Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique latine


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Voyage au bout du théâtre

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Encore une moustache qui rebique : Mario Vidoletti, à Rosario

Mardi 21 Octobre.
Arrivées la veille à Rosario, sous un soleil de plomb, après 5 petites heures de bus.

 

Le monstre Buenos Aires est maintenant derrière nous, cela paraît absurde, impensable, trop rapide. On laisse Fernando et son sourire. Les alfajores à la maïzena El Cachafaz. Le tourbillon artistique. Les sifflements des argentins. Le traffic infernal. Le tango. Et on prend conscience du temps qui nous glisse entre les doigts. C'est effrayant, mais c'est aussi ça le voyage. 
Rosario, c'est une toute autre affaire. Plus petite ville, quoiqu' encore assez étendue. Claire. Maisons ratatinées mais charmantes. Beaucoup d'arbres aussi. Et surtout une chaleur pesante, à notre arrivée du moins. Cette fois-ci on pose nos mastodontes chez 3 jeunes de 22-23 ans, qui vivent dans un appartement spacieux, mais vraiment pas rangé.

 

Des affaires partout, le reste du déjeuner de la veille sur la table, la vaisselle sale amoncellée dans l'évier, le maté de 3 jours tout asséché sur le bench, des cendriers oubliés ça et là, et du monde qui passe en permanence. Ajouté à cela bien sûr, musique à fond toute la journée, que l'on entend même de la rue. Les meubles vibrent au son de la basse. Après le calme loftien de chez Fernando,
quelques minutes de ré-adapation sont nécessaires pour les 2 mémères. On pensait se poser un peu après le voyage, on décide bien vite de filer pour commencer l'investigation rosarinoise (?), sur les chapeaux-de-roues. On a plus ou moins zéro contacts à Rosario. Et il ne s'agit pas de prendre son temps, de flâner, et d'attendre quelque heureuse coïncidence, on est sensées être à
Santa Fe 3 jours plus tard pour filmer une répétition. Soyons efficaces.
1ère étape, on s'informe auprès de l'accueil d'un Centre Culturel, sur la place. 2ème étape, on nous envoie au Théâtre Lavarden, à quelques blocs de là. 3ème étape, on rencontre une chargée de je ne sais quoi qui nous propose de rencontrer directement 2 acteurs qui travaillent là. 4ème étape :
rencontre avec ces 2 comédiens : Pipo et Carlos, qui nous regardent arriver dans leur bureau, ruisselantes. Après s'être éventé les dessous de bras pendant 2 bonnes minutes tout en leur exposant le projet : "Hacemos un documental sobre la diversidad teatral en latino america durante 1 año ..." (là généralement on nous coupe : "1 año ?? que liiiindo ! " et nous d'acquiesser frénétiquement) " ... para defundirlo en Francia y asi, hablar del país a traves del arte", les 2 messieurs acceptent de nous donner quelques contacts. Mario Vidoletti, par exemple, qui tient un café-théâtre à quelques blocs de là. Parfait. Carlos tient à nous accompagner, sans doute charmé par ces 2 petites françaises en nage qui ne trouvent pas leurs mots, mais qui ont un noble projet. Il est un peu fâché que l'on ne reste pas plus de 3 jours, car il y a "montón" (beaucoup) de théâtre à Rosario. Mais on lui explique chemin faisant qu'on a des impératifs à Santa Fe. Il comprend (plus ou moins). Arrivées au bar La Sede, on sert la main de Mario.

Chic, encore un acteur à la moustache qui rebique et au regard qui rit. Il a l'air super. On fixe un RV pour le lendemain, histoire de préparer nos questions.
Entre temps petite nuit chez les 3 enfants terribles, boules Quies soigneusement enfoncées dans les oreilles. Adorables, ils nous ont laissé leur lit après avoir nettoyé un peu les lieux. Et c'est sur un pouf dans le salon qu'on en retrouve un endormi, au petit matin (mais où sont les 2 autres ?). A côté de lui, avachi sur le canapé, un ronfleur qu'on ne connaît pas, et un peu plus loin un autre dont on ne voit que la tignasse, carrément par-terre. Mais à quelle heure se sont-ils couché ? On glousse bêtement en les enjambant pour parvenir à la porte. C'est qu'on a du boulot, nous.
Mario Vidoletti, nous voilà !
Son bar La Sede est on ne peut plus charmant. Plafond haut, cadres suspendus un peu partout, grandes fenêtres, ambiance sympa. On y sirote volontiers une limonade en l'attendant. Il arrive et nous invite directement à descendre au sous-sol (je vois déjà les sourcils se froncer) dans le salle de café-concert où ont lieu les spectacles : petite estrade surélevée, quelques projecteurs, tables disposées autour, et bar en virgule magnifique. C'est ici que se fera l'interview, sur l'estrade, avec en prime un croissant de lune en toile de fond.

 

De l'autre côté du mur, après avoir arpenté un petit couloir sombre, on penètre dans une vraie salle de théàtre (comment imaginer une telle chose quand on est au bar, là haut ?) avec gradins et projecteurs ...
L'entrevue commence. Mario Vidoletti nous raconte l'histoire de ce café, qui vit au rythme des spectacles depuis des années et rameute un public toujours un peu plus fidèle. Il a le privilège de pouvoir jouer ses pièces ici, chaque fin de semaines. De faire rire les gens, de partager avec eux tout en les regardant avaler des tapas. Il a su combiner le plaisir de manger tout en se divertissant (lire sa fiche ici). Et ça a l'air de fonctionner.

Voilà une affaire qui roule !


 



Publié à 05:46, le 30/10/2008 dans Argentine, Rosario
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C'est l'aventure!!

Vos tribulations sont décidemment palpitantes!
Vous nous manquez les meufs!!!
Courage!
Bisouxxx

Publié par cendrillon à 09:17, 30/10/2008

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