Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique latine


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Mes amis
Album photos

La carte des lieux visités








Rubriques

Argentine
Bolivie
Chili
Itinéraire
Le projet
Perou
Préparation en France
Presse

Liens

Voyage au bout du théâtre

Newsletter

Saisissez votre adresse email

Paco Gimenes ou le silence est d'or. Cordoba.

Paco Gimenes, c'est un peu LA référence dans le domaine théâtral de Cordoba.
 
Celui vers qui on nous aura tout de suite dirigé en évoquant la ville. Celui dont on nous aura parlé en long en large et en travers avant même de le rencontrer. Histoire de se faire une idée qui ne corresponde pas du tout à la réalité évidemment (mais ça, nous deux, on sait très bien faire, pour ce qui est d'imaginer on est très fortes. Et pour ce qui est d'être déçues après, encore plus Moqueur).
Paco, donc, est un vieux de la vieille en matière de théâtre. Il est de Cordoba, y a fait ses premiers pas artistiques, mais se rend très souvent à Buenos Aires pour jouer, "sous contrat". C'est en partie comme ça qu'il gagne sa vie. Mais son bébé, son théâtre à lui, c'est La Cochera (traduction : Le garage), et c'est à Cordoba qu'il se trouve.
C'est à Nasta que revient l'honneur d'appeler Paco, après avoir passé notre après-midi à chercher désespérément une actrice dans la cité universitaire sans jamais parvenir à la trouver. Comme chacun sait, les domaines universitaires sont toujours arrangés pour que l'on se perde le mieux possible. Tel fut le cas. Et ce, sous un soleil de plomb bien évidemment. Bref, abandon de recherches. Retour au centre. Et appel à Paco, en suivant.
Paco a une toute petite voix (on comprendra plus tard en découvrant le personnage), et répond très succintement aux questions qui lui sont posées. On se demande si on le dérange pendant la sieste. Il semble que non, c'est simplement sa manière à lui de répondre au téléphone; un outil qui peut déplaire à certains, on le sait. Ainsi le RV est fixé dans la soirée, chez lui. C'est rapide et efficace. Emballé c'est pesé.
Vers 20h, c'est dans un barrio de la ville un peu plus "craignos" que l'on cherche le numéro de Paco. En fait, c'est bien simple, il habite à 30 mètres de son théâtre. Pour toujours garder un oeil dessus. On sonne, un petit homme sans cheveux et en blouse de travail nous ouvre la porte. On se demande si c'est bien lui. La voix correspond complètement au bonhomme : fluette. Il nous invite à entrer, et là encore une maison parfaitement incroyable (combien en a-t-on vu depuis le début du voyage ? ...) avec des objets partout, une grande table en bois qui trône dans l'entrée ... beaucoup de bois en fait. Dans mon souvenir en tous cas. Des vieux disques, plus haut. "Je n'écoute que des disques, nous précise-t-il, pas de CD" (voir sa fiche comédien par ici). Un grand chien trône au dessus de nos tête, sur le haut d'une armoire. Et 2 autres aboient derrière la vitre.
Il y a comme une gène (et je pèse mes mots) qui imprègne la pièce entière. Il ne dit presque rien. Attend patiemment que l'on prépare notre fourbis pour l'interview (Didine, micro sur Didine, écouteurs, dictaphone, cahiers ...) assis en bout de table. Moi je parle parle parle pour combler le gouffre, pour faire semblant que tout va bien et qu'on gère. Nasta ne dit mot, toute intimidée qu'elle est par ce silence pesant. Heureusement c'est à mon tour de poser les questions. Je vais pouvoir m'appuyer sur ça pour retrouver un peu de contenance. Car entre temps je suis devenue un moulin à parole hyperactif. Nasta se cache derrière Didine, se concentre sur son cadrage. L'interview commence (ouf), quelques blagues pour détendre l'atmosphère mais qui la froissent plus qu'elles ne la détendent (ça viendra plus tard). Paco débutent toutes ses réponses par "Bueno". Il est évidemment tout aussi mal à l'aise que nous, et n'a sans doutes pas vraiment compris le propos de notre reportage (et ne nous le demandera pas, d'ailleurs). Mais il se prète au jeu, se détend dans son siège (une jambe sur l'accoudoir, youpla), et l'après-interview se passe beaucoup mieux. Il nous présente ses chiens (immenses) qui viennent littéralement nous manger les mains par la fenêtre.
(Notez le sourire crispé.) 
Puis, à 30 mètres de là, le théâtre La Cochera, avec des comédiens que nous interrompons en pleine répétition. Mais comme toujours chez les argentins, accueil plus que chaleureux (il faut vraiment qu'on en prenne de la graine, les français), fierté de présenter les lieux, curiosité mélée d'envie face à notre projet. L'equipe de la Cochera compte une 40 aine de comédiens. Paco se détend de plus en plus, dans son environnement, entouré de ceux qu'il connaît, ... et depuis les chiens. Et c'est perchés sur un arbre que nous prenons la photo. Allons-y.
Nous le quittons sur une bise "efficace" là aussi. Paco n'est pas de ceux qui te serrent une 20 aine de minutes dans les bras pour de dire au revoir. Pas d'effusions.
Merci le voyage pour ces rencontres hautes en couleur ! Mort de rire


Publié à 04:46, le 12/11/2008 dans Argentine, Cordoba
Mots clefs :
Ajouter un commentaire
Page précédente
Page 9 sur 88