Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique latine


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Voyage au bout du théâtre

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Argentine ou j'en reprendrais bien encore un peu ...

"Un poquito mas aCHa, en la caCHe."
Voilà comment elle a commencé, notre histoire d'amour avec l'Argentine. A Bariloche plus précisément, c'est à dire LA station de ski touristique et chocolative de ce pays gigantesque, quasi indescriptible. Ce bout de terre s'étend tout de même sur 3700 km de longueur ... et oui, il en faut du terrain pour contenir à lui seul la Patagonie, la Pampa, les Andes du Nord Ouest, les Andes Centrales et les plaines du Nord-Est ... Bon. On va quand même tenter de décrire, et correctement, avec profusion de détails croustillants bien sûr (je sens déjà les déçus).
Cette petite phrase, donc, a déclenché chez nous l'un des fou-rires les plus monumentaux du voyage. A savoir : dans tout le reste de l'Amérique Latine, la "ll" se prononce "lieu", ou "djeu". Mais jamais au grand jamais on n'avait imaginé que cela puisse se prononcer "cheu". Après l'accent trottant du Chili, on pensait avoir connu le summum. C'était compter sans les argentins. Et pourtant ce n'était pas faute de nous avoir prévenu (Tat', si tu nous lis ...) mais malgré tout, une fois qu'on y a été confrontées, impossible de réprimer le fou-rire. La pauvre passante qui nous a indiqué la direction doit encore s'en retourner dans son lit.
Oui, c'est mal, très mal, on s'est beaucoup moqué de l'accent argentin. 2 jours, au moins. Et puis on l'a attrapé, comme un gros rhume. On a commencé à prononcer les mots de la même manière, d'abord tout doucement, de manière imperceptible, pour ne pas que l'autre s'en rende compte et se moque. Puis de manière plus affirmée, car après tout, ça fait vachement bien de parler déjà comme des argentins après 3 mois de voyage. Alors allons-y : "la chave" (la clé) "chamar" (appeler) "el desachuno" notre préféré (le petit-déj) "las gachetas" (les biscuits), etc. Riez, riez ... Mais comment faire autrement ? quand tout le monde autour de vous parle de cette manière ? Se fondre dans la masse les filles, c'est le secret. Ce qu'on a fait, avec beaucoup de plaisir en plus (résultat : difficile de s'en défaire, 4 semaines après avoir quitter le pays, c'est dire !)
Plus sérieusement, même si on l'aura ressenti beaucoup moins fortement qu'au Chili, on ne peut pas dissocier l'Argentine d'aujourd'hui de la dictature qu'elle aura subit de 1976 à 1983. Dictature ou plutôt "Processus de réorganisation nationale" (c' est le nom officiel qui lui sera donné à l'époque). Réorganisation tentant de réorganiser le désordre donc, mais qui se vera responsable de la mort ou de la disparition de 30 000 personnes (les "desaparecidos"), de l'exil de milliers d'argentins et de la guerre des Malouines avec la Grande-Bretagne. Et malgré le retour à la démocratie en 83, le pays souffre toujours d'une économie poussive, qui se remet tout juste de 10 ans d'ultralibéralisme et de la crise de 2002. En résulte une corruption tenace, à laquelle nous autres petites touristes ne serons jamais confrontées. Ouf. C'est bien assez que de supporter les sifflements aspirés (si si) des argentins tous les 5 mètres. 
Cela dit, lorsque l'on parle de l'Argentine, nous les européens, on pense à plusieurs choses : le tango, Maradona, la Terre de Feu, les glaciers de Patagonie, Eva Perón, les grillades, les Argentines, Buenos Aires, le maté ... et j'en oublie. Des mots qui vous tournent la tête. Sachez qu'une fois qu'on y a mis un pied, c'est pire encore. On est littéralement happé par la richesse de ce pays. C'est bien simple, on y trouve de tout, comme au marché St Pierre :
- Sommets enneigés avec lac bleu turquoise qui sintille en dessous, pistes de ski à faire pâlir les saisonniers de nos stations alpines : Bariloche et ses alentours.
- Grandes étendues désertiques et ciels tourmentés apocalyptiques : la Patagonie.
- Baleines domestiques qui viennent vous manger dans la main ou pingouins qui se dandinent à vos côtés par centaines : Puerto Madryn.
- Théâtre, danse, peinture, cinéma, folies nocturnes : Buenos Aires.
- Canyons rouge-sang bordant d'interminables routes asphaltées et roches grises brossées par les vents : les alentours de Salta.
- Glaciers cristallins dégringolant les montagnes pour aller croquer les pieds des touristes : El Calafate.
- Chutes d'eau vertigineuses et insatiables au milieu d'une jungle équatoriale : Iguazú.
Et ce serait restrictif de s'arrêter là. Il y a bien sûr, aussi, toutes les découvertes culinaires que l'on a pu faire (comment ne pas en parler lorsqu'on voyage ... ) :
- les alfajores viennent en 1er, on en trouve dans toutes les tiendas du pays, avec tout en haut de la liste : El Calchafaz à la maïzena. Le fondant du biscuit allié à la confiture de lait restera toujours un souvenir indélébile pour nous papilles. Allez. On vous la remet, la photo.
- les parilladas (grillades) qui embaument toutes les rues de Buenos Aires (plus particulièrement le dimanche), avec un bife de chorizo phénoménal ... et saignant juste comme il faut.
- les milanesas de ternera ou de pollo toutes fines toutes fines (oui, je sais, ça vient d'Italie ...) qui se dégustent avec une salade bien fraîche.
- le maté, ses herbes uniques et sa bombilla en métal que l'on plonge dedans pour ne plus la bouger durant tout le cérémonial.
Ah oui, j'oubliais :
- Le Fernet-cola, mais je crois qu'il n'est plus nécessaire de le nommer.
Et puis, comment ne pas parler du tango et ses pas torturés qui s'esquissent tous les soirs dans les milongas enfumées, serré l'un contre l'autre pour deviner le mouvement de son partenaire ? Exquis. 
 
Pour ceux qui n'auront jamais eu la chance d'en voir, il s'agit d'une "pensée triste qui se danse". C'est exactement ça. C'est presque douloureux, mais c'est divin.
Ces jambes qui s'entrelacent avec violence et passion donnent envie de pleurer, ou de tomber amoureux, c'est selon.
Merci, merci, merci, belle Argentine pou toutes ces découvertes mémorables. On a acheté un maté en ton honneur, d'ailleurs.


Publié à 11:56, le 1/12/2008 dans Argentine, Salta
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Merci de nous faire voyager autant les filles... ça donne envie de vous rejoindre !!!

Zoé

Publié par Anonymous à 12:59, 2/12/2008

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que des souvenirs

Les filles, vous me faites pleurer avec ces images et mots d'Argentine, je n'arrive à trouver fernet branca nulle part ici en Europe.....

Bisous et bon courage à vous deux

Gavin (l'écossais du weekend bloceando en Bolivie)

Publié par Gavin à 03:57, 4/12/2008

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