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On commence à se tisser un petit réseau dans le monde du théâtre latino-américain. C'est en Bolivie, à Santa Cruz, que Marcelo Araúz nous avait donné le contact de Percy Jiménez. Dans la jungle du théâtre porteñien, autant dire qu'avoir un contact vaut de l'or. Surtout si on a le numéro de téléphone, là c'est carrément du lingot. Après quelques jours d'acclimatation nécessaires (vous a-t-on parlé du rythme argentin ?!), nous appelons Percy, voix chaleureuse et bienveillante, il est tout de suite emballé par le projet. Il nous invite à venir voir sa pièce, et on fixe un rendez-vous pour l'interview.
Dimanche 5 octobre, la pièce dans laquelle il joue, "Comunidad", est à l'affiche à l'Espacio Callejón. C'est un petit théâtre dans un fond de cour, qui se repère à peine depuis l'extérieur. Et c'est à deux pas de chez nous (enfin, de chez Fernando). Les acteurs sont déjà sur scène quand le public rentre, en rang d'oignons : 6 hommes en costard-cravate alignés, quelle belle brochette !
La pièce nous a énormément plue, peu de mise-en-scène (ils briseront rarement la ligne pour se déplacer), presque pas de texte, et pourtant, ça racontait beaucoup de choses. On a ri, on a été suprises, bref, voilà une pièce de qualité (et on a pas vu que du bon théâtre à Buenos Aires, croyez-nous...).
Le lendemain nous rencontrons Percy dans un café pour l'interview. Comme on ne savait pas lequel des 6 acteurs nous nous aprêtions à interviewer, on a ouvert les paris : celui qui était un peu chauve ? le plus jeune ? le plus vieux ? on a finalement vu arriver Percy, ses petites lunettes et son sourire jusqu'aux oreilles.
Il nous raconte ses expériences en tant qu'acteur en Bolivie après avoir achevé ses études d'économie, son arrivée à Buenos Aires, le plaisir qu'il a eu à répéter cette pièce (ils nous affirme que six hommes côte-à-côte, c'est des heures et des heures d'imbécilités...!! voir la fiche comédien). Pour lui, l'instabilité du métier d'acteur est une bonne chose, dans la mesure où elle contraint à l'engagement total de l'acteur envers son art. Et, quand il nous parle du "Teatro Duende" en Bolivie, ça fait "tilt" : on connaît aussi Miguel Angel Estellano, de la même troupe ! Au fond, le monde est petit...
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