Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique du Sud


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Last days in South America ... last photos ...

Notre voyage au bout du théâtre est arrivé à sa fin ... mirez les visages impatients des 2 baroudeuses.

Et pour fêter tout ca bien sûr, pour ceux que ca intéresse, quelques photos de nos derniers jours à Cali à partir d' ici, et en Equateur ici.

A très vite en terre francaise.

"Las 2 que no" (private joke)



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Publié à 11:31, le 31/05/2009 dans Équateur, Guayaquil
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Photos d'Equateur, dernière ligne (pas vraiment) droite avant le retour ...

Et voici les nouvelles photos, dans :

 Equateur - Cuenca

Equateur - Guayaquil

Bises de nous 2, on se porte bien ;-)



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Publié à 02:17, le 2/05/2009 dans Équateur, Guayaquil
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Les marionnettes c'est pas que pour les grands ! Quito.

C'est Marian Morillo, haute comme 3 pommes, qui nous ouvre la porte de la Espada de Madera. Je me souviens qu'à ce moment précis, en découvrant son visage dans l'encadrement, je lui donne 25 ans. Pas 19.
Je resitue : nous voilà de nouveau catapultées au beau milieu du Centro de la Cultura, à Quito, 2ème étage au fond du couloir à gauche en montant l'escalier. Il n'est plus question de squat sous les toits, non là il s'agit ici d'un lieu officiel, avec un espace bien défini, une entrée, un atelier de création, une salle de spectacle. Une belle enseigne, et pas de courant d'air.
A la base on cherche le directeur du groupe, Patricio Estrella, parce qu'on nous en a parlé, parce que c'est le directeur. "Patricio esta ?" articule-t-on (il y a des jours où l'espagnol nous vient moins facilement) Marian nous répond dans un sourire qu'il n'est pas là, qu'on peut repasser vers 15h30. Ou l'appeler (elle griffone son numéro). Comme on veut. On lui expose le projet, ce à quoi elle répond en nous tendant d'une main franche le tract de leur spectacle, El Brujo y el diablo. Il s'agit de marionnettes, ce dimanche matin. C'est bon pour nous, chic, on va voir un spectacle en Equateur, le 1er.
Au téléphone le Patricio nous explique qu'il n'est pas disponible dans la semaine. Tant pis. Pourquoi ne pas interviewer Marian, tout simplement, d'autant plus qu'elle joue dans la pièce. Le point de vue d'une jeune comédienne toute fraîche, ca peut être intéressant. C'est la diversité que l'on recherche, après tout. 
Le Dimanche donc, on débarque un peu plus tôt pour installer le matériel ... j'en ris. On n'a pas de matériel. Juste Didine. 2-3 réglages sur l'ecran tactile et c'est tout bon. Ils doivent souvent s'attendre à nous voir arriver avec une perche, des projo et tout une équipe technique à l'affût. Je lis parfois un soupcon de déception dans le regard de nos artistes. "Mais où est la caméra ?" Dans ces cas-là il s'agit d'assurer derrière, dans une poignée de main franche et professionnelle, un sourire confiant, et une présentation du projet précise, synthétique et séduisante. 
Ce que l'on fait de mieux en mieux d'ailleurs. Après 8 mois de voyage, on finit par se rôder. Et prendre naturellement le relais, chacune son tour, lorsque l'une d'entre nous est moins vive, ou plus endormie. Moins efficace. Grognon.
Marian, donc, nous accueille en pyjama (ne vous méprenez pas, il s'agit de son costume de scène), et nous demande si on a besoin de rallonges ou de choses comme ca. Je grimace. Non non, ca ira comme ca. On sort notre micro-caméra, un peu honteuses (ben oui), et on commence à filmer l'échauffement.
Ils sont 3, 1 garcon, une fille, et nous offrent durant une petite heure un spectacle plein de poésie, d'humour et de marionnettes. Lorsque je parle de marionnettes, il ne s'agit pas de ces spectacles de Guignol avec des personnages minuscules qui surgissent derrière un petit théâtre de carton. Là elles sont grandeur nature, caricaturales, mais terriblement humaines. Les acteurs se "cachent" derrière elles en leur tenant juste la tête (le reste du corps est suggéré par de larges pans de tissus) et c'est en faisant bouger la machoire inférieure qu'ils les font parler. Ca peut paraître un jeu d'enfant, mais en réalité c'est un travail minutieux d'humaniser ces pantins, de les faire réagir sincèrement, avec les attitudes caractéristiques que l'on a en réponse à certaines situations.
On rit beaucoup dans le public. A côté de moi, sûrement la maman d'un des comédiens, ca glousse de fierté. Et il y a de quoi. Les 3 acteurs sont talentueux, nourris d'énergie positive, et le spectacle est un régal de couleur, de rythme et de clins d'oeil. On se retrouverait presque dans les mimiques de ces 2 petites vieilles bavardes.
Après le spectacle, Marian nous rejoint dans le vestibule. On la sert dans les bras pour la féliciter (on se fait beaucoup de câlins en Amérique Latine, ce qui nous va très bien, à Nasta et moi), et lui chuchoter qu'on est conquises.
L'interview se fait en suivant, ultra rapide, parce que Marian prend le soin de répondre précisément aux questions que l'on pose. Ce qui n'est vraiment pas le cas de tous les artistes. La plupart imagine une question métaphorique cachée dans "Pouvez-vous vivre du théâtre?" ... alors que non, Enfin je crois pas.
Marian se cantonne à raconter. L'histoire de l'Espada, son histoire, leur travail, leurs envies ... lire sa fiche ici. Le groupe s'auto-gère tout seul depuis une 20aine d'années. C'est bien simple, ils font tout : les marionnettes, les décors, les costumes, les lumière, les textes.
Elle a 19 ans, la maturité d'une fille de 25, et consacre sa vie au théâtre et à son groupe depuis 5 ans. Parce qu'elle s'est réveillée un matin en se disant : "Je veux faire quelque chose de différent. Je vais faire du théâtre." 


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Publié à 11:09, le 6/02/2009 dans Équateur, San Francisco de Quito
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La révolution aux révolutionnaires, le théâtre aux révélateurs : Guido Navarro et le Teatro del Cronopio

Quito toujours.
Quito la vallonée, Quito la blanche, Quito la frénétique, Quito la dollarisée, Quito la protégée par un ange tordu qui domine la ville, Quito la pluvieuse et Quito l'endormie, aussi parfois.



Les toits de la Casa de la Cultura, squat théâtral de la ville, difficile d'accès comme le donjon d'un château. C'est ici que plusieurs compagnies ont créé leur "nid", leur cocon, leur espace. Et de l'espace, il y en a ! Trois troupes équatoriennes y ont pris leurs quartiers, à l'abri du vent.

Après être parvenues à ouvrir la porte magique qui donne sur le toit, filmé quelques images "aériennes" de la ville, nous partons à la recherche de Guido Navarro, du Teatro del Cronopio. C'est qu'on a aterri sans boussole ! On demande, on cherche, on s'aventure... et on finit par se retrouver nez-à-nez avec Guido, qui prend Caro pour une vieille connaissance : "on se connaît, non ?" "euh... non, je ne crois pas, non."



Guido est beau. Voilà, c'est dit. Il a les traits précis et fins, la peau dorée à point, le regard dur mais intensément lumineux. Comme taillé dans le bronze. Il sourit rarement, on ne sait pas très bien si on le dérange ou si au contraire il est heureux de nous recevoir. C'est pas grave. Ils ne répètent rien en ce moment au théâtre du Cronopio, mais une troupe-soeur répète dans dix minutes juste à côté. "Ca vous intéresse, c'est du théâtre de science-fiction avec des marionnettes ?" Bah oui, pourquoi pas.
Erreure fatale.

Il s'agit maintenant de mettre fin au suspens interminable qui doit vous tarabuster sans relâche depuis le post d'hier : la fameuse répétition.
Oups !
Le décor, une espèce de machine futuro-rustique, avec tubes et tuyaux, fenêtres qui s'ouvrent. Tout cela semble un peu... approximatif, prêt à s'écrouler dans les minutes qui viennent. Trois comédiennes, une marionnettes, une machine en carton. Tout commence à s'animer, et vu l'investissement des comédiennes, on se demande si c'est la toute première répétition de leur vie intergalactique. On assiste, abasourdies, aux 50 minutes de "filage".

On tente de dissimuler nos mines déconfites. Brasser du vent aurait eu à peu près le même effet. Si on faisait le bilan, ca donnerait à peu près ca : comédiennes pas investies et sans objectif de jeu, décor trop encombrant et parfaitement inutile, histoire qui ne raconte rien, et les 50 minutes les plus longues de notre voyage. On s'eclispe à la fin du filage, on interviewera Guido demain (Guido qui, je le précise, à part donner quelques "conseils" de mise-en-scène n'a rien à voir avec cette pièce-là).

Retranscrire l'interview de Guido, c'est pas de la tarte, pour être franche. Il a beaucoup de choses à dire, très intéressantes d'ailleurs, mais un peu compliquées. Et puis notre pauvre dictaphone n'aura pas su capter bien comme il faut le discours philosophique chuchoté par notre interlocuteur (pour les courageux et autres fans de "cosmovision andine" : sa fiche ).

(Il y a des gens qui ne se ressemblent absolument pas sur les photos... dommage, Guido est de ceux-là, et à voir la photo, je comprendrais si vous remettiez en doute ma description...)

Il aimerait développer ce qu'il appelle une "route d'échange théâtrale", qui s'étendrait du Mexique au sud du Chili et de l'Argentine, pour que les artistes puissent vagabonder de troupes en troupes, et échanger leurs expériences. "Route" qui est déjà très développée entre le Pérou, l'Equateur et la Colombie, comme nous avons pu le constater nous-mêmes : tout le monde se connaît, comme dans une grande famille !
Après avoir fréquenté les groupes anarchistes et révolutionnaires dans les années '70-'80, il a décidé de laisser la révolution à ceux qui savaient la faire et de faire du théâtre non pas une arme mais un moyen d'expression et de compréhension des cultures populaires d'Amérique latine. Comme beaucoup, il ne croit plus au théâtre politique, mais au théâtre qui révèle, qui divertit au sens littéral du terme : celui qui propose d'autres visions d'une même réalité.

On assiste ensuite au début de la classe de clown qu'il donne, et on en ressort enchantées : plein d'énergie, drôle, souriant, comme animé d'un souffle nouveau. Dans son élément, Guido, en somme.

 

 



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Publié à 04:07, le 4/02/2009 dans Équateur, San Francisco de Quito
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En Equateur le théâtre persiste et signe : Contra el Viento Teatro

Contra el Viento. Contre le vent.
Rien que le nom fait frétiller l'oreille et frémir le coeur. On tombe amoureuse de ces 3 petits mots, puis du personnage qui l'a trouvé : Patricio Vallejo. 
C'est au Centro de la Cultura de Quito qu'on le croise, tout naturellement, en filmant une répétition (que Nastassia prendra le soin de vous décrire dans la prochaine ficheClin d'oeil). C'est que, Malayerba mis à part, on les trouve tous au même endroit, les groupes de théâtre. Sous les toits du Centre Culturel de la ville, où ils ont élu domicile. C'est vaste, y a de la place, pas de loyer, mais des courants d'air.
 
 Pas facile tous les jours évidemment, la municipalité a tenté de les déloger plus d'une fois, mais on le sait bien, le pouvoir de l'artiste est de résister. Ce qu'ils ont fait. En contre-partie il s'avère très difficile de les trouver. Accueil évasif du portier au rez-de-chaussée ("C'est par là haut ...") et porte qui donne sur les toits toujours fermée à clef. Il faut attraper les artistes au vol ou connaître les emplacements de chacun ... ce qui n'est pas notre cas. Bref, merci Cristina de Malayerba, qui nous aura aiguillé sur la marche à suivre : d'abord appeler, puis passer. Plutôt que de se perdre bêtement dans le labyrinthe culturel. Elle nous donne un nom, un numéro. C'est la clé, dans ce milieu.
Ainsi donc, pendant que Didine-la-gourmande avale une scéance de répétition assez phénoménale (Nasta, cette partie te revient de droitBisou), passe Patricio Vallejo sac au dos, à quelques mètres de nous. Il nous salue, cool, relax. C'est que l'entrée de Contra el Viento Teatro est juste à côté. On aurait presqu'envie de sortir Didine du guêpier (vous comprendrez bientôt pourquoi) pour filer avec lui sous les combles. Mais sages et bien éduquées que nous sommes (je l'ai déjà mentionné, non?), on reste jusqu'au bout du filage. Patientes. Puis, ni une ni deux, on se faufile à l'étage comme deux souris malignes, et on fixe un RV avec Patricio. 
Etrange comme à certains endroits tout se fait poussivement (Buenos Aires par exemple) et comme à d'autre il suffit de claquer des doigts pour qu'il vous tombe 5 artistes. Tel fut le cas à Quito.
On retrouve Patricio le lendemain, au Centro de la Cultura. Bien sûr on arrive à l'heure, bien sûr il arrive en retard. Plus qu'une habitude, c'est un rituel. Ce qui nous laisse le temps de papoter de tout et de rien (surtout de rien), et de donner une ou deux caresses à Didine pour l'encourager. Patricio arrive comme s'il revenait de voyage, un paquet de chips dans les mains, tranquille. Il nous fait grimper dans son nid, coloré, bariolé, tout en bazarre. Ils sont en train de ranger justement, de reconstruire, redécorer (à nos pieds un artiste dessine une fresque lorsqu'on arrive).
 
On entend Bob Marley qui grésille dans la radio. Ambiance sympa et détendue. Leur mini loft donne sur une sorte de terrasse abandonnée, entourée de grands murs. On y trouve de tout : portant pour les costumes, fauteuils, chaises, bassines ... c'est là que se passera l'interview de ce personnage génial, Patricio Vallejo. Pas dans la bassine, dans le fauteuil.
Que dire de Patricio ? Le mieux encore est d'aller lire sa fiche, ici. Une perle. 
C'est un homme de théâtre. Avec le théâtre, pour le théâtre, et dans le théâtre. Engagé à 200 pour cent dans son art. Imprégné jusque dans ses gestes. Jusqu'à la pointe de ses cheveux. Jusque dans la manière dont sortent les mots de sa bouche, ronds, pleins, vivants. Et avec ca empreints de doutes, de zones d'ombre. Sa vie, à partir du moment où il a choisi d'en faire du théâtre, a été cahotique. Peut être même avant. Ce qui est sûr c'est que l'existence de ce groupe, sa pérénité et sa survie, n'ont pas été évidentes. Il a fallut lutter, rager, crier, y croire, ne plus y croire. Il a d'ailleurs vu arriver sa chute il y a 9 ans, après un clash au sein de la troupe. Mais au contraire, plus qu'un coup de massue, ca a été un coup de pouce. Une impulsion nouvelle, pour continuer sur ce chemin infernal qu'est celui du théâtre.
A notre ultime question (celle qui marque un souffle dans toutes les interviews) : "Qu'est ce que le théâtre apporte aux gens?", Patricio nous répond qu'il ne donne pas mais dépouille. "Le théâtre m'a tout pris ! Il m'a dépossédé de tout. Il m'a dépouillé de mon besoin de reconnaissance, de la possibilité d'avoir une vie privée dans le sens de "propriété". Il m'a tout pris."
Et pourtant ... cet homme-là persite avec fougue dans ce qu'il appelle son "territoire de liberté". Il ne prétend pas avoir trouvé quoique ce soit, au contraire, il continue de chercher. Humblement.
Il opère ca et là dans toute l'Amérique Latine, où il peut, quand il peut, toujours de manière solidaire, en connexion avec les autres membres de sa patrie, le Théâtre. Il est enchanté par notre projet, qui va dans le sens du sien : échanger, rencontrer, partager, passer le relais.
"Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ? Parlez de Contra el Viento, où que vous passiez, comme ca ..."
Promis.


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Publié à 09:46, le 3/02/2009 dans Équateur, San Francisco de Quito
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Mala yerba nunca muere

Comprenez : "La mauvaise herbe ne meurt jamais" (proverbe latino-américain, vous l'aurez deviné).
Nous on a envie de dire. heureusement ! Car la troupe que nous allons rencontrer en prem's a Quito, c'est MalaYerba (MalaSHerba pour nos amis Argentins... ah ! soupir...).
Mais stop.
Avant tout, il faut, je crois, raconter notre trajet de bus Lima-Quito. Ou quand 28h de trajet se transforme en 46h. Qui a dit que les bloqueos c'était que en Bolivie ??
Donc départ de Lima avec déjà une bonne heure et demie de retard. Rien de nouveau sous le soleil, jusque là, on peut dire qu'on a l'habitude. On s'installe dans notre bus Ormeño même pas avec les sièges qui s'inclinent correctement pour dormir (dire qu'on a faillit faire Lima-Bogotá direct, on est bien contentes de couper le voyage en deux...), allez savoir pourquoi, pour des trajets de 5h on a des super-bus dans lesquels on resterait bien trois nuits, et pour des trajets de 1 ou 2 jours, le bus le plus pourri du continent.
Enfin bref, on est des routardes ou on ne l'est pas !
Le lendemain, vers 11h, on s'arrête quelque part dans le nord du Pérou pour déjeuner : "faites vite, on repart dans 40 minutes", qu'ils disaient. Mouais, c'était sans compter sur un blocage de route. 3h plus tard (dire qu'on a mangé à toute vitesse), le bus repart, presque sans nous - euh.. oui, on était sur internet pour faire passer le temps... heureusement que Caro a eu un feeling, une intuition (tu sais, le flair...) - et qu'on a finalement pu sauter dans le bus et retrouver nos places sous le regard mi-amusé mi-agacé des autres passagers qui commencaient à se demander où avaient bien pu aller les deux gringas.
Il fait tellement chaud qu'on ne fait plus trop la distinction entre nos fesses et le siège.
Et, oh surprise ! après, allez, 10 minutes de route, le bus s'arrête ! Et c'est reparti pour 4h d'attente... patience, patience, mère de toutes les vertus. Nous on est en nage, il fait un soleil de plomb dans le nord du Pérou et franchement, on voudrait bien être à la plage plutôt que coincées dans un bus.
On arrive finalement à Quito le lendemain, le bus nous laisse sous la pluie, les jambes en compotes, sans parler de nos postérieurs respectifs.
Après une vraie nuit dans un bon lit et une bonne journée de ré-éducation, on attaque! Grâce à Ana de Yuyachkani, on a le contact, il ne nous reste plus qu'à appeller, et voilà le rendez-vous fixé.
MalaYerba a son siège (et son théâtre, et son école de théâtre, oui, ils font tout !) au centre de Quito, près de la plus vieille église de la ville. Je ne m'apesantirai pas sur la maison de MalaYerba : encore une vieille bicoque sortie tout droit d'un univers hitchcockien, avec escaliers tordus, et plancher qui grince.
C'est Cristina qui nous accueille, surgissant d'un bureau. Elle est jeune, pleine d'énergie et son regard pétille. Elle nous fait le tour du propriétaire avant de nous installer dans le petit salon de la maison.
Elle avoue détester les interviews, on essaie de la mettre à l'aise et de lui dire que devant Didine et nos deux paires d'yeux, elle n'a vraiment pas besoin de se mettre la pression.
MalaYerba, c'est le dinosaure théâtral de l'Équateur : 28 ans d'existence, une école de théâtre et une renomée internationale - on nous en parlait déjà en Bolivie et en Argentine, c'est dire.
MalaYerba, c'est le fruit de la rencontre de trois exilés, Arístides Vargas, Susana Pautaos (argentins) et Charo Francés (espagnole). Tous trois sont acteurs, débarqués à Quito pour fuir les dictatures. On vous laisse imaginer la suite (ou lire la fiche de Cristina).
MalaYerba, c'est une dramaturgie propre, celle d'Arístides Vargas - qui n'était pourtant pas fait pour écrire, paraît-il ! - qui plonge son décor dans les réalités sociales, et qui fait de son théâtre un moyen de dénonciation (avec humour) et de réinventer le monde, de chercher de nouvelles possibilités.
MalaYerba, que nunca mueras, c'est ce qu'on leur souhaite.


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Publié à 06:02, le 29/01/2009 dans Équateur, San Francisco de Quito
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