ruelles dans tous les sens où courent les bus, les colectivos, les taxis, et l'odeur de l'océan qui s'infiltre partout. On tombe sous le charme. Après Arica, Valpo nous transcende. Et ce temps, quel temps ! Profitez-en les filles, ça durera 1 jour.

Le lendemain, ciel couvert-vent frais, hier jeudi idem, et aujourd'hui ô joie, pluie et froid. A croire qu'on avait oublié à quoi ressemblait une goutte d'eau. Ruelles glissantes, ciel sombre, vent glacé. Ce matin en regardant par la fenêtre, on s'est demandé s'il ne fallait pas sortir le bateau gonflable pour descendre vers le centre (on loge à présent en haut d'une colline, chez Hannah, une jeune américaine qui vit au Chili depuis 5 mois, trouvée sur CouchSurfing).

Ici notre rue pour descendre vers le centre. Il ne pleuvait pas encore ...

 

Heureusement les murs peints de Valpo redonnent quelque peu le sourire à la ville quand il fait gris.

 

Les ruelles descendantes (ou montantes, c'est selon) de Valpo ...

Les petites maisons "boîtes d'allumette" sur les collines ...

En flagant délit ...

Tout devient support pour peindre.

A droite, la maison de Pablo Neruda.

Voilà quelques images pour illustrer l'article, et avant d'en ajouter réellement dans l'album ...

Hasta muy pronto !



Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 04:02, le 15/08/2008 dans Chili, Valparaiso
Mots clefs :

In Chile ...

Face à l'impossibilité de partir pour l'Argentine depuis la Bolivie, on a décidé de changer nos plans, tout simplement, et de poursuivre le voyage par le Chili. Nous voilà donc dans un cyber à Arica, nord du Chili, completement à l'ouest (même si c'est au nord), incapable de réaliser qu'une page se tourne et que le 1er pays est derrière nous. Pas évident. On est encore toute anesthésiées par les heures de bus, le passage laborieux à la frontière, la fatigue générale accumulée depuis des semaines. On a dormi comme des marmottes durant tout le trajet, ipod fourré dans les oreilles, silencieuses. Et lorsqu'on ouvrait un oeil, c'était pour découvrir un paysage ahurissant qui défilait derrière la vitre. Montagnes eneigées, lagunes étincelantes ... légère frustration d'avoir rater tout ça à cause de la fatigue. Mais quans le sommeil vous prend ...

Arrivées au terminal de bus, 1er constat : l'accent chilien est bien le plus incompréhensible de toute l'Amérique Latine. Et on pèse nos mots. Ils parlent à toute allure, n'articulent pas, et oublient de prononcer certaines lettres qu'on trouve pourtant utile pour se faire comprendre. Le "s" par exemple. Ca peut aider. Bref, on ne va pas leur donner un cours de diction, on n'est plus au cours Florent. On va s'adapter, un point c'est tout.

C'est reparti !! Et avec le sourire ... on vous tient au courant, dès demain on se renseigne pour le théâtre. Qui sait, on va peut être trouver des perles à Arica ?

 

 



Commentaires (9) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 11:30, le 9/08/2008 dans Chili, Arica
Mots clefs :

Le reportage se poursuit en el Alto ...

Toujours bloquées ... ce ne sont plus les trains, mais à nouveau les routes, les bus ne partent pas, rien ne va plus, il faut croire que La Paz s'acharne à vouloir nous retenir encore un peu, à prolonger notre séjour en Bolivie. Comme s'il y avait encore quelque chose de bien particulier à y faire (autre que de l'escalade vous m'aurez comprise). On s'est d'ailleurs posé la question, un soir de fatigue : "Pourquoi est-on encore là ?" Oui, on ressent toujours ce besoin curieux de donner une raison d'être à tout ce qui nous arrive. On a encore un peu de mal à "lâcher prise" à ce niveau-là, mais on y travaille. On progresse vers la sagesse un peu plus chaque jour. Comme des petits moines. Nasta en a d'ailleurs presque la coupe Clin d'oeil. Bref.

Contre toutes attentes c'est à l'escalade, le weekend dernier (pour ceux qui croient qu'on ne passe plus notre temps qu'à ça), qu'on a rencontré Yannick, un toulousain, qui travaille dans une ONG del Alto depuis 2 ans. Curieusement, on l'avait déjà croisé la première fois, au début du voyage, mais il ne nous avait pas adressé la parole, à peine regardé, on s'était même demandé s'il n'avait pas un problème avec les français (on découvrira un peu plus tard qu'on ne s'était pas trompées) Certains étrangers sont comme ça, à renier quelques temps leurs origines pour mieux se fondre dans le pays ... nous on est françaises, ça se voit à 300 km à la ronde, et on en est presque fières Moqueur. Toujours est-il que cette fois-là, le Yannick est venu nous parler beaucoup plus ouvertement, avec l'accent chantant que l'on connaît, et nous a appris qu'il travaillait et vivait a El Alto (cf fiche pays), c'est à dire sur les hauteurs de La Paz, tout ce qui est en surface plane. Il faut savoir que El Alto est une ville à part entière, bien distincte de La Paz, qui se trouve dans la cuvette montagneuse. Ce sont 2 mondes juxtaposés. El Alto s'étale sur des kilomètres et des kilomètres, des "maisons" (cubes de briques) se construisent chaque jour en périphérie et font de cette ville un chantier perpétuel. La population augmente de 6% par an, c'est dire. C'est d'ailleurs très différent de La Paz. Beaucoup plus sauvage, beaucoup plus pauvre, beaucoup plus spacieux (les rues sont larges, les habitations petites et trapues, on rencontre peu voir pas de trottoirs...) et surtout beaucoup plus dangereux pour 2 touristes comme nous. Mais aux dires de Matias, c'est sans doutes le lieu le plus représentatif de ce qu'est la Bolivie. Jusqu'alors, on n'avait fait qu'y passer, en voiture, sans jamais faire de halte, comme des petites gringos en sécurité derrière leur vitre blindée, à regarder avec curiosité l'étrange grouillement qui se fait au dehors. C'était sans compter cette rencontre. Car en réalité, dès notre arrivée en Juin, on avait bien entendu parler d'un théâtre qui se faisait là-haut, le Teatro Trono, mais sans jamais réussir à soutirer un nom, un numéro ou une adresse mail. Dès le début, la nana de l'Alliance française nous avait suggéré de nous mettre en relation avec eux, nous assurant qu'il serait interessant de voir leur travail avec les enfants del Alto, mais n'ayant pas de nom à nous donner. Durant toute notre investigation, on avait systématiquement interrogé chaque comédien, tous connaissaient, mais aucun n'avait de contact. Curieux. Clivages culturels à nouveau. On se connaît, on se tolère, mais on ne se mélange pas. Et là, alors qu'on a le sentiment d'avoir fait le tour de ce qui se fait en matière de théâtre à La Paz, on tombe sur ce gars, qui nous apprend qu'il habite à 2 pas du Teatro Trono. Il nous donne un contact dès le lendemain, un français (décidément) qui travaille au sein de l'association, David Sorin. On l'appelle en suivant, impatientes de découvrir El Alto, sa vie artistique et culturelle, et le Teatro Trono. David nous répond, il rit franchement en entendant mon accent (Caro), "Française, hein ?" Moi, cramoisie : "heuu, oui-i ..." Il ne m'en tient pas rigueur (merci David) et nous propose un RV le lendemain matin à 2 pas de chez nous, Plaza Estudiante, devant l'office de tourisme. On prendra tous les 3 un trufi (sorte de taxi-bus avec une trajectoire précise) direction El Alto.

Mercredi matin donc, levé 7h30, pas très fraîches, la trace de l'oreiller encore bien visible sur la joue, les cheveux en pétard, et un petit-déj' avalé à la hâte. Plaza Estudiante, David est déjà là. Nasta a revêtu sa Funky Jacket (il fait froid sur Les Altos), ce qui lui permet de nous reconnaître directement, parmi tous les passants. Il a l'oeil qui frise en nous saluant. On doit avoir une drôle d'allure. On grimpe dans un trufi à quelques mêtres de là. Durant le trajet, il nous explique le fonctionnement du Teatro Trono, son travail à lui au sein de l'association en tant qu'intervenant ponctuel pour le gouvernement canadien (on n'en saura pas plus), les clivages entre le théâtre de La Paz et celui del Alto, son envie profonde de lutter contre tout ça et de réunir ces 2 mondes. Arrivés à El Alto, en bordure de l'immense cuvette montagneuse, on rejoint en quelques minutes la calle de la Cultura où se trouve le Teatro Trono, à 2 pas de là. On découvre une façade colorée, faite uniquement de matériaux récupérés. On entre par la petite porte.

On a tout d'abord RV avec le fondateur du Teatro, Ivan Nogales, qui vit tout en haut de l'immeuble dans un appartement parfaitement incroyable, sorte de caverne d'Ali Baba, remplie d'objets de toutes sortes, récupérés ça et là au fur et à mesure de son installation; une vieille valise accrochée sur le mur qui fait office de porte-CD, des lampes qui pendent partout, des coussins, des cadres, des tapis, des masques, des sacs, bref, tout ce qu'on peut trouver dans une maison, mais multiplié par 3.

Il a fondé cet "empire" il y 19 ans de ça, alors que la calle de La Cultura n'était qu'une vaste décharge à ordures. Tout l'immeuble est fait de briques et de broques, de matériaux de récup' amenés par les uns les autres. Il en est très fier. Parti de rien comme la plupart de ces "pionniers théâtraux", il règne à présent sur tout ce petit monde du haut de son belvédère. Voir la fiche artiste, bientôt sur www.voyageauboutdutheatre.blogspot.com.

Nous retrouvons David après l'interview, qui insiste pour que l'on revienne à 19h filmer l'atelier de travail de Tintin, un jeune intervenant bolivien qui vaut le détour. On hésite plusieurs fois : revenir dans les Altos le soir, est-bien raisonnable ? On entend tellement de choses ... On décide finalement de ne se fier qu'à nous même, le Teatro est à 2 pas de l'arrêt du Trufi, on ne risque rien. C'est pour la bonne cause. Et est-ce que ce ne sont pas aussi des rumeurs colportées par des pacéniens qui n'osent pas s'aventurer à El Alto ?

A 19h pétantes, on s'engouffre à l'intérieur du Teatro Trono, Didine bien rangée au fond du sac de Nasta, et on retrouve David au 2ème étage. Il paraît plutôt étonné de nous voir. Tiens, les 2 françaises. Elles sont finalement venues. Il nous présente Luis Alejandro Vasquez, surnommé Tintin, après l'avoir cherché dans les escaliers pendant plusieurs minutes. Le voilà qui arrive, coiffé d'un grand bonnet vert, cheveux noirs attachés en queue de cheval. Il a tout d'un comédien : souriant, à l'aise, dynamique, bavard, un peu clown aussi ... on le suit jusqu'à l'étage supérieur pour le début du cours, les enfants ne sont pas encore là, on les entend chahuter dans les couloirs, on a le temps de discuter avec Tintin un peu plus en profondeur. Il s'exprime avec fougue, place au moins une blague par minute, on rit beaucoup. C'est un charmeur. Il n'est pas seulement acteur, mais aussi sculpteur. Il étudie l'art en bas, à La Paz, car pour toute reconnaissance professionnelle, il lui faut un diplôme. On lui pose des questions sur les autres compagnies théâtrales de LPZ, est-ce que ça leur arrive de travailler ensemble, etc ... Là encore la réponse va toujours dans le même sens, il déplore lui aussi ces clivages, ces jugements dévalorisants sans même connaître vraiment le travail des uns et des autres. Il trouve que les spectacles devraient être gratuits, pour être propriété de tous et non pas réservés à une élite. On l'écoute attentivement.

Vers 19h30, les enfants arrivent enfin pour suivre leur cours.

Ils ne sont que 7 ce soir, et ce sont des messieurs. Turbulents, au début. Comme un groupe de gamins de 10 ans qui commencent un cours. Ils observent notre caméra, nos têtes aussi, on n'a pas l'air bien boliviennes ... Tintin nous présente, ils saluent Didine en gloussant, puis le cours peut démarrer. 1 heure pendant laquelle Tintin leur fera travailler la concentration, les reflexes, l'imagination, par des exercices corporels, des jeux d'impro, etc ... première constatation, les enfants sont à l'ecoute, bien plus que certains adultes ... ils observent attentivement Tintin, le suivent avec intérêt. L'un d'eux paraît plus timide, reste un peu en retrait, observe davantage. Il paraît si sage. Nasta a un vrai coup de coeur. Tintin n'aura a faire le gendarme que 2 ou 3 fois, pas plus. Ils s'appliquent tous à effectuer le travail demandé. Fin de la classe, ils partent comme ils sont venus, en courant. On est ravies. Tintin paraît fier de nous avoir fait partager son expérience. On le quitte dans le froid de la rue de la Cultura, "Nos vemos", dit-il. Ils disent tous ça. Mais c'est pas toujours vrai... Là encore une rencontre importante, qui nous donne le ton sur ce qui se peut se faire socialement grâce au théâtre.

 



Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 05:45, le 4/08/2008 dans Bolivie, Fiches artistes, El Alto
Mots clefs :

Fiche pays : Bolivie - rectificatifs et précisions

Et voilà la première étape de notre "Voyage au bout du théâtre" sur le point de s'achever. Si tout va bien, nous prenons le train demain pour la frontière et nous arriverons à Salta, Argentine, lundi en fin d'après-midi.

C'est avec un gros pincement au coeur qu'on quittera La Paz et sa nuée de lumières qui se déversent de l'Alto au mont Illimani, les cafés con leche de l'Alexander, les boules de glace saveur "Richard" (oui, c'est un nom de parfum...!), l'hamburger de l'Irish Pub, le soleil qui tape à 3600m, la fraîcheur de l'ombre et des nuits paceniennes, l'Avenida 20 de Octubre qu'on a descendu et monté des dizaines de fois, l'appartement de Matias, et surtout tout le groupe d'escaladeurs qui nous ont accueillies si chaleureusement et aiguillées dans nos investigations boliviennes.

L'occasion aussi de faire un point, histoire de "boucler la boucle" (nous vous renvoyons à la première "fiche pays" que nous avions rédigées sur la Bolivie) sur ce pays éblouissant, fragile, bouillonnant qui nous a plus d'une fois décoiffées ! Difficile pour nous d'avoir un regard "objectif" puisqu'on compare forcément à ce que l'on connaît, mais nous allons tâcher de faire un portrait de la Bolivie le plus fidèle et honnête possible.

Nous vous écrivions que l'un des problèmes majeurs que rencontre la société bolivienne, c'est le racisme. Nous avions été un peu déroutées quand on nous avait parlé d'apartheid, le mot nous paraissait exagéré, mais nous avons bien dû nous rendre à l'évidence : la société bolivienne est fracturée et les actes racistes se multiplient sur le territoire. (Là où nous nous sommes trompées, et nous tenons à le rectifier, c'est que ce n'est pas par racisme que certains taxis refusent de nous prendre, mais parce qu'ils ont des trajectoires prédéfinies !!). Ce qui nous choque profondément, c'est le peu d'information que l'on a, en Europe, sur les évènements qui se déroulent ici. Il faut dire que la presse bolivienne, de son côté, relaye peu d'informations internationales (à peine 3-4 petits encarts dans la presse quotidienne)...

Le 10 août, les Boliviens sont appelés à voter pour soutenir ou non le président Evo Morales. Il va s'en dire qu'il y a beaucoup de corruption et tout le monde semble connaître déjà l'issue du scrutin... Evo Morales va ensuite tenter de faire passer un référendum qui lui permettrait de rester président... à vie! On vous laisse juger de la situation...

Les murs du pays, véritables espaces de propagandes, sont recouverts de messages tels que : "Evo cumple"("Evo tient parole, accomplit"), "Bien hecho Evo"("Bravo Evo") (dans les régions de l'est) ou "Sí a la autonomía" (dans les régions qui se sont déclarées autonomes). On peut ainsi prendre la température de la région dans laquelle on se trouve rien qu'en lisant les inscriptions qui défilent devant nos yeux.

Au niveau économique, on doit avouer qu'on a pas très bien compris comment ca fonctionnait : sachez par exemple que l'essence n'a pas augmenté d'un kopeck ici malgré l'explosion du prix du baril, c'est le gouvernement qui paie la différence ! Et, chaque fois qu'ils consomment, les boliviens exigent leur factura, qu'ils envoient tous les mois et qui leur permet de bénéficier de réduction d'impôts.

Pour vous donner une petite idée des prix boliviens (qui font du bien à notre portemonnaie, on doit l'avouer): un almuerzo (repas de midi) complet (salade, soupe, plat principal et dessert) coûte entre 7 et 25 BS (70cts-2,5€), un trajet en taxi dans le centre ville 7BS (70 centimes d'€), 10h de bus d'une ville à l'autre coûte entre 50 et 80 BS (5-8€), bref, tout est entre 4 et jusqu'à 10 fois moins cher que sur notre vieux continent ! 

Le théâtre bolivien est véritablement le reflet de cette société fracturée, tiraillée entre fascination et répulsion pour l'Occident, qui cherche un moyen de se sortir la tête de l'eau. Il n'y a pas de tradition théâtrale à proprement parler, le public est une terre qu'il faut conquérir, convaincre et fidéliser. Mais le théâtre bolivien semble se développer ces dernières années, même s'il ne bénéficie d'aucune politique culturelle favorable. Nous avons eu la chance de découvrir un large panorama de ce qui se fait théâtralement ici, du théâtre social de l'Alto au théâtre plus intelectuel et minoritaire des grandes villes en passant par le théâtre populaire et le Teatro de los Andes, véritable institution à travers tout le pays.

César Brie nous disait qu'il "préférait mourir de faim plutôt que de faire du mauvais théâtre". L'engagement de l'artiste pour son art est donc total. Quant à l'engagement social et/ou politique, il est variable, et vraiment différent pour chaque artiste que nous avons pu interviewer, selon ses convictions.

 

Nous sommes persuadées que si le pays acquiert une stabilité économique et politique, le tourisme pourrait se développer à vitesse grand V (reste à savoir si cela aurait vraiment des effets bénéfiques pour le pays et le peuple...). Les paysages sont magnifiques, les possibilités sont multiples (notamment pour tous les sports de montagnes) les Boliviens accueillants et on a ressenti un véritable effort d'ouverture, une envie de partager et de faire découvrir leur pays. Vivement le jour où toutes ces énergies positives ne seront plus freinées par un manque d'infrastructures, des bloqueos et autres grèves en tout genre...

Quant à nous, on se dit qu'on repasserait bien par ici, un jour ou l'autre... pour diffuser notre documentaire, peut-être?! ;)

 



Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 07:32, le 2/08/2008 dans Bolivie, Fiches artistes,
Mots clefs :

Photos WE d'escalade

Petites images de notre WE escalade aux environs de Cochabamba, dans le dossier BLOQUando-WE escalade ... attention, ceci n'était pas une investigation théâtrale Clin d'oeil !

Commentaires (6) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 08:47, le 25/07/2008 dans Debut du voyage (Perou, Bolivie),
Mots clefs :

Bloquées ...

Un petit coucou de nous deux pour dire que tout va bien. Nos aventures sont pour l'heure en suspens, contre toutes attentes on est toujours en terres boliviennes, car pour changer, les routes (entre autre celle qui nous interesse...pom pom pom) sont bloquées. Ne nous demandez pas pourquoi, sûrement une nouvelle revendication obscure ... Ce matin, en allant chercher nos billets à l'aube, fraîches comme la rose, le guichetier (à qui on a juste envie de tordre le cou devant sa lenteur de dinosaure) nous apprend -comme s'il parlait des dernières céréales en vente au Super Mercado- qu'on ne peut pas acheter nos places, "porque hay un bloqueo cerca de Oruro, y todavia nos sabemos cuando tiempo puede tardar ... blablabla" Bref, on ne peut pas accéder à la gare d'Oruro, et y prendre le train qui nous embarquerait (notez le conditionnel) en Argentine. Je crois qu'on y aura goûté aux coutumes du pays. Ah ça oui. En attendant de savoir si ça va se dé"bloquer" un jour, on vous embrasse fort : ceux qui se moquent des bouillottes parisiennes et des tenues de guerre pour affronter le froid, ceux qui craquent pour nos pulls en poils d'alpaga, ceux qui restent sceptiques devant la coupe de cheveux de Nasta, ceux qui oublient systématiquement de signer leurs commentaires (grrrr), ceux qui tombent en pamoison devant nos bonnets en laine, ceux qui suivent le blog comme un feuilleton télé Clin d'oeil... bref, tout le monde. Merci encore de nous suivre ...

 



Commentaires (10) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 08:37, le 23/07/2008 dans Debut du voyage (Perou, Bolivie),
Mots clefs :

Fiche comédienne : Ivette Mercado

Après trois jours passés dans le Salar d'Uyuni et le Sud Lípez, quelque part dans l'immensité de l'Altiplano, entre les lagunes multicolores, les geysers à 5000m d'altitude, les montagnes rouges et les lamas (nouvelles photos dans l'album Uyuni + Sud LípezCool), nous retrouvons la fièvre de la grande ville et des températures plus décentes : Cochabamba, la capitale culinaire de la Bolivie ! Cinq repas par jour, excusez du peu !

A peine arrivées, 7h de train et 4h de bus dans les jambes, nous retrouvons Ivette Mercado près de la fontaine de la plaza centrale. C'est une jeune femme de 26 ans aux yeux clairs qui contrastent avec ses longs cheveux noirs. Elle nous invite à aller au mARTadero, dans le quartier sud de la ville (quartier le plus pauvre), un centre culturel qui se développe depuis 2004 et qui abrite une salle de théâtre, une salle de projection, trois salles d'expositions et une salle pour les activités créatrices des enfants. Un espace bouillonnant de culture dans un quartier désafecté. Avec la directrice du centre, Ivette nous fait faire la visite des lieux. C'est un ancien abattoir de viande bovine. Il y a encore les crochets et les rails d'origine au plafond ! Dans les cours, des enfants s'amusent et cahutent.
On prend le temps de regarder les expositions photos. Des clichés qui reflètent les inondations de l'Oriente (région ouest) au début de cette année, et les affrontements entre blancs et indiens à Cochabamba et Sucre.  C'est avec étonnement et encore un peu plus d'incrédulité que l'on apprend qu'il y a eu deux autres évènements similaires à ceux du 24 mai. La Bolivie semble être sur des charbons ardents.
 
Nous interviewons Ivette dans une des salles du mARTadero. Ses yeux pétillants illuminent le plan, derrière elle, un tableau noir. Son projet Para que te acuerdas ("Pour que tu te souviennes"), arrive bientôt à terme après 3 ans de travail : elle est allée, avec 3 collègues, dans 3 communautés distinctes dans la région de Cochabamba récolter leurs contes (ils ont une forte tradition orale). Ceci afin d'en faire une compilation et de les porter sur la scène.
Pour lire l'interview, c'est ici !


Commentaires (6) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 11:15, le 18/07/2008 dans Bolivie, Fiches artistes, Cochabamba
Mots clefs :

24 mai 2008, Sucre, capitale de la Bolivie

Le 24 mai 2008, alors que nous fêtions allègrement notre départ à Paris, voici ce qui se passait à Sucre :

 

Le président Evo Morales devait venir fêter l'indépendance (le départ des colons espagnols) dans le stade de la ville. L'opposition étant très puissante dans cette région - notamment suite aux évènements de novembre 2007 (2 jours d'affrontements entre les civils et les militaires) - le président est interdit de séjour (dans sa capitale!) jusqu'à ce qu'il ait demandé pardon. Les affrontements entre l'opposition et les militaires est telle autour du stade qu'Evo Morales est forcé de rebrousser chemin (en hélicoptère).

Les indiens venus soutenir leur président (Evo Morales est le premier président d'origine indienne en Bolive) sont alors victimes d'un déchaînement raciste indescriptible : frappés jusqu'au sang (femmes et enfants compris, aucune distinction), volés et humiliés. 55 d'entre eux sont amenés sur la place centrale (Plaza 25 de mayo), obligés d'enlever leur chemises, de se mettre à genoux, de proférer des slogans qui ne sont pas les leurs ("Qu'Evo meure!", entre autres), de baiser le sol de la place, de brûler leur drapeaux, de renier leur appartenance au MAS (Movimiento al Socialismo, parti d'Evo Morales). Ils sont insultés (¡Masistas de mierda! - "Massiste de merde", ¡Vamos a matarle! - "On va vous tuer") et obligés d'avaler des excréments de poulet.

Depuis, la ville dort, vit et respire comme si de rien n'était. Personne (ou presque) n'en a entendu parler à l'extérieur du pays (à peine 5 lignes sur le site internet de Libération), et non ne sait pas dans quelle mesure cette information à été diffusée à l'intérieur du pays. Nous avons trouvé cet article, le seul en francais qui en parle de manière un peu détaillée.

 

C'est César Brie, l'artiste que nous avons rencontré avant-hier qui nous a décrit ce qui s'est passé. Il était là ce 24 mai, avec sa caméra. Il a tout filmé et nous a montré son documentaire. Depuis, il est considéré comme un traître à Sucre. C'est la chose la plus violente et la plus révoltante qu'il ait vu dans sa vie, nous a-t-il confié (sachant qu'il a connu la dictature en Argentine et l'exil...).

Difficile de vous décrire ce que nos yeux ont vu cet après-midi-là. On a été sous le choc, et la nausée de nous a pas quittées avant la nuit.

On a beaucoup hésité : fallait-il écrire un article sur notre blog ? Si oui, comment l'écrire ? Et puis il nous est apparu comme un devoir de le faire. Le choc, le désespoir, les larmes et la colère que ces images ont provoqués en nous font intégralement partie de notre voyage.

Il ne nous appartient pas de juger ce qui est de l'ordre du politique, mais il nous semblait cependant important que les gens qui nous lisent sachent qu'il s'est passé cela, il y a un peu plus d'un mois, dans la "cité blanche".



Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

Publié à 04:01, le 10/07/2008 dans Debut du voyage (Perou, Bolivie), Sucre
Mots clefs :
Page précédente
Page 1 sur 4