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Concepción nous accueille avec un déluge (il nous semble à présent que toutes les villes chiliennes nous réservent leur meilleure pluie... mais de quoi nous plaignons-nous, nous sommes en hiver et nous approchons petit à petit de la région la plus humide de la terre !) - les rues se transforment en rivières, et nos jeans sont bons à essorer. (On décidera le lendemain d'investir dans un imperméabilisant, achat tout aussi utile que le dictaphone dans cette région)
Mais la pluie ne nous empêche pas de poursuivre l'investigation et après un passage par la désormais inévitable Alliance française, nous passons au théâtre de l'Université où, surprise, ils jouent Cendrillon (en espagnol : La Cenicienta)! La dame de l'accueil nous donne les coordonnées de la troupe El Rostro, et deux jours plus tard nous sommes dans la maison de Julio Muñoz qui nous accueille les bras ouverts.
Il nous explique qu'il a monté la première version du conte durant la dictature, et que les personnages du roi et du premier ministre revêtaient alors des significations bien particulières. C'était une manière de rire de l'actualité, à travers l'ironie et les allusions, et nous il avoue en riant qu'il est plus difficle de railler Michelle Bachelet (présidente socialiste du Chili) aujourd'hui parce qu'ils éprouvent de la sympathie pour elle ! (Lire la fiche comédien) Son objectif est donc de faire du théâtre familial, qui plaise autant aux enfants qu'aux parents, et il nous invite à venir voir la pièce, dimanche à midi.
Nous nous rendons donc à l'Aulamagna, la salle de théâtre de l'Université, dimanche, quelques heures avant de prendre le bus qui nous emmènera à Pucón.
On s'installe, la salle est comble, les enfants chahutent, les lumières s'éteignent et la pièce commence : Cendrillon version old school, avec les souris (si, si!), des chansons et des gags à répétitions. Les enfants adorent, nous on doit bien avouer qu'on reste un peu sceptiques... surtout qu'ils ne montrent même pas la scène du bal ! Sacrilège ! Ceci dit, ils arrivent à faire chanter toute la salle et à captiver les enfants ET les parents, qui ont l'air de bien s'amuser eux aussi.
- A droite, Cendrillon, et à gauche, vous les aurez reconnues, les deux soeurs! -
Une toute autre lecture du conte, donc, même si le roi ne symbolise plus Pinochet et qu'il y a moins d'allusions directes à l'actualité. Les lumières se rallument, on peut aller faire un bisou à Cendrillon et aux autres personnages (clin d'oeil ici à nos Cendrillon parisiennes ).
Nous on file à notre petit alojiamento pour récupérer nos sacs et filer au terminal de bus (non sans quelques difficultés, puisqu'une fois de plus il n'y a personne à l'alojiamento et qu'on doit ouvrir la porte avec une barette !), c'est reparti, toujours un peu plus vers le sud...
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