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Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah le Chili !
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah les Chiliens !
Il nous a bien fallu deux semaines pour nous en remettre... et tenter de faire une "synthèse" de notre séjour au pays des chorillanas et autres completos (pour ceux qui ne sauraient pas ce que c'est, voir la partie "moeurs et cuisine chiliennes" ci-dessous)!
Il faut avouer qu'on a de la peine à cerner le pays, son histoire cahotique, et sa cuisine... heum, riche en huile !
Le Chili, bande de terre étendue sur plus de 5'000km (en heure de bus, ça donne environ 107h, du nord au sud...), coincée entre l'océan Pacifique et la cordillère des Andes. Au nord, le désert de l'Atacama et ses paysages lunaires, au sud, la région la plus humide du globe (et de la pluie, on peut vous dire qu'on en a dégusté, durant notre séjour...). Mais quels paysages ! Les volcans enneigés de la cordillère, la Patagonie et son atmosphère de fin du monde, ciel gris qui semble prêt à nous tomber sur la tête, des arbres qu'on dirait frappés par la foudre... hors du temps.
Santiago, la capitale, est le centre (au sens propre comme au figuré) du pays. Cette immense ville nous a donné le vertige, et c'est bien la première fois qu'on s'est senties perdue devant tant d'immensité. Il faut dire que le système de transport est défaillant, ce qui rend tout déplacement en ville aussi complexe qu'une traversée de la forêt vierge armées d'une lime à ongles.
Mais place à un peu d'histoire...
Le Chili a été colonisé par les Espagnols au XVIe siècle, et reste occupé jusqu'en 1810, date de l'indépendance. Au XIXe siècle, une grande population d'Allemands vient s'installer, dont l'influence s'en ressent encore énormément : on dit par exemple Kuchen pour les gâteaux, on y trouve de délicieux Strudel et on n'hésite pas à rajouter un peu de choucroute sur son hot-dog.
De 1879 à 1881, le Chili entre en guerre avec ses voisins : Pérou et Bolivie. Tout ce beau monde se dispute la région du désert de l'Atacama (alors territoire bolivien) suite à la découverte du salpêtre. La guerre du Pacifique est remportée par le Chili, qui prive la Bolivie de tout accès à la mer.
Dans la deuxième moitié du XXème siècle, le pays connaît plus de 25 ans de dictature. En 1970, Salvador Allende est élu. Les USA, alors en pleine guerre froide et craignant la menace communiste ("Je ne vois pas pourquoi nous croisons les bras sans agir en regardant un pays devenir communiste à cause de l'irresponsabilité de son peuple." mots prononcés par Henry Kissinger, secrétaire d'État de l'administration Nixon), vient y mettre son grain de sel, et finance l'opposition qui opère le fameux coup d'État de 1973, installant le général Pinochet au pouvoir. Allende se suicide, la dictature s'installe et perdure jusqu'en 1989 (Pinochet n'a été arrêté qu'en 1998!). Il y a encore aujourd'hui beaucoup de nostalgiques de l'ère Pinochet.
Le Chili est désormais le pays économiquement le plus fort d'Amérique latine (et aussi le plus cher...). La présidente actuelle, Michelle Bachelet, élue en 2006 est socialiste (et non, ce n'est pas la fille de Pierre Bachelet... !).
La dictature. Mentionnée par toutes les personnes que nous avons interviewées. Sans exception. Les artistes ont été persécutés, certains d'entre eux torturés, beaucoup se sont exilés en Europe, les rassemblements de personnes étaient interdits et sévèrement réprimés. Inutile de préciser que ce climat était défavorable à toute création. Aujourd'hui, on ressent fortement l'étouffement qu'a subi le théâtre, qui tente de renaître à grandes inspirations. La dictature a laissé un vide, et les Chiliens semblent tout faire pour le combler (c'est du moins comme cela qu'on la ressenti).
La fascination pour le monde occidental est plus flagrante encore ici : le modèle américain prédomine, et Santiago nous a plus fait penser à une mégapole américaine qu'à ce qu'on s'imaginait d'une capitale sud-américaine : fast foods et shopping malls qu'on s'empresse de nous indiquer fièrement, comme si c'était "la chose-à-ne-pas-rater".
Quid des moeurs et cuisine chiliennes ?
Aïe. Nos estomac sans souviennent encore.
La chorillana : frites + oeuf + saucisses + boeuf (+ supplément choucroute, pour les affamés).
Les completos : hot-dog recouvert d'avocat (et de choucroute, pour ceux qui le désirent). Ce sandwich porte bien son nom, pour être complet, il l'est !
L'aliment de base au Chili ce n'est ni le riz, ni les pâtes, ni le pain, mais les frites. Et si vous souhaitez asaisonner votre plat, on vous met au défi de trouver du poivre sur les tables : Caro a même osé demander un peu de sel dans une pizzeria, sacrilège !
Oui, la cuisine chilienne est tout sauf diététique ! On y trouve cependant quelques bonnes surprises pour les papilles : les fruits de mer et autres poissons frais, ainsi que les empanadas de pino (boeuf et oignons), ou de fruits de mer. Et le vin ! Ah, le vin ! On vous ramènerait bien une petite bouteille pour vous faire goûter, tiens ! ;)
Outre cette faille, que dis-je, ce gouffre culinaire, il faut qu'on vous parle du caractère chilien (je vois déjà des cheveux se dresser sur la tête de ceux qui n'aiment pas les généralités... mais on vous jure qu'il y a un trait commun à tous les Chiliens qu'on a croisés !).
Le Chilien est fan de la musique des années '80. Quand on vous dit "fan", on pèse notre mot. Fanatique. Affrontez 4h de clip des ces merveilleuses années dans le bus, et vous comprendrez.
Le Chilien aime le scandale, les faits divers, les histoires croustillantes. Mis à part quelques rares journaux "sérieux" qui se comptent sur les doigts d'une main, voici un exemple de une qu'on peut trouver dans la presse : "Il a ouvert le gaz, s'est ouvert les veines, mais a raté son suicide !". Et après deux minutes (ou était-ce 30 secondes ??) de discussion, on a immédiatement droit à la question : "avez-vous des pololos (petits copains) ?". L'indiscrétion ne leur fait pas peur, ah ça non !
Le Chilien est prévénant. Trop prévenant. On ne peut pas se balader en ville sans que quelqu'un nous dise de faire attention à notre sac-à-dos, et quand on sort Didine, on a une armée de policiers qui nous mettent en garde - merci pour les conseils, mais ça fait trois mois qu'on voyage (si on leur dit qu'on a passé deux mois en Bolivie, ils frôlent la crise cardiaque...)! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh, on a cru devenir folles ! On a été noyées de conseils, submergées d'informations, tous ont voulu nous rendre service en nous indiquant le meilleur itinéraire (et au final, on ne savait toujours pas comment rejoindre la Patagonie !). Il faut dire que nous, on aime bien trouver toutes seules (independent women, yes sir !), et être surprotégées, ça nous donne la chair de poule et l'envie de partir en courant (ce qu'on a fait à plusieurs reprises, d'ailleurs). Mais on est pas rancunières, et il faut dire ce qui est : on a été super bien reçues partout où on est allées au Chili. Et on savait que si on avait besoin de quoique ce soit, on aurait toujours eu quelqu'un à appeler qui aurait été là pour nous aider en cas de besoin ("Cualquier cosa, me llaman chiquillas").
Enfin, ce qui est vraiment à la pointe de la mode au Chili c'est.... la "coupe football" : court devant, long derrière, et bien dégagé sur les oreilles pour entendre ce que dit l'entraîneur (Charles, si tu nous lis, merci pour cette description, on a pas pu résister à l'envie de te citer !) - plus connue sous le nom de "coupe mulet". On a même pris discrètement quelques photos, pour que vous puissiez visualiser ;) hoho.
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Publié à 07:55, le 7/10/2008 dans Chili, Puerto Natales Mots clefs : |
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C'est cela qui fait le plus plaisir, je crois. Découvrir que le théâtre peut émerger n'importe où, grâce à la communion de plusieurs esprits, à un moment donné, dans un lieu improbable comme un campamento de Valdivia. Même quand les conditions ne sont pas réunies pour. Même quand les priorités de certains ne sont définitivement pas de faire le clown sur une planche pour apprendre à mieux se connaître. Mais plutôt de lutter chaque jour pour trouver à manger ou empêcher sa barraque d'être inondée par les pluies.
C'est comme ça qu'on pourrait définir la vie de Paula Huerta. C'est ici qu'elle vit (depuis combien de temps exactement?), c'est dans cet univers qu'elle a grandit, c'est chez elle, c'est sa maison. Et nous qui nous plaignons à Paris quand il fait un peu frisquet au lever du lit ... elle, ça lui arrive d'avoir les pieds dans l'eau. Ça remet doucement les pendules à l'heure.
Les campamentos, c'est un peu les "ghettos" de Valdivia. Les maisons semblent avoir été construites à la hâte entre 2 averses à grands renforts de tôles, de briques et de planches de bois. Ils ont surélevé certains endroits pour éviter les inondations mais bien évidemment ce n'est pas le cas de toutes les habitations et la plupart sont dans la boue. Certains habitants se battent pour faire évoluer le quotiden de leur "quartier" en construisant bibliothèques, ateliers de création ... mais ils sont régulièrement délogés par le gouvernement, ce qui ne permet aucune perspective de longévité.
C'est au milieu de tout ça que Marcia Paredes a voulu apporter de l'espoir, à son échelle bien sûr. La 30aine, "communicatrice sociale", enjouée, ambitieuse, pétillante, et on ne peut plus charmante. De quoi rendre jalouse toutes les filles de la planète. Et de quoi faire craquer tous les messieurs que le mariage use un petit peu ces derniers temps ;) ou pas. Petite description accompagnée de fototitas bien sûr : grands yeux verts qui lui mangent littéralement tout le visage. Peau mate mais pas orange, juste à point. Deux petites fossettes sur les joues. Belle rangée de dents blanches. Bref.
(à gauche Paula, à droite Marcia)
On a du mal à décrocher de ce regard malicieux lorsqu'on la rejoint au café Moro, près de la place principale de Valdivia. Elle est avec Paula, une des actrices de la troupe SUYAI et habitante du Campamento Girasoles. Il est 10h du matin, elles boivent le café autour d'une petite table ronde. Elles nous attendent et semblent aussi curieuses que nous de découvrir qui elles vont rencontrer. Nasta et moi débarquons toutes décoiffées en funky jackets (il fait froid et y a du vent) pas franchement réveillées (je sais c'est une honte, 10h c'est tard, mais c'est comme ça, ce matin-là, on n' était pas très alertes). Paula semble regretter l'oreiller elle-aussi. La seule qui frétille de curiosité, c'est Marcia. Elle est impatiente de raconter son projet, de parler du Teatro Social, de ce qu'elles ont entrepris toutes ensemble (que des femmes), de ce que ça a donné jusqu'alors, des perspectives futures, des envies, des angoisses, des obstacles rencontrés. Bref, elle est fraîche comme un gardon, la conversation va bon train (surtout de son côté), tandis que les 2 francesitas que nous sommes se débattent dans la brume matinale pour saisir les nuances chiliennes. On acquiesse régulièrement pour montrer qu'on comprend bien. En réalité, on ne saisit pas tout. Malgré la café.
Fort heureusement, 1h plus tard, un peu plus reveillées qu'à notre arrivée, on choisit de se rendre au campamento Girasoles, pour pouvoir les interviewer dans leur environnement. C'est là qu'est née l'idée de ce théâtre social, avec une troupe composée de femmes, uniquement. C'est là qu'est née la compagnie SUYAI.
On découvre alors ces quartiers périphériques de Valdivia, dont personne ne parle, que tout le monde taît, surtout face aux touristes européennes que nous sommes. N'oublions pas que les chiliens cherchent toujours à présenter la meilleure image de leur pays, quitte à mettre un voile sur des réalités moins attrayantes. On l'aura beaucoup ressenti tout le long de notre périple, notammant à Santiago, où chaque secteur est bien distinct, et où la pauvreté ne se mélange pas avec la classe aisée, tout simplement. On découvre que cela s'applique aussi à Valdivia. Le campamento que nous visitons ressemble à un bidon-ville amélioré, avec des maisons construites de briques et de broques.
C'est sur un passage surélevé, sorte de ponton de bois, que nous commençons le reportage. Marcia répond avec entrain en essayant de n'oublier aucuns détails. Quitte à sauter une question pour se reporter à la précédente. Paula, assise à ses côtés, parle beaucoup plus doucement, chuchotte presque (on tend l'oreille) et choisit ses mots avec précautions. Elle se présente comme "actrice populaire". Elles nous racontent qu'elles prenaient le Once (l'équivalent du Tea anglais en fin d'après-midi) à quelques pas de là lorsque Marcia a proposé de mettre en place un atelier de théâtre social au sein du campamento. Elles éclatent de rire en expliquant que Paula était la première à s'opposer au projet, à dire que ça ne fonctionnerait jamais, qu'avant de faire du théâtre, il fallait d'abord se nourrir. Résultat cette expérience a changé son existence (lire la fiche ici) et lui a donné une autre raison d'être. Elle est à présent l'un des piliers du groupe, et croit en cette troupe plus que tout. "Pourquoi ne pas aller en France présenter notre pièce ?" lance-t-elle en souriant. Leur objectif est de se faire connaître, de grandir, d'évoluer vers quelque chose de toujours plus professionel. Pour gagner en crédibilité, elles ont fait appel à un acteur et à un technicien son et lumière. Conscientes de l'image péjorative véhiculée par la terminologie "théâtre social", elles cherchent justement à présenter une pièce de la meilleure qualité possible.
A la fin de l'interview, elles se serrent dans les bras. Paula a les larmes aux yeux. Nous aussi du coup. On ne peut que leur souhaiter tout le meilleur. Et surtout longue vie à SUYAI.
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Publié à 01:03, le 28/09/2008 dans Chili, Valdivia Mots clefs : |
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Quelques nouvelles images dans l'album Valparaiso-Santiago-Concepcion, et surtout dans Region des lacs, Chili.
A savoir : pour des raisons logistiques, toujours, les photos sont dans le desordre : on a commence par Valdivia et termine par l'Ile de Chiloe, et non le contraire.
Enorme bisous de nous deux !
Nast' et Caro
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Publié à 04:02, le 11/09/2008 dans Chili, Punta Arenas Mots clefs : |
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A quelques heures de bus de Concepcion...
... (non, vous n'hallucinez pas, c'est une route, pas un fleuve, precisement celle qu'a empruntee notre bus...) nous arrivons a Valdivia, petite ville entouree d'eau (pas tres surprenant puisque nous sommes dans la Region des Lacs !). Notre couchsurfer, Claudia, vient nous chercher au terminal de bus et nous conduit jusqu'a chez elle, sur l'Isla Teja, petite ile reliee a Valdivia par un pont.
Une autre maison bleue (pas adossee a la colline, cette fois-ci ), toute coloree de l'interieur - Claudia est peintre ! Elle a trois garcons, une petite chienne prenomee Raphaella qui nous accompagnerait bien jusqu'au centre ville tous les matins, un poele pour chauffer la maisonnee et une machine a laver ! Nous, on est ravie d'aterrir dans une famille.
Des le lendemain, on part a l'assaut des potentiels contacts, via le Conseil de la Culture et l'Alliance francaise. Et oui, il y a AUSSI du theatre a Valdivia, tout n'est decidement pas centre a Santiago. Et toc. On nous informe que Claudia Rosales et Maha Vial donnent un cours de theatre a des enfants au college Francia le soir-meme. C'est parti !
On arrive vers le milieu du cours, les enfants sont en plein exercice de respiration. Didine capture quelques images. Puis ils sortent des etoffes, des manteaux, des chapeaux et se deguisent pour nous montrer la piece qu'ils sont en train de monter et qui a pour theme l'immigration. Cinq d'entre eux se figent sur des chaises, la petite piece commence...
Ce sera bref, ils ne sont pour l'instant qu'au debut du processus de creation. Ils s'attroupent ensuite tous autour de nous, nous posent plein de question s(ils sont plus curieux de savoir si on a des amoureux - terme chilien : "pololo" - nos ages, le nom de nos parents - Marie-Helene, Pierre-Alain, Genevieve et Alex vous serez heureux de savoir que vos prenoms ont eveilles le plus grand interet ! - que de savoir quels pays on parcourt et pourquoi, mais on ne leur en veut pas et ca nous fait bien rigoler!!).
Apres cet interrogatoire digne de la police criminelle (!), nous voila invitees a pousser la chansonnette pour leur apprendre "Au clair de la lune". Quelques fausses notes plus loin, ils nous sautent un a un dans les bras et nous collent un gros bisous sur la joue et s'en vont en courant rejoindre leur maman qui les attend devant la classe.
Nous on se rend chez Claudia pour l'interview (voir la fiche comedien sur http://voyageauboutdutheatre.blogspot.com - la souris de l'ordinateur ne marchant pas, je suis incapable de selectionner un mot pour mettre le lien !). Le chat s'invite dans le documentaire, et passe juste devant la camera. David, tu vas te marrer au montage...
Claudia et Maha sont amies depuis longtemps, et partagent leur passion pour le theatre (bien que Maha, ici au centre, soit avant tout poete). Elles sont tres liees a la dimension sociale du theatre et ont monte des pieces qui avaient trait a des themes comme la folie, la torture ou le suicide. Le plus dur a Valdivia est de trouver des salles pour y jouer les pieces... leur derniere en date se joue donc dans des maisons patrimoniales, les acteurs deambulent d'une piece a l'autre et le spectateur se deplace au fil de l'oeuvre.
On se quitte, Claudia a un rendez-vous et Maha se rend a un vernissage. Nous on rejoint la maison de Claudia, pour y respirer la douce odeur de la lessive qui seche pres du poele... mmmh, on va avoir des habits tout propre !
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Publié à 03:44, le 10/09/2008 dans Chili, Valdivia Mots clefs : |
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A Concepción, contre toutes attentes, on TROUVE du théâtre. Les mauvaises langues de Santiago peuvent bien se taire, il y a de quoi voir, suffit de chercher au bon endroit. Ou de connaître les bonnes personnes au bon moment. Tout est affaire de rencontres, finalement.
C'est une prof de théâtre rencontrée au hasard à l'Alliance Française (un jour de pluie diluvienne ... on a eu droit à quelques bonnes douches depuis qu'on arpente le Chili) qui nous a vivement conseillé de rencontrer la compagnie EL ORACULO, pour la spécificité de son théâtre, le "teatro fisico". Là encore la chance est avec nous (pas le temps), ils jouent justement 3 soirs de suite dans la semaine. Le nom de la pièce : "Santa Maria de Iquique, la venganza de Ramon Ramon". L'histoire est tirée d'une tragédie chilienne, d'un massacre qui a eu lieu en 1907 à la Escuela Santa Maria de Iquique, commendité par le général Silva Renard. La pièce traite de la vengeance d'Antonio Ramon Ramon qui y aura perdu son frère Manuel.
Mieux vaut connaître le contenu dramaturgique avant, car on ne comprend pas forcément à première vue de quoi il s'agit. Le teatro fisico, comme son nom l'indique, base surtout son travail sur le mouvement corporel, les images et le son. Pas de paroles. Une "mixture" qui oscille entre la danse moderne, le mime et le théâtre japonais. Il me semble que cela parvient plus directement au spectateur, que cela fait appel à d'autres sens. En tous cas cela nous touche. On est fascinées par la première scène, sortie tout droit de ... nulle part. Ambiance lunaire. Pour seul décor, des bouts de bois empilés en totems, des sacs de farine, une brouette. Pour une fois, cela ne nous renvoie à rien de connu. Les comédiens ont une parfaite maîtrise du corps, ils déambulent comme des automates vivants, visage peints en blanc, gestes sacadés, et arrivent à effectuer une sorte de tremblement interne que l'on ne distingue que parce que la poudre déposée sur leurs perruques s'évapore peu à peu autour d'eux. Dans nos oreilles et dans tout notre corps, la musique raisonne comme un appel au mouvement, à la danse, à la transe. On est comme tiré par un fil invisible vers la scène. L'une des comédiennes est empêtrée dans une corde, elle se débat et se contorsionne pour s'en défaire, torturée par on ne sait trop quoi. A côté d'elle, les autres avancent, reculent sur scènes comme d'étranges robots, et vaquent à leurs occupations (pousser la brouette, porter un sac...).
Toute l'histoire de ce drame nous est contée sans mots par ces personnages insolites, en mime, en danse, en sonorités bizarres ... Hélas, peut-être parce que c'était la première, on a été déconcentrées par de gros problèmes de son (coupures brutales, volume trop fort) et de lumières (douches situées au mauvais endroit etc ...). Cela dit l'impact visuel et émotionnel de cette pièce n'en restera pas moins présent.
Le lendemain, rencontre avec Manuel Loyola, le metteur en scène. Il nous propose de l'interviewer au théâtre, sur scène. Quelle chance. On essaie de faire le meilleur plan possible, avec un élément de décor derrière ... heu ... la brouette. Manuel Loyola parle doucement, posément. Il a mis la bande-son de la pièce en fond. Pour être bien. Lorsqu'il sourit, il y a des étoiles qui s'allument au fond de ses yeux (hein Nasta? si si, on les a vu).
Encore un amoureux du théâtre. Qui le défend corps et âme. Il prône le travail physique, mais il précise qu'il faut de tout, que le texte trouve lui aussi son public, et que c'est justement la proximité et la co-existence de tous ces genres qui font le théâtre. Lire sa fiche ici (passionante).
Ne pas se fier à la photo, où il a préféré ne pas sourire, allez savoir pourquoi. Peut-être parce qu'il avait peur qu'on lui vole ses étoiles ? Pom pom pom.
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Publié à 11:24, le 4/09/2008 dans Chili, Concepcion Mots clefs : |
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Concepción nous accueille avec un déluge (il nous semble à présent que toutes les villes chiliennes nous réservent leur meilleure pluie... mais de quoi nous plaignons-nous, nous sommes en hiver et nous approchons petit à petit de la région la plus humide de la terre !) - les rues se transforment en rivières, et nos jeans sont bons à essorer. (On décidera le lendemain d'investir dans un imperméabilisant, achat tout aussi utile que le dictaphone dans cette région)
Mais la pluie ne nous empêche pas de poursuivre l'investigation et après un passage par la désormais inévitable Alliance française, nous passons au théâtre de l'Université où, surprise, ils jouent Cendrillon (en espagnol : La Cenicienta)! La dame de l'accueil nous donne les coordonnées de la troupe El Rostro, et deux jours plus tard nous sommes dans la maison de Julio Muñoz qui nous accueille les bras ouverts.
Il nous explique qu'il a monté la première version du conte durant la dictature, et que les personnages du roi et du premier ministre revêtaient alors des significations bien particulières. C'était une manière de rire de l'actualité, à travers l'ironie et les allusions, et nous il avoue en riant qu'il est plus difficle de railler Michelle Bachelet (présidente socialiste du Chili) aujourd'hui parce qu'ils éprouvent de la sympathie pour elle ! (Lire la fiche comédien) Son objectif est donc de faire du théâtre familial, qui plaise autant aux enfants qu'aux parents, et il nous invite à venir voir la pièce, dimanche à midi.
Nous nous rendons donc à l'Aulamagna, la salle de théâtre de l'Université, dimanche, quelques heures avant de prendre le bus qui nous emmènera à Pucón.
On s'installe, la salle est comble, les enfants chahutent, les lumières s'éteignent et la pièce commence : Cendrillon version old school, avec les souris (si, si!), des chansons et des gags à répétitions. Les enfants adorent, nous on doit bien avouer qu'on reste un peu sceptiques... surtout qu'ils ne montrent même pas la scène du bal ! Sacrilège ! Ceci dit, ils arrivent à faire chanter toute la salle et à captiver les enfants ET les parents, qui ont l'air de bien s'amuser eux aussi.
- A droite, Cendrillon, et à gauche, vous les aurez reconnues, les deux soeurs! -
Une toute autre lecture du conte, donc, même si le roi ne symbolise plus Pinochet et qu'il y a moins d'allusions directes à l'actualité. Les lumières se rallument, on peut aller faire un bisou à Cendrillon et aux autres personnages (clin d'oeil ici à nos Cendrillon parisiennes ).
Nous on file à notre petit alojiamento pour récupérer nos sacs et filer au terminal de bus (non sans quelques difficultés, puisqu'une fois de plus il n'y a personne à l'alojiamento et qu'on doit ouvrir la porte avec une barette !), c'est reparti, toujours un peu plus vers le sud...
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Publié à 04:26, le 28/08/2008 dans Chili, Concepcion Mots clefs : |
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Encore une fois grâce à un chilien plutôt expansif et ultra désireux de nous aider dans notre investigation (les chiliens, en règle générale, veulent régulièment devancer-protéger-conseiller-guider le touriste de base, afin de lui éviter le moindre incident dans son pays -cela peut aller de la flaque d'eau au vol de sac), nous voilà mises en contact (à notre insu) avec le chargé administratif del Teatro Ictus, la plus vieille institution théâtrale chilienne connue à ce jour. Elle a perdurée pendant toute la période cahotique de la dictature, en offrant au public des pièces de qualité, qui véhiculaient toujours un message contestataire en lien avec le contexte politique ou social ambiant.
Le monsieur s'appelle Mauricio Almuna, nous avons RV à 16h30 avec lui, au théâtre. Il va pouvoir nous parler de l'histoire de l'Ictus, et par là-même, de celle du Chili, de la dictature évidemment. La dictature ... encore tellement présente dans l'esprit des chiliens ... pas une interview sans qu'elle ne soit mentionnée. De près où de loin. Elle a marqué non seulement l'histoire, mais encore davantage les mentalités et la production artistique du pays.
Mauricio nous reçoit dans son petit bureau, à côté de l'entrée du théâtre.
Il nous redemande ce qu'on vient faire là, quel est notre objectif, et surtout qui est ce jeune type extravagant qui est venu le voir pour lui parler de nous alors qu'il était incapable de lui expliquer notre projet. On glousse. "C'est Claudio (un autre)". Il acquiesse en disant qu'en effet, les chiliens sont comme ça, à toujours vouloir aider les jeunes filles en détresse. On ne parvient pas bien à savoir si c'est du lard ou du cochon. Le Mauricio en question est un tantinet cynique. C'est pas grave. On pose le dictaphone sur le bureau, tout près de lui, il accroche le micro à sa chemise, Nast' allume Didine, on démarre l'entrevue. Il parle de l'Ictu (n'oublions pas que les chiliens ne pronnoncent pas les "S") comme s'il parlait du Pape. Avec beaucoup beaucoup de soin. Comme si le seul fait de prononcer le mot pouvait le casser. On n'ose pas l'interrompre. Surtout quand il raconte pompeusement l'histoire de l'Ictus...pardon, l'Ictu.
Au bout d'un moment, Nasta se tente une petite intervention de derrière la caméra : "Quel type de pièces passaient à l'Ictus pendant la dictature ?" Malheur Nasta, qu'as-tu fait ? Réponse du dinosaure :"Tu n'as pas écouté ce que j'ai dit, toi, hein ?" Grimace de la Nast'. "Heu...si, mais euh ..." "Je n'ai peut-être pas été assez clair, c'est ça?" Et il reprend de plus belle, nous citant à peu près tout le repertoire de l'Ictus. Je continue l'interview en marchant sur des oeufs, calculant le moment où je peux placer rapidement la question suivante. Terrain glissant. Mais on y arrive.
Quand on parvient finalement à boucler l'interview (Nasta toujours tremblante et muette derrière la caméra) et qu'on lui demande la petite photo habituelle, sa réponse est claire : "Non." J'insiste un peu en plaisantant, disant que c'est pour le blog ... "Non". Très bien, ben on va prendre une photo du cadre alors.
Nous quittons hâtivement Mauricio et le Teatro Ictu..., soulagées d'avoir terminé cette douloureuse entrevue. Bien dommage qu'une entité pareille soit défendue par un ours de ce genre.
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Publié à 07:54, le 27/08/2008 dans Chili, Mots clefs : |
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C'est grâce à un autre Claudio (décidément!), rencontré une semaine plus tôt à Valparaíso, que nous rencontrons María José Contreras.
Vendredi soir, on se pointe au théâtre Lastarria 90, dans le quartier culturel de Santiago. La troupe est en pleine séance photo, mais notre ami Claudio n'en a cure ! Il demande à voir María, qui interrompt son travail. Nous, un peu gênées quand même de la déranger, on lui propose de l'interviewer après avoir vu sa pièce "Remite Santos Dumont", ce qu'elle accepte. Le rendez-vous est donc fixé pour dimanche, après la représentation.
Curieuses (ce qu'on a entraperçu de la scénographie et des costumes à éveillé notre curiosité), on se fraie un chemin dans la foule (c'est la dernière représentation de la pièce), on retire nos invitations et on suit María dans la salle.
L'atmosphère nous plaît immédiatement, et même si on comprend pas grand chose (il faut préciser que c'est une pièce montée à partir de lettres trouvées dans un hôpital psychiatriques, écrites par des malades mentaux au début du siècle), la mise en espace, les costumes, le jeu de lumières et surtout la prestation des acteurs nous scotchent à nos sièges (enfin, surtout Caro parce que Nasta, elle, a dû rester debout tout le long). A la fin de la représentation, on se dit qu'il serait mieux d'interviewer María le lendemain, pour avoir le temps de préparer nos questions sur la pièce. Ce qui semble l'arranger, en ce soir de dernière !
Le lendemain donc, on arrive au lieu de rendez-vous : le Café Literario, bizarre comme endroit de rencontre, le lieu est snob, le serveur a dû utiliser tout son gel en un matin pour fixer sa mèche et... il ne leur reste pas un seul croissant ! Catastrophe pour les deux affamées que nous sommes (surtout le matin, demandez à Claudio premier du nom, un pain sans mie avec de la ricotta O%, ça ne nous suffit pas !).
Pendant que Caro recopie les questions (on s'y est prises à la dernière minute), Nasta dégotte un semblant de petit déj : muffin qui s'émiette et croissant dégoulinant de manjar et ramène le tout au café (où on a sûrement pas le droit de manger des choses achetées à la tienda du coin, vu le prestige du lieu). Attention, Caro et Nasta et leur classe légendaire : deux éléphants dans un magasin de porcelaine. On n'arrive pas à manger nos viennoiseries proprement, on fait des miettes partout, et on renverse la moitié du café dans la soucoupe. Moyen-moyen pour faire une interview dans de bonnes conditions... On essaie de ramasser les miettes à la hâte, on empile les soucoupes et les tasses (technique du camouflage), ouf! María arrive justement.
On cherche un lieu propice, tiens, les fauteuils là-bas, éloignés du bruit. On s'installe, quand le maître du lieu nous dit : "je suis désolé mais ces fauteuils sont réservés au cours d'anglais qui ont lieu entre 19h et 20h".... heum, faudra qu'on nous explique la logique du sens de cette excuse, mais bon, on se déplace sur la terrasse, en oubliant presque de payer nos cafés.
Pour voir la fiche artiste de María José Contreras (et le soleil de la terrasse du Café literario), c'est ici. Ou là !
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Publié à 10:18, le 25/08/2008 dans Chili, Mots clefs : |
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C'est en passant dans la rue qu'on est tombées sur lui.
Plaza de Armas, en plein centre de Santiago.
Au croisement des rues commerçantes, là où les chiliens circulent sans regarder, là où les touristes s'arrêtent pour prendre une photo. Nous n'étions ni l'un ni l'autre ce jour là, probablement à la recherche du bus 407 qui passait par le rue Huerfan en faisant une boucle par le pont derrière le quartier Bellavista après avoir croisé l'avenue Truc-machin-chose. On avait déjà remarqué ces attroupements de gens, en grand cercle, sans jamais parvenir à voir ce qu'il y avait à l'intérieur. Un cracheur de feu sans doutes. Ou un jongleur. Mais cette fois-ci, on s'est arrêtées, pour savoir. Le ciel devait être un peu plus découvert qu'à l'habituel, et notre curiosité aussi, du coup. On s'est frayé un chemin entre les gens. On est entrées dans la ronde. Et c'est comme ça qu'on a rencontré Loco Freddy.
Il n'est pas très grand, la 40aine, cheveux longs, jean large, et il aboie tout un tas de mots qu'on ne comprend pas (je rappelle ici la rapidité de l'accent chilien, ajouté aux expressions populaires incompréhensibles pour 2 gringos comme nous). Les gens rient à peu près toutes les 2 minutes. Nous, on les regarde rire, sans comprendre. Loco Freddy nous remarque, surtout Nasta avec sa funky Jacket. Il nous alpague directement, amusé par nos expressions de hihi-je-comprends-pas-c'qu'il-dit. Il claironne : "De donde vienen, Chiquillas ?" Avant même qu'on ait ouvert la bouche, il nous fait signe de nous taire. Il va trouver. Il cherche et lance, à l'aveuglette, "Estados Unidos?" Nous : "No". "Equador ?" "No" "Argentina?" "No" "Brasil?" "No" "Uruguay, Paraguay?" "No""Pero de donde vienen ?" "Francia". Lui : "AAAAAh, Franciaaaa !" (réaction typique). Il nous pose LA question chilienne incontournable : "Que le parece al Chile?" Nous :"Liiindo" (chouette, joli) N'oublions pas qu'on a 150 paires d'yeux chiliennes rivées sur nous. Il nous demande d'être un peu plus convaincantes, et de hurler :"Aaaah, me gusta el Chile !" Nasta s'exécute, du mieux qu'elle peut, au milieu de la ronde. Le public éclate de rire, ça marche à fond. Même nous, on finit par se préter au jeu, il se moque de tout le monde, raille la démarche claudiquante de le marchande ambulante (qui en profite pour vendre ses barres chocolatées) en se disant que ça pourrait marcher pour lui. Il l'imite et fait le tour du public en agitant ses DVD devant le nez des gens. Plusieurs billets sortent de la foule. Ça fonctionne. On en achète un, intriguées. Ça nous fera des images en plus pour le documentaire. Coup de chance, sur la pochette, on trouve son numéro de téléphone. On ne peut pas passer à côté de ce gars-là. On l'appelle dans la soirée. Il se souvient de nous, et semble touché qu'on s'intéresse à son art dans le cadre d'un reportage sur le théâtre. Il accepte le RV, du moins parvient-on à attrapper quelques mots qui nous le laissent entendre (c'est pire au téléphone) et nous propose de venir le filmer lors de son prochain spectacle.
Ce que nous ferons le sur-lendemain, avec en prime la participation officielle de Nasta dans son show. Cf photos. Mémorable. Et son interview, ici.
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Publié à 07:32, le 25/08/2008 dans Chili, Mots clefs : |
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C'est grâce à notre CouchHost Claudio que nous avons eu ce rendez-vous, et la permission d'aller filmer une pièce pour enfant : "El gato bakano" ("Le chat extra", pas facile de traduire "bakano", c'est un mot chilien (!) qui signifie "trop d'la balle" en langage d'jeuns !).
Armées de notre plan super détaillé de Santiago, et croyant qu'on allait trouver un bus direct qui nous mènerait au Teatro Mori, on part en compagnie de Didine. Bien sûr, on ne trouve pas tout de suite le bus direct en question (on met au défi quiconque veut s'aventurer dans les transports en commun de Santiago de trouver le bus 409 dans la rue Teatinos !), et après une bonne marche rapide (c'est bon pour la santé, paraît-il), on finit par trouver le bus et on arrive pile à l'heure pour le début de la pièce.
Un théâtre dans un centre commercial... pourquoi pas, après tout... on aime pas trop le concept, mais enfin, un théâtre, c'est un théâtre, et si les gens veulent s'asseoir dans une salle entre deux achats, nous on ne dit pas non !
La pièce commence, les gens continuent d'entrer comme si c'était libre passage, et nous on a des problèmes de caméra : impossible de faire un gros plan qui ne soit pas flou ! On se demande sur quel bouton magique on va devoir appuyer pour que notre caméra arrête ses caprices. Ouf, Caro et ses doigts de fées aux ongles longs finit par le trouver, le bouton magique, on peut donc se concentrer sur la pièce : on sent que c'est du théâtre commercial (ça tombe bien puisqu'on est dans un centre commercial !), mais les enfants ont l'air de s'éclater et puis il faut dire que ça swing : du reggaeton à fond dans les enceintes, des costumes hauts en couleurs et quelques petites chorégraphies. "Le Chat Botté" version ultra moderne !
Une heure plus tard, la pièce s'achève, et nous on attend sagement Serge Santana, l'un des comédiens que l'on doit interviewer. Il arrive, le visage encore blanc de maquillage, et nous fait descendre dans les loges. L'interview se fera très vite (lui en train de se démaquiller, nous on teste notre nouvel achat pratique : le dictaphone), mais Serge est ravi de nous rencontrer, et nous répond avec plaisir.
Encore une fois, on oublie de prendre la photo (mais où avons-nous donc laissé nos têtes ?)...
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Publié à 07:16, le 23/08/2008 dans Chili, Mots clefs : |
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A peine remises de notre aller-retour à Valparaíso pour l'interview, on reprend notre casquette de reporter derrière notre fidèle caméra et le non-moins fidèle micro, rechargé de piles toutes neuves.
Attention, on ne rencontre pas n'importe qui : on a dû contacter la secrétaire personnelle de Ramón Griffero pour fixer le rendez-vous (seul Hugo Pozo à La Paz nous avait fait le coup de la secrétaire !). Après étude attentive du plan de Santiago et de ses transports (Marcher jusqu'au métro parce qu'on a plus de sous sur la carte de transports et que celle-ci ne se recharge pas dans le bus : 35mn. Prendre le métro, faire un changement : 15mn. Trouver la rue et le bon numéro : 10mn), on part à l'assaut de la ville monstrueuse. Comme à notre habitude, on a 25 bonnes minutes d'avance, c'est parfait pour prendre le troisième café de la journée sur une petite terrasse ensoleillée.
A 13h30 pétantes, on est au département théâtre de l'Université Arcis (Faculté d'Arts et de Sciences sociales de Santiago) dont Ramón Griffero est le directeur.
Une petite voix aigüe nous dit "Bonjuuuuur" (en français dans le texte). Interloquées, on se demande si cet énergumène est bien Monsieur Griffero himself ou un employé de l'université. Non, non, c'est bien lui, il nous accueille dans son bureau, nous met directement très à l'aise, fait le clown derrière sa plante verte, nous montre fièrement les éditions de ses oeuvres (certaines d'entre elles ont même été traduites en français et publiées aux éditions Les Solitaires Intempestifs). Ramón Griffero n'est pas comédien, mais metteur-en-scène, dramaturge et directeur d'école de théâtre.
L'interview commence, Ramón Griffero a un rire extraordinaire et les yeux pétillants, ses réponses son passionantes. L'interview se finit, mais la discussion, elle se poursuit et on laisse tourner la caméra. Il a fait du théâtre sous la dictature militaire, s'est exilé en Europe, et s'insurge aujourd'hui contre ce qu'il appelle "la dictature des médias", où rien n'a d'existence s'il n'est pas diffusé. Pour lui, la dictature des médias a surpassé la liberté d'expression : chacun peut penser ce qu'il veut chez lui, mais tout ne peut pas se dire à plus grande échelle. Or, qui contrôle la diffusion ? le pouvoir! Et Ramón Griffero part dans de grands éclats de rire.
Pour lui, les notions d'engagement (politique) de l'artiste, de gauche et de droite sont périmées ("Mitterand ne faisait pas du socialisme!" nous dit-il dans un français parfaitement maîtrisé). Le théâtre ne peut pas être populaire au même titre que la télévision et le cinéma, c'est un leurre que de le croire, non, pour lui le théâtre "populaire" c'est une oeuvre qui s'inscrit à long terme dans l'identité d'un pays. Il regrette que le théâtre soit devenu un business, aux mains des grands producteurs, et que le public soit devenu un grand consommateur de culture. Son engagement, aujourd'hui, est celui-là : résister face à la globalisation de la culture et des esprits ("on peut globaliser les vêtements, je m'en fous ! mais pas les esprits !").
Il finit en nous disant que "l'art aussi ça paie, ça met plus de temps certes, mais ça paie mieux !"
C'est sûr, Ramón Griffero nous aura fait considérer les choses sous un autre angle, et revoir nos définitions...
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Publié à 10:18, le 21/08/2008 dans Chili, Mots clefs : |
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Parce qu'on ne rencontre pas que des dinosaures du théâtre et parce que notre propos est de présenter la diversité théâtrale du continent, nous voilà parties à la rencontre de Felipe Pires, jeune metteur en scène de la compagnie Demi Plié , et Cristian Rojas, son comédien principal, au fin fond du quartier chic de Santiago (Providencia).
L'entrevue se déroule tranquillement dans l'appartement de Felipe, autour d'un petit thé. Felipe a beaucoup à dire sur le théâtre, sur sa condition en tant que jeune comédien. Nous échangeons beaucoup sur les différences (et les ressemblances) entre les 2 continents. C'est finalement difficile de vivre du métier d'acteur d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique.
Le temps passe. On attend Cristian, l'acteur. "Il devrait arriver", nous précise Felipe. Mais dehors le soleil décline, bientôt la lumière ne sera plus aussi bonne, et on connaît les comédiens. Et leur ponctualité. Autant commencer l'interview. Didine enregistre sa demi-heure habituelle de propos théatraux, puis va se coucher dans le housse.
Felipe, quoique jeune, nous paraît déjà ultra engagé dans son choix de vie. Voir la fiche comédien ici . Il ne fait pas partie de "l'élite théâtrale" de Santiago, il en a conscience. La jeune génération doit se faire une place qui lui est propre, se défaire d'un passé artistique chargé (lié à la dictature) pour renouveler les sujets.
Le comédien arrive finalement avec 1 heure de retard, on a bouclé l'entrevue, rangé la caméra ... il jette un coup d'oeil anxieux vers la housse, sans comprendre ... "c'est déjà terminé?" Et oui Cristian, l'heure c'est l'heure, surtout pour les 2 francesitas. Conciliantes, nous ressortons Didine quelques minutes pour donner le change, faire quelques gros plans ... ce sera parfait ;-)
Pour ceux qui nous reprochent de ne plus mettre de photos (Emilie G. tu n'es pas visée), nouvel album (encore incomplet) : Valparaíso - Santiago. Là encore, les images sont dans le désordre. On est d'abord allées à Valpo, puis à Santiago.
Bises à tous ! Et merci encore de nous suivre ...
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Publié à 07:24, le 21/08/2008 dans Chili, Mots clefs : |
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Après 2 RV manqués le jeudi (40 minutes d'attente chacun, dans le couloir d'une école d'art dramatique pour l'un, sous une statue pour l'autre), les 2 chercheuses-de-théâtre-là-où-il-n'y-en-a-pas-forcément réussissent finalement à rencontrer "pour de vrai" -et pas uniquement par téléphone- le directeur de la section théâtre de l'Université de Playa Ancha. Giulio Ferretto. Un vrai chilien, avec un vrai accent. Celui qu'on nous a décrit si souvent en Bolivie. Celui qui rebondit toutes les 2 syllabes comme une sauterelle en retard. Celui qui oublie l'existence des "S" et parfois même des "R". Celui où on tend l'oreille très régulièrement comme des touristes fraîchement débarquées. Giulio Ferretto, la 40aine, est petit, fluet, énergique, et habillé comme un jeun's. On découvrira également qu'il est très bavard.
Il nous rejoint au Café del Poeta, à l'heure, nous offre gentiment nos leche con platano, et nous emmène à l'Université de la Playa Ancha, là haut sur la colline, de l'autre côté de Valparaiso. On découvre un autre barrio (quartier) de la ville, qui surplombe la mer. Le ciel s'est découvert depuis la veille (les rues sont sèches ... ahurissant), le soleil chauffe un peu malgré le vent, c'est parfait pour effectuer quelques prises de vue. Giulio, depuis le volant de sa petite voiture, nous présente sa ville, ravi. Les noms des rues fusent, on ne retiendra pas tout, c'est sûr. Il ne colle pas vraiment avec l'idée qu'on se fait d'un directeur d'école de théâtre. Mais il semble exalté par l'idée d'échanger avec nous, d'établir un contact avec la France, qu'il connaît grâce au festival de Montpellier. Il a adoré les français (tiens, cela nous change ... ). Arrivés à l'université, on se met un quête de l'endroit adéquat pour l'interview. Pas facile. Ici, il y a trop de soleil, là le mur derrière est moche, ici il ne peut pas s'assoir ... on va trouver. On opte finalement pour un rebord de fenêtre avec en fond les petites maisons de Valparaiso. Giulio a déjà eu le temps de nous parler du théâtre de Valparaiso en long en large et en travers. Lorsqu'on allume Didine, on découvre un personnage beaucoup plus réservé (timidité face à l'objectif ?) qui se cantonne à répondre strictement aux questions, sans déborder le moins du monde. Cela nous facilite la tâche (prise de notes) Son propos est clair, concis, il connaît son sujet. Encore une fois, on perçoit une envie profonde d'élargir son travail à quelque chose de plus international. L'Europe revient souvent. Voici la fiche artiste.
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Publié à 05:50, le 17/08/2008 dans Chili, Valparaiso Mots clefs : |
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L'office du toursime de Valparaíso : on y trouve le plan de la ville, l'adresse de l'Alliance française, et un papa bienveillant et fière de son fils qui justement est... comédien ! Après nous avoir demandé d'où on venait ("Ah, la France... j'adore la France!") et ce qu'on faisait là, il nous dit, l'oeil malicieux : "appelez mon fils, il est comédien, il est beau, et il vous invitera à manger". Nous, avec notre bonne vieille habitude de se méfier de tout et de tout le monde (surtout d'un Chilien charmeur, ce qui est un pléonasme...!), on prend son numéro et on se dirige vers l'Alliance française, toujours une bonne source de contacts quand on arrive dans un endroit inconnu. Mais visiblement, pas à Valparaíso : personne à l'Alliance, ni le matin, ni l'après-midi. On décide donc d'appeler Alejandro Labarrera, le fils en question.
Bon, on ne vous cache pas que le chilien, c'est vraiment dur à comprendre, même à quatre oreilles pleines de bonnes volonté (on s'essaie même à lire sur les lèvres, en vain). Alors au téléphone, c'est vraiment un challenge. Mais on arrive finalement à se faire comprendre et à fixer un rdv pour le lendemain, à Viña del Mar, station balnéaire à dix minutes de Valparaíso.
Mercredi 13 août, plaza de Viña. Alejandro arrive, au bras de sa copine, elle aussi comédienne au sein de la compagnie. On lui explique direct qu'il va falloir qu'il parle "MUUUUUUY DESPACITO (lentement)", ce qu'il oublie vite de faire ! Aujourd'hui, ils vont répéter sur la plage, et on est invitées à suivre la répétition.
Au sein de la compagnie, ils sont dix comédiens, fraîchement sortis de l'école, qui montent des comédies musicales. Ils répètent dans les lieux publics pour que les gens puissent voir le théâtre "en travail" et pour que ça leur donne envie de voir le résultat final. Ils nous ont présenté un petit extrait de leur prochain spectacle "La pergola y las flores", avec une énergie dingue, on avait envie de danser et de chanter avec eux !
Auparavant, nous avons interviewé Alejandro et Patricio, vous pouvez lire la fiche comédien ici.
Leur pièce se jouera en septembre, nous n'aurons donc pas l'opportunité de les voir sur scène, ce qui est bien dommage ! Mais ils nous ont impressionnées par leur enthousiasme et leur vitalité, ils ont la "gnak" comme on dit à Paris, et pour une première rencontre chilienne, on est ravies.
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Publié à 05:36, le 15/08/2008 dans Chili, Viña del Mar Mots clefs : |
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Arica faisait grise mine. Pas de soleil, pas de charmes balnéaires, et sûrement pas de théâtre. Arrivées Samedi dans l'après-midi, ni une ni deux, à peine défaits nos sacs qu'on repartait le lendemain Dimanche à 11h30. Ce ne fut pas sans mal évidemment. Dans la matinée du dimanche, rongées par l'hésitation : où va-t-on ? Iquique ? La Serena ? Antofagasta ? (je précise que nous n'avons au Chili en tout et pour tout que 2 contacts théâtraux à Santiago ...) on décide d'aller faire un tour au Terminal de bus, pour se faire une idée concrète des diverses possibilités. C'est certainement pas sur notre vieux Routard de 2002-2003 qu'on pouvait compter. Cela dit, on penchait déjà très nettement pour l'option Valparaiso (Nasta a les yeux qui brillent rien qu'à l'évocation de cette ville ... elle est ouvertement amoureuse de Neruda, ne l'oublions pas) A la gare, le guichetier Pullman nous annonce qu'il n'y a qu'1 seul bus par jour pour Valpo (c'est nettement moins chic, non ?), et qu'il est dans moins d'1 heure. On se regarde. Evidemment on n'a pas embarqué nos mastodontes avec nous. Ils sont restés bien sagement à l'hôtel. Mais on peut le faire. On se précipite sur un chauffeur de taxi qui attend là que le ciel lui tombe sur la tête, on fait un aller retour en trombe Terminal-hôtel, Hôtel-Terminal (15 minutes montre en main) et on arrive avec 40 minutes d'avance, fières comme des guerrières. Y a plus qu'à poireauter maintenant. On prend le temps d'aller poser nos sempiternelles questions : "hay una pelicula ?" Reponse : "Si, por supuesto" (bien sûr) "hay baño ?" Reponse "Si, claro" "hay comida?" (manger) Et c'est là que la réponse aurait dû nous mettre la puce à l'oreille : "Si, colaciones" et il nous montre la taille en faisant un petit rond avec sa main. On reste dubitatives, mais il a tout de même répondu oui. Ca doit vouloir dire "petit repas chaud". Sur 27 heures de bus, tout de même. On embarque dans le bus (tout confort, coussins, couvertures, ça change des cars boliviens ... pompompom ...), on retrouve Lisa, une française rencontrée lors du trajet pour Arica -qui, comme nous, a pris ses cliques et ses claques dès le lendemain- et c'est parti pour 31h de voyage. Ah oui, le guichetier a oublié 4 petites heures. Et pas des moindres. Surtout lorsqu'elles sont entrecoupées des fameuses collations (petits biscuits apéro, cakes en plastique et bonbon Pullman) qui ne nourrissent pas un homme, et encore moins 2 femmes comme la Nast' et la Carotte.
Fouille des sacs au Chili. Heureusement Nasta avait déjà mâché toutes les feuilles de coca.
Le jeune "hôte" du bus, celui qui nous sert les collations précisément, 19 ans, mais pas la langue (ni les yeux) dans sa poche.
Bref, trajet plutôt laborieux tout le long de la côte chilienne, temps de bord de mer hivernal, c'est à dire gris et humide, mais où donc est parti le soleil ? Arrivée le lendemain, lundi 11, vers 18h, après de multiples arrêts dans toutes les villes -ce qui nous permet d'avoir un aperçu de La Serena, d'Iquique, de Viña del Mar ... la nuit est tombée, on ne distingue de Valparaiso qu'une languette lumineuse au bord de l'océan, là encore la ville s'étale en cuvette autour du port ... il y a de la magie ... à peine récupérés nos mastodontes hors de la soute, un chilien nous alpague et nous propose une chambre à 5000 pesos juste en face (il nous montre du doigt). Je décline son offre, "demasiodo caro" (trop cher), il baisse à 3500, je tends l'oreille, ça devient interessant. Qui plus est, pas vraiment la motivation pour chercher le bon endroitas loin pas cher, de nuit, avec les sacs, après 31h de bus. On accepte. Il s'agit en fait d'une sorte de "pension familiale" dont ils louent 2 ou 3 chambres à petit prix. Cela se fait beaucoup à Valpo semble-t-il. (Le soucis et nous le découvrirons bien vite, c'est il n'y a pas toujours quelqu'un pour ouvrir la porte. On peut facilement attendre bêtement 20 minutes en bas (après avoir sonner 40 fois, de rage, de toutes les manières possibles et imaginables -petits à-coups, longs à-coups, en laissant appuyé, puis en tambourinant sur la porte-) avant de voir arriver tranquillement une des habitantes, étonnée de nous trouver là (fulminantes), visage "ben qu'est-ce qui se passe ?", comme si de rien était. Nous, les 2 françaises toujours à l'heure, super énervées. On lui dit qu'on a failli chercher une échelle pour escalader jusqu'à notre fenêtre. Elle nous regarde comme si on était folles. Ce qui, après coup, ne me paraît pas si incroyable. Seulement ce jour-là, précisément, on avait un RV théâtre à Viña del Mar (juste à côté) et il nous fallait récupérer Didine avant de repartir. RV pour lequel on aura finalement 30 minutes d'avance ... bref, ici se ferme la parenthèse). Le lendemain, en soulevant le rideau, nous découvrons un ciel bleu azur. Nos p'tits coeurs font des bonds dans nos poitrines. On croise Lisa qui a déjà fait un tour dans le ville et qui nous dit que c'est magnifique, qu'il faut aller se balader. Ce que nous faisons illico. Valparaiso ... sous le soleil ... que dire. Toutes ces petites maisons cubiques colorées qui s'accrochent au collines, ce long port qui s'étire en arc de cercle, ces ruelles dans tous les sens où courent les bus, les colectivos, les taxis, et l'odeur de l'océan qui s'infiltre partout. On tombe sous le charme. Après Arica, Valpo nous transcende. Et ce temps, quel temps ! Profitez-en les filles, ça durera 1 jour.
Le lendemain, ciel couvert-vent frais, hier jeudi idem, et aujourd'hui ô joie, pluie et froid. A croire qu'on avait oublié à quoi ressemblait une goutte d'eau. Ruelles glissantes, ciel sombre, vent glacé. Ce matin en regardant par la fenêtre, on s'est demandé s'il ne fallait pas sortir le bateau gonflable pour descendre vers le centre (on loge à présent en haut d'une colline, chez Hannah, une jeune américaine qui vit au Chili depuis 5 mois, trouvée sur CouchSurfing).
Ici notre rue pour descendre vers le centre. Il ne pleuvait pas encore ...
Heureusement les murs peints de Valpo redonnent quelque peu le sourire à la ville quand il fait gris.
Les ruelles descendantes (ou montantes, c'est selon) de Valpo ...
Les petites maisons "boîtes d'allumette" sur les collines ...
En flagant délit ...
Tout devient support pour peindre.
A droite, la maison de Pablo Neruda.
Voilà quelques images pour illustrer l'article, et avant d'en ajouter réellement dans l'album ...
Hasta muy pronto !
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Publié à 04:02, le 15/08/2008 dans Chili, Valparaiso Mots clefs : |
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Face à l'impossibilité de partir pour l'Argentine depuis la Bolivie, on a décidé de changer nos plans, tout simplement, et de poursuivre le voyage par le Chili. Nous voilà donc dans un cyber à Arica, nord du Chili, completement à l'ouest (même si c'est au nord), incapable de réaliser qu'une page se tourne et que le 1er pays est derrière nous. Pas évident. On est encore toute anesthésiées par les heures de bus, le passage laborieux à la frontière, la fatigue générale accumulée depuis des semaines. On a dormi comme des marmottes durant tout le trajet, ipod fourré dans les oreilles, silencieuses. Et lorsqu'on ouvrait un oeil, c'était pour découvrir un paysage ahurissant qui défilait derrière la vitre. Montagnes eneigées, lagunes étincelantes ... légère frustration d'avoir rater tout ça à cause de la fatigue. Mais quans le sommeil vous prend ...
Arrivées au terminal de bus, 1er constat : l'accent chilien est bien le plus incompréhensible de toute l'Amérique Latine. Et on pèse nos mots. Ils parlent à toute allure, n'articulent pas, et oublient de prononcer certaines lettres qu'on trouve pourtant utile pour se faire comprendre. Le "s" par exemple. Ca peut aider. Bref, on ne va pas leur donner un cours de diction, on n'est plus au cours Florent. On va s'adapter, un point c'est tout.
C'est reparti !! Et avec le sourire ... on vous tient au courant, dès demain on se renseigne pour le théâtre. Qui sait, on va peut être trouver des perles à Arica ?
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Publié à 11:30, le 9/08/2008 dans Chili, Arica Mots clefs : |
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