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Sergio, depuis qu'on est à Santa Fe, on le croise au moins une fois par jour. Au moins.
Dire qu'il est hyper actif dans le théâtre santafesinois, c'est peu dire. Comédien, assistant à la mise-en-scène, ou juste venu filer un coup de main à des amis qui jouent, Sergio est partout !
Grâce à Carolina (plus besoin de le préciser maintenant !), on peut aller filmer Tres en juego samedi soir, pièce dans laquelle il joue, justement.
Tres en juego (qu'on pourrait traduire maladoitement par "Trois en jeu") c'est une version très libre et disons-le, très éloignées de Noces de Sang de Federico Garcia Lorca. Un jeu de relations malsain entre trois personnages, deux hommes et une femme.
On reste perplexes face à ce genre de pièce qu'on dirait l'expression d'un délire, une expérimentation du non-sens (mais fallait-il vraiment chercher un sens à tout ça ??). Les personnages s'aiment, se déchirent, se trompent, se font du mal, délirent, s'embrassent, se touchent, se mettent tous nus et finissent par se prendre sauvagement devant nos chastes yeux (et l'objectif tout aussi chaste de notre Didine).
Et bien, au moins on aura plein de questions à poser à Sergio, parce que cet ovni théâtral demande quelques explications !
Nous nous donnons rendez-vous dimanche matin. Pour une fois, ce n'est pas nous les premières arrivées. Sergio est bavard, et personne ne nous avait prévenu !
Il est devenu acteur par accident, nous raconte ses passions : la musique, Lorca, Rimbaud. Ses yeux pétillent. Quant à la pièce, il avoue ne pas toujours comprendre ce que les metteuses-en-scène on voulu dire et ne pas approuver réellement cette version de Lorca. D'ailleurs, quant on lui demande qu'elle a été la plus grande difficulté il nous répond : "Ne pas penser à Lorca".
L'apport de la pièce réside selon lui dans le fait que les tabous de la société argentine soient portés sur scène. L'art doit "aider à regarder", c'est-à-dire provoquer la réflexion sans imposer un point de vue. Et redonner un contenu à la parole, ce que la littérature et la philosophie peinent à faire. Il trouve que notre monde est devenu celui des oeuvres de Beckett et de Ionesco : absurde, vide de contenu.
Sergio a plein de rêves, une grande sensibilité, aime profondément son métier, et voudrait bousculer la société conservatrice dans laquelle il a grandit. Et il sent bon (encore que ça n'ait absolument rien à voir...) ! Pour plus de Sergio, allez lire la fiche comédien (vous n'aurez malheureusement pas l'odeur... on y travaille !!)
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