Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique latine


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Voyage au bout du théâtre

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Du théâtre commercial ? Même pas peur !

Mouais. On en tremble encore !
Jeudi soir. On décide de faire trois théâtres sur la Avenida Corrientes présentant des oeuvres "commerciales", c'est-à-dire avec producteur, acteurs connus (heureusement pas pour nous, sinon on aurait jamais osé) et beaucoup, beaucoup de moyens - pour leur demander si on pouvait rencontrer un des acteurs de la troupe, ou le metteur-en-scène, ou l'assistant, ou la costumière, ou... celui qui balaie le plateau avant la pièce...non ?

Premier théâtre : le caissier nous dit que : "le seul moyen c'est d'attendre les acteurs devant le théâtre". Bon, on serait incapables de les reconnaître, donc on abandonne. Deuxième théâtre : "il faut appeler l'attachée de presse, voici le numéro". Ok, pourquoi pas, maintenant qu'on a presque l'accent argentin (je dis bien : presque). Troisième théâtre : "revenez demain à cette heure environ et demandez Jonathan." De acuerdo, muchas gracias.
Premier bilan: c'est pas ce soir qu'on pourra filmer quelque chose ou fixer un rendez-vous pour une interview. Nous revenons bredouilles. Enfin, broucouilles, comme on dit...
Le lendemain, les idées fraîches au petit matin (petit matin = 11h maintenant, et oui, que voulez-vous...!), on se dit qu'on pourrait quand même appeler l'attachée de presse, même si on y croit plus trop. Première bonne surprise : elle nous écoute et nous dit qu'elle peut essayer de nous obtenir une interview mais que les acteurs sont TRES TRES occupés parce que quand ils ne jouent pas au théâtre, et bien ils tournent ! Donc elle nous rappellera demain.
Petit hic : on ne sait pas si on aura une opportunité de voir la pièce à un autre moment que samedi soir, étant donné notre agenda très serrés de pièces de théâtres (on aimerait bien se dédoubler, histoire de tout voir). Samedi, toujours pas d'appel de l'attachée de presse et impossible de la joindre... on se dit donc, folles que nous sommes, qu'on va passer au théâtre, demander s'il y a des invitations à notre nom (on ne sait jamais, sur un malentendu... ça peut marcher !), expliquer la situation, bref, s'inviter au théâtre !
Evidemment, il n'y avait aucune invitation à notre nom (sans blague ?!) mais la caissière appelle Damian (on a pas compris clairement la fonction de Damian), et Damian appelle l'attachée de presse qui nous autorise à rentrer pour filmer les 5 premières minutes (pas plus, hein les filles). Nous on est quand même super gênées, faire les trucs au culot c'est pas dans nos habitudes et imaginer la voix furax de l'attachée de presse à l'autre bout du fil ("Mais qu'est-ce que vous faisiez au théâtre samedi soir ?!?!") nous fait transpirer de peur. Mais bon, maintenant qu'on y est, on y va ! Et c'est comme ça qu'on peut filmer les 5 premières minutes de "Gorda", mise-en-scène par Daniel Veronese (LE metteur-en-scène du moment à Buenos Aires).
Manque plus qu'à rappeler l'attachée de presse, s'excuser platement, et lui faire les yeux doux (enfin, la voix) pour une petite interview... Vous n'imaginez pas comme ça peut être pratique de pas maîtriser une langue parfois, on peut toujours faire comme si on avait mal compris! Bon, on s'est quand même fait passer un petit savon, mais un moment de gêne est vite passé, pas vrai ? On obtient 15 minutes d'interview avec l'actrice principale, Mireia Gubianas.
Arrive le grand jour, on est reçue au théâtre par un autre intermédiaire, Raúl, qui est la plus part du temps pendu au téléphone pour savoir quand arrivera Mireia pendant que nous on patiente sagement dans le théâtre, un peu la frousse quand même, devant tout ce dispositif. Mireia arrive, tout sourire, bienveillante, elle s'excuse pour le retard. Elle prend le temps de répondre à nos questions même si elle entre en scène dans moins d'une heure.

Elle est espagnole, et peut donc nous donner son point de vue européen sur le théâtre argentin, qu'elle trouve magique parce que très diversifié et d'excellente qualité (lire la fiche comédien ). D'une grande humilité, très généreuse, Mireia nous a conquises ! Et elle nous invite même à venir voir la pièce !

"Gorda", c'est l'histoire d'un homme d'âge mur, cadre, qui tombe amoureux d'une femme (jouée par Mireia)...grosse (gorda en espagnol). Le regard de ses collègues, le poids du jugement des autres vont le pousser à la quitter (eh oui, contre toutes attentes,  la pièce finit très mal...).
Maintenant, on sait ce que c'est que du théâtre "commercial", et c'est pas forcément péjoratif, ici, à Buenos Aires.
 



Publié à 12:30, le 26/10/2008 dans Argentine, Buenos Aires
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Toujours aussi pros, toujours avec beaucoup d'humour. J'ai du plaisir a vous lire.....
Alex

Publié par Alex à 06:04, 26/10/2008

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