Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique du Sud


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Un théatre qui puise dans ses racines et change le Pérou, c'est Yuyachkani, incontournable.

Lima, toujours ... plus petite que Paris, mais tellement étalée.
Heureusement le groupe Yuyachkani n'est pas trop excentré, et on l'en remercie. Merci Yuyachkani. Et leur lieu de travail et de vie est, une fois encore, la maison de nos rêves. Du moins des miens. 
 
Il faut croire que tous ces groupes de théâtre latino-américains se sont passé le mot : pour faire du bon théâtre, il faut un bon endroit. En plein centre. Avec petite cour intérieur foisonnante de verdure, des couleurs partout, éclatantes, des bancs de bois qui invitent à s'assoir, et une grande maison au sol carrelé. Avec un chien en prime.
Ça n'a pas été chose facile d'obtenir un RV avec un membre du groupe. Il y a des ces groupes qui se font désirer, Yuyach' (pour les intimes) en fait partie. Sans doutes parce que c'est de près ou de loin l'équivalent du Teatro de los Andes en Bolivie. Ou de la Candelaria en Colombie. Entre coups de fil, et mails à répétition, il aura fallut s'y reprendre à 5 fois pour fixer un jour, une heure, et un nom. Et oui. Qui de ce groupe mythique péruvien accepterait de venir parler devant une mini caméra, un mini micro, et des mini-françaises (surtout moi) ? Anna Correa.
Ce matin-là on arrive avec notre bon vieux quart d'heure d'avance. Même quand on essaie de se fraîner en chemin en se disant qu'on a le temps, on arrive avec au moins 5 minutes d'avance. C'est comme ça, pourquoi lutter ? La porte s'ouvre donc sur le jardinier (si si vous m'avez bien lu). Sorte de majordome improvisé, qui nous confirme qu'Anna n'est pas encore arrivée. Il est en train d'arroser si mes souvenirs sont bons. Et il n'a pas très envie de s'apesantir sur le sujet. Après nous avoir vaguement montré le banc du doigt, le bonhomme retourne aussitôt vaquer à ses occupations.
Pas vraiment résignées à s'assoir sans bouger sur nos petits bancs de bois comme 2 françaises bien éduquées -tu parles- on sort Didine et on filme la multitude d'articles de journaux encadrés dans l'entrée. C'est quand même dix fois plus intéressant.
 
Surtout que Yuyachkani en a accumulé, des couvertures de journaux ... depuis 37 ans. C'est un peu le dinosaure théâtral du Pérou. Le groupe que l'on vénère ou que l'on critique, c'est selon. Parce que trop engagé, parce qu'indétrônable, parce que trop vieux ... il y a toujours à dire lorsque que quelque chose marche, fait ses preuves, c'est comme ça. Ce que l'on constate, nous, c'est qu'Anna Correa n'est pas à l'heure ;-)
Elle arrive enfin, presqu' essouflée, des documents sous le bras, apparemment overbookée, mais souriante. Je fais une légère fixation sur ses longs cheveux noirs d'indienne, raides, soyeux. Sa peau sombre pleine se soleil. Son sourire franc. Et ses lunettes fashion en désaccord avec tout le reste.
Elle nous claque la bise et commence à parler, avant même que l'on ait eu le temps d'enclencher la caméra. "Alors ici, l'entrée avec les articles sur les murs car ce que nous faisons au sein de Yuyachkani (qui est un terme quechua qui veut dire "je pense"), c'est ..., ce que l'on prône au sein de Yuyachkani, c'est ..., ici l'atelier où nous créons nos masques, car le groupe Yuyachkani puise dans les traditions ancestrales péruviennes, en essayant de ... ici la cuisine, c'est important un lieu pour le public lorsqu'il vient voir nos spectacles, ici le patio, les toilettes un peu plus loin, ici notre salle de spectacle, on peut bouger les estrades en fonction de la pièce, notre groupe Yuyachkani ne veut pas d'un public consommateur, mais d'un public actif, qui participe, et en ce moment on travaille sur ... ". Wahou. Heureusement Nasta-Super-Reporter a eu le temps de dégainer Didine. Qui enregistre tout cela comme une élève appliquée.
En effet, ce groupe était incontournable au Pérou. Leur travail -artistique aussi bien que social- est remarquable. Cette Anna Correa (lire sa fiche ici), par exemple, se déplace dans les campagnes ou villages alentours avec tout son accoutrement théâtral, et joue au milieu des marchés, des fêtes populaires, seule sur son estrade. Et à voir les regards dans le public, elle fascine (on aura seulement l'occasion de voir son spectacle en photos). Voilà ce qu'ils essaient de faire au sein de Yuyach' : amener le théâtre, l'art et la culture à ceux qui n'y ont pas accès.
 
Tout le groupe opère dans ce sens. Sans relâche, depuis 37 ans. Leur engagement politique est plus qu'affiché (anti-impérialistes, anti-capitalistes, bref, anti.) et c'est pour porter leurs traditions et leur culture quechua qu'ils travaillent sans relâche pour devenir pluri-disciplinaires. Anna nous raconte qu'elle ne connaissait pas un mot de quechua à ses débuts, ni un pas de danse péruvienne. Il a fallut s'y mettre, en plus de savoir fabriquer des masques ... c'est un travail à temps plein. Le projet d'une vie. Là encore : changer la société, faire évoluer les mentalités, aider les gens dans le besoin. A travers le théâtre.
J'ai l'impression de me répéter depuis quelques fiches, mais c'est pourtant là que tout réside : le théâtre latino-américain est hyper actif, hyper engagé, hyper social. J'en rougis de honte quand je pense à ce qui se fait (ou ne se fait pas) en France. On ne joue pas sur le même tableau, c'est tout.
Je tire mon chapeau à tout cela. Et a Yuyachkani, et à Anna pour son implication totale, sincère, honnête et qui, au passage, nous aura donné les contacts de Malayerba en Equateur et de la Candelaria en Colombie ... à venir prochainement.


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Publié à 09:11, le 28/01/2009 dans Pérou, Lima
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Du théâtre de centre commercial (encore), mais en mieux.

On en avait déjà vu à Santiago du Chili, et on était restées quelque peu... accablées. Du théâtre dans un centre commercial, entre le Mc Do, le magasin d'artisanat et le multimédia. "La culture est un produit de consommation comme les autres", que diable ! Aaaaaargh, ça nous donne des boutons rien que de l'écrire.
Mais bon, c'est l'une des seules pièces qui se joue à Lima en ce moment (je précise qu'au mois de janvier, c'est les grandes vacances ici, donc l'entre-deux saisons, donc le désert théâtral...), et nous avons un contact, deux invitations, l'autorisation de filmer la pièce, d'interviewer la metteur-en-scène, bref, on va pas faire les fines bouches !

(voici le fameux Larcomar, by night, sur votre droite, une falaise qui donne sur la mer, sur votre gauche, les grands hôtels bling-bling: Mariott, Majestic et autres...)

El beso de la mujer araña (Le baiser de la femme-araignée), c'est le titre de la pièce écrite par Manuel Puig, un argentin, qui se joue donc au Larcomar (non, ce n'est pas un nom d'aspirine), le centre commercial construit en face de la mer, à Miraflores, vous l'aurez deviné. Aïe, ça dure 2h, ça a intérêt d'être bien. Pas toujours super ouvertes et fraîches les francesitas, on avoue y être allées un peu à contre-coeur, redoutant la pièce ULTRA-commerciale et ULTRA-ennuyante.
Et bien, non.


Décidemment, Lima est là pour nous faire changer d'avis sur tout !


Evidemment, il ne s'agit pas de LA pièce de théâtre de l'année, mais il y a une vraie proposition artistique, et les personnages ont beau être caricaturaux, il se raconte quelque chose, une vraie relation se tisse peu à peu entre les deux personnages principaux (un guérillero militant et un homosexuel, forcés de partager l'espace restreint d'une prison de Buenos Aires).
L'homosexualité reste l'un des tabous les plus forts de ce côté-ci de l'hémisphère, et montrer sur la scène deux hommes qui se mettent peu à peu à s'aimer, voilà un défi de taille pour Chela de Ferrari, la metteur-en-scène.
Pour nous qui sommes (presque) habituées à voir des gens nus sur scène, des histoires d'amour entre personnes du même sexe - enfin, quoique, pas encore totalement - on imagine mal qu'un baiser entre deux hommes puisse réellement choquer. C'est pourtant la réalité et la pièce a mis du temps à se trouver un public un peu plus "ouvert d'esprit".



Elle est d'une douceur incroyable, Chela, prend le temps de répondre à nos questions, assise sur un des lits du décor de la prison. On l'écoute attentivement. Elle voit dans cette pièce une occasion de parler de l'actualité, et se demande ce que ça aurait donné si, à la place d'un guérillero et d'un homosexuel, on avait mis là un Israëlien et un Palestinien ? Lire sa fiche par .

Nous, on ressort de la clim' frigorifiante du théâtre pour aller sous la moiteur écrasante de la ville. Le Larcomar de nous a pas encore avalées, il est temps de foncer !

 



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Publié à 09:15, le 24/01/2009 dans Pérou, Lima
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Incroyable Edgard Guillen ou je joue seul dans mon salon et j'aime mieux ça, Lima

Comment débuter cet article ?
Edgard Guillen n'a vraiment rien d'ordinaire, alors essayer d'être à la hauteur du personnage relève du défi. Physiquement rien de particulier, on aurait aussi bien pu le croiser dans la rue sans faire attention (petit homme mince, légèrement voûté) mais dès lors qu'il ouvre la bouche, il y a cet univers qui se crée tout autour de lui ... relatif à ses souvenirs, à sa passion, à son charisme, à sa démesure, et à sa folie (il est taré disons-le franchement, mais le revendique lui-même avec beaucoup de fierté) ... il se traite de "loquito" (petit fou) à tour de bras, devant nos visages amusés.
La rencontre guillenoise, cette fois, ne découle pas comme souvent d'une mise en contact allianço-française ou autre centre culturel du genre, mais simplement du site www.theatrotour.com, qui serait pour ainsi dire le "cousin amélioré" du notre ... (allez voir, c'est très pro, ça vaut le détour). On l'avait parcouru à plusieurs reprises avant de décoller pour le continent latin, histoire d'avoir une idée de ce que l'on pouvait rencontrer en matière de théâtre, et on était tombé sur le site de ce comédien péruvien qui joue chez lui. "Edgard Guillen en casa". Excusez du peu ... "A voir absolument" avait-on pensé.  On se souvenait qu'il exerçait au Pérou, à Lima justement. Mais d' Edgard Guillen nous n'avions que le nom. Sur le site, un numéro de fixe certes, mais depuis plusieurs tentavives d'appel parfaitement vaines sur ce genre de numéro, on n'osait même pas essayer. "On retente quand-même ?" Allez. Coup de chance Edgard répond en casa, et accepte l'interview.
Il l'accepte, mais oublie le RV bien sûr (je me demande toujours s'ils oubliraient si facilement s'il s'agissait de la télévision francaise ... mmmh). On poireaute quelques minutes devant la porte de sa maison, p'tites photos, p'tites blagues, p'tites questions viendra-viendra-pas, jusqu'à ce qu'un monsieur arrive juste en face, de l'autre coté de la route, chargé d'un sac de courses. "Tu crois que c'est lui ?" "Non, regarde, ça lui ressemble pas ..." Le bonhomme nous remarque sans vraiment nous voir et se dirige tranquillement vers l'entrée de son empire, clé en main. Nasta s'avance, le salue vaguement pour signaler notre existence, tout de même. Son regard tout à coup s'allume. C'est qui, celles-la ? C'est nous pardi. :-) Il avoue avoir complètement oublié (ce qui ne nous surprend que moyennement), on grimace à peine, et on propose poliment de revenir un autre jour en espérant intérieurement pouvoir boucler ça le jour même. Ouf, il accepte, malgré le côté improvisé de la chose et nous fait entrer dans son château. Je dis "château" car c'est le petit nom qu'il a donné a sa maison :"mi castillo" ... visiblement il s'y sent très bien, les murs aussi puisqu'ils sont couverts de cadres de lui. Ici dans Faust, ici dans Richard III, ici dans Sarah Bernard, et là le nez en l'air et le regard lointain posant pour le photographe ... des masques, aussi, un peu partout.
 
On ne sait où donner de la tête. Les toilettes a l'étage sont elles aussi exceptionnelles (je ne peux pas les décrire). Le canapé confortable. Il s'y enfonce pour répondre a nos questions, après avoir pris soin de recoiffer sa mèche rebelle pour la caméra.
L'Edgard en casa (chez lui) n'est pas le même individu que celui nous avons croisé dans la rue il y a de ça quelques minutes. Dans son palace, il est comme un poisson dans l'eau. Allègre, vif, plaisant, charmeur, drôle ... on est séduites, surtout qu'il nous répète sans arrêt qu'on est jolies (citez-moi une femme qui n'aime pas ça). Il le dit de lui-même aussi, à plusieurs reprises. Qu'il est beau. Sans retenue. Il collectionne d'ailleurs des tonnes de photos de lui dans 2 Atlas épais qu'il a reconverti en album pour l'occasion. Astucieux, non ? Plutôt que de contempler la carte du monde, il se contemple, lui.
L'interview "officielle" démarrera bien après qu'il ait commencé a parler. C'est un grand bavard, vous l'aurez deviné. Nasta fait déjà tourner Didine, et bien l'en a pris car il y a dans son discours de véritables perles. Il est en cours d'écriture, nous confie-t-il. Son livre s'intitulera Memorias de mi memoria, et c'est un prétexte selon lui pour parler de 50 années de théâtre à Lima. Ce serait son "ultimo show", en livre, avec beaucoup de photos, précise-t-il. Et lorsqu'il se met à nous raconter son histoire (on boit toutes ses paroles), on prend conscience de l'expérience immense du personnage.
 
Oui, du théâtre, il en a vu, en a fait, en a parlé et en a abusé. Fatigué par le monde des artistes et par le manque de soutien artistique dans son pays, il a décidé de faire ça chez lui, dans son domaine, en casa. Durant 17 ans, sans s'arréter. 8 ans de Faust, 3 ans 1/2 de Richard III, seul dans son salon, tous les soirs. A interpréter plusieurs personnages, sans faire payer l'entrée. Pour le plaisir de jouer, de partager sa passion, et de donner à chacun l'accès à de grands classiques du répertoire. Et celui de discuter encore 2 heures durant après la pièce avec les curieux. 
"Des interviews comme celle-là, j'en donnais tous les soirs" déclare-t-il dans un sourire magnifique.
Aujourd'hui il prend du repos, car il est un peu fatigué. Il ne joue presque plus, sauf quand on l'invite. Ça lui permet de voyager. D'ailleurs il adooore Paris, et salue la caméra comme un argentin saluerait Maradona s'il le voyait en vidéo-conférence.
Lire son incroyable fiche ici.


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Publié à 10:06, le 23/01/2009 dans Pérou, Lima
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Du rythme !

Obtenir un rendez-vous à Lima n'aura pas toujours été chose facile. Mais bon, n'ayant pas de portable, les centres d'appels (centro de llamadas, ou locutorio, ou cabinas, dépend du pays où l'on se trouve - toujours une occasion d'enrichir son vocabulaire sur ce continent !) font partie de nos destinations quotidiennes, et s'il faut rappeler deux fois par jour, on est opérationnelles !
 
Difficile donc de fixer un rendez-vous avec Gina Beretta du Teatro del Milenio. Mais tout finit par arriver, et, une fois n'est pas coutume, le théâtre est situé dans un quartier "chaud". Entendez par là, bande de mecs qui vous sifflent depuis l'autre bout de la rue (mais ça, on finit par s'y faire... heum, n'est-ce pas Caro ?), quand ils ne se sont pas évaporés dans un nuage de fumée... "tiens, ça sent l'herbe par ici ? non ?". On va pas s'attarder. Ouf, le Teatro del Milenio est là, on est arrivées saines et sauves, sans avoir eu besoin d'user du couteau suisse ;)
 
Nous sommes donc à Chorillos, l'un des quartiers suds de la capitale péruvienne.
Des rythmes africains s'échappent du bâtiment, et deux gamins scotchés à la fenêtre semblent observer avec une grande attention. La troupe est en train de répéter une chorégraphie, et nous aussi on reste scotchées, en attendant Gina. Des rythmes frénétiques, des corps qui se démantèlent, ça transpire, ça bouge, et c'est contagieux !
 

 
Et oui, le Teatro del Milenio a une caractéristique bien particulière, il s'agit de théâtre afro-péruvien. N'oublions pas qu'une certaine frange de la société péruvienne sont descendants d'esclaves africains, débarqués sur le continent par des bateaux espagnols.
 
Gina, la productice du théâtre, mais aussi l'une des anciennes actrices de la troupe, nous explique que leur théâtre, c'est celui du rythme, celui qui provient d'Afrique, celui qui touche le coeur, et non pas le cerveau, celui qui fait de la musique des mots, et du texte une musique.
 

 
Au loin, la musique qui tambourine toujours dans nos oreilles - on bénit notre petit micro bluetooth qui capte les paroles de notre interlocutrice - on se sent comme transportée sur un autre continent.
 
On repart...à dix mètres du théâtre, il y a l'océan et, au loin, les grands immeubles illuminés de Miraflores. On attrape un bus au vol, qui nous secoue jusqu'à nous déposer pas loin de chez nous.
 
 
Au fait : l'interview de Gina Beretta, c'est ici


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Publié à 03:43, le 21/01/2009 dans Pérou, Lima
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Une marche de la victoire dans les quartiers défavorisés de Lima

La Gran Marcha porte bien son nom : pour y accéder il faut une sacré trotte. Au moins 1 heure de taxi. Quand il n'y a pas de bouchons.
Il s'agit pourtant bien de Lima, et non pas d'une bourgade voisine (et dangereuse) ... le décor se plante cette fois dans le quartier lointain de Comas, là ou le touriste lambda ne s'aventure pas, parce que ce n'est pas censé représenter le beau Perou. Si on veut du beau Perou, mieux vaut rester cloitré a Miraflores pas trop loin de la mer dans un backpackers rempli de jeunes voyageurs fêtards et on vous servira toute la sauce : jolies boutiques, jolies filles, palmiers et restau chics.
Comas c'est une autre histoire. Suffit de regarder l'expression des chauffeurs de taxi lorsqu'on leur annonce l'adresse. Certains ne savent même pas ou c'est, d'autres ricannent comme si c'était une blague, et les derniers se sauvent sans répondre. On finit tout de même par tomber sur un conducteur avenant, un monsieur bien quoi, qui prend pitié devant nos mines déconfites. Il nous annonce le prix de la course (30 sols car c'est pas tout près) ... et nous de déglutir péniblement devant le montant. Très bien, allons-y, fonçons, car apparemment ce n'est pas la porte à côté.
On aura tourné pour la trouver La Gran Marcha, c'est rien de le dire ... après une bonne heure de route dans les quartiers populaires de Lima, à remonter une pente pendant 20 minutes, on tombe finalement sur une petite porte colorée, ni plus ni moins, qui indique en lettres peintes à la main : La Gran Marcha. Ouf.
 
Le taxi nous dépose avec mille précautions en nous demandant 3 fois si on ne veut pas qu'il nous attende durant l'interview (combien de temps ça va nous prendre, aucune idée). Le quartier n'est franchement pas sûr. On refuse poliment en acceptant tout de même sa carte (sait-on jamais). Autour de nous, tout plein de petites maisons a flanc de colline (c'est vraiment typique de l'Amérique Latine). En bas, d'interminables routes bruyantes pour y accéder. Avec partout des gens qui crient pour que tu grimpes dans leur bus, donc on s'écorche l'oreille à en comprendre la direction. Sur le bord, des kiosques ambulants avec sandwiches, pneux, féraille ou chewing-gum. Et au dessus de nos têtes le fameux ciel de plomb, blanc, sans nuages, qui t'appuie sur l'arcade sourcillière comme un mauvais génie.
C'est juste à quelques mètres de cette porte colorée qu'habite Jorge Rodriguez, directeur de la Gran Marcha (Nasta a fini par aller demander au bout de 10 minutes, alors que j'attendais encore bêtement qu'ils nous ouvrent, le nez collé à la sonnette). Il nous accueille dans son salon (déco très très chrétienne ...), un visage sympa, pas celui d'un directeur (je sais, c'est nul), un regard malin, avec quand il s'exprime un peu de folie qu'on ne décellerait pas au premier abord. Je crois qu'encore une fois, à sa manière de se repositionner toutes les 3 minutes dans le sofa, il n'est pas très alaise. On est françaises, ça a peut-être un poids insoupçonné ... s'il savait comme ça nous stresse nous-même de faire ces interviews ... comme ils nous impressionnent, tous ces artistes, avec leur engagement à 300%. Bref.
On opte pour une "entrevista" à ciel ouvert, dehors, dans la rue. Avec le bitum en arrière-plan. On se cale sur une marche comme on peut, la lumière est bonne, à part quelques gamins qui chahutent plus loin, ça devrait faire l'affaire.
C'est bien simple, Jorge a fondé cette compagnie dans un but social précis (celui qui guide tous ses faits et gestes semble-t-il) : changer la vie de son quartier. Faire évoluer les mentalités. Il nous explique que Comas habritait des gangs il y a de ça 3 ans, la violence y était palpable, quotidienne, et la communication quasi inexistante. Le fait d'ouvrir un théâtre ici a changé quelques petites choses, dit-il. Ils ont débuté leurs spectacles par le biais de l'Eglise, en donnant la recette aux défavorisés (tout simplement ...), et La Gran Marcha s'est peu à peu développée de cette manière. En jouant dans la rue, en faisant des défilés de marionnettes géantes, en apportant le théâtre aux gens. Ils donnent à présent quelques ateliers pour les jeunes, histoire de pouvoir vivre de tout cela. C'est une compagnie qui compte dans Lima, et cela fait chaud au coeur. Personne ne va jamais les voir (trop loin), mais elle compte. On en entend parler (lire sa fiche ici).
Après l'interview, direction la salle d'entraînement (immense cahute en bambous, tapis de sol, rien de plus). La troupe s'échauffe devant nos yeux, et celui de Didine. Le travail est avant tout corporel, l'un des acteurs entame une chorégraphie ... farfelue (je ne trouve pas d'autre mot) mais parfaitement maitrisée, dont je ne comprends pas bien la signification. Je regarde Nasta. Elle non plus apparemment. Cela dit, lui a l'air de savoir ce qu'il fait. La chaleur est suffoquante, l'artiste en nage. Nous aussi. Nous le remercions infiniment et sortons prendre l'air.
Dans la rue (où il n'y a pas d'air), avant de nous faire grimper dans une voiture-taxi, Jorge nous invite à revenir en Mai pour son festival (qui habrite toutes les compagnies du Pérou, rien que ça). On lui explique que c'est précisément à cette date qu'on repart pour la France (gloups), mais on fixe un RV pour 2010 ;-) Héhé.
Ça c'est fait.


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Publié à 03:15, le 19/01/2009 dans Pérou, Lima
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Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?

Vous n'imaginez pas combien on n'avait pas envie de retourner à Lima.
Lima ça a toujours été pour nous synonyme de ciel gris-blanc, de pollution, de traffic monstre et surtout de début et fin de voyage - c'est là oú on aterri systématiquement, et de là qu'on repart.
Et oui, en somme c'est une boucle qui se boucle et un autre voyage qui commence avec la nouvelle année. 2009, on est prêtes !
Et bien nous avons découvert une autre Lima, une ville où le ciel peut-être bleu, parfois (pas tout le temps, faut pas rêver non plus !), où l'odeur de l'océan et le bruit des vagues peuvent vous faire oublier, l'espace d'un instant, que vous êtes dans une ville tentaculaire, et où l'on mange divinement bien ! (on vous détaillera tout ça le moment venu, mais sachez que Lima mérite bien son titre de capitale culinaire de l'Amérique du Sud).
Mais ne nous égarons point ! Il s'agit de ressortir Didine de sa torpeur, et de repartir à l'assaut des contacts liméniens. Contacts que nous n'avons pas, pour le moment. Deux trois noms, par-ci par-là, mais rien de très concret. Rendez-vous à l'Alliance Française avec le directeur culturel, Pierre Losson, qui nous donne pléthore d'informations et de contacts, on a donc de quoi faire, dès le deuxième jour (en 2009, on ne chôme pas!). Mais Pierre nous prévient : "on ne peut pas dire que la vie culturelle soit bouillonante à Lima". Bon, nous on se dit qu'après le désert culturel d'Arequipa et de Cusco, on peut que être agréablement surprises.
Notre premier rendez-vous a lieu à Miraflorès, quartier touristico-chic du centre-ville, LE quartier que squattent les touristes et les plagistes. Là, dans un petit recoin de rue calme, une grande maison colorée abrite les ateliers et les répétions de la compagnie La Tarumba.
La Tarumba c'est l'une des institutions des arts scéniques du Pérou. Demandez à un péruvien, tout le monde connaît de nom et/ou à vu un spectacle.
Nous avons rendez-vous avec Fernando Zevallos, l'un des deux directeurs et co-fondateur de ce théâtre-cirque. Et oui, il s'agit plus d'une compagnie de cirque que de théâtre à proprement parler, mais c'est l'un des groupe-phare du Pérou, on ne pouvait pas passer à côté, d'autant plus qu'ils fêtent leur 25 ans cette année. 25 ans dédiés aux arts de la scène, un groupe qui a su perdurer malgré les périodes de terrorisme et de crise au Pérou (lire la fiche de Fernando).

En ce moment, ils préparent un spectacle qui traitera du thème de l'identité péruvienne, thème qui leur semblaient important de traiter aujourd'hui, où la question de l'identité des peuples est l'une des thématiques les plus importantes en Amérique latine: comment faire co-exister les différentes "races" (dans le cas du Pérou, il y a les Indigènes, les Noirs - apportés par les Espagnols en tant qu'esclaves - et les descendants des colons espagnols), et surtout, quel pays construire en commun ?
A grand renforts de pirouettes et d'acrobatie, de musique en live et d'un peu de théâtre, ce mélange explosif devrait donner un spectacle détonnant, et étonnant.

 



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Publié à 04:43, le 18/01/2009 dans Pérou, Lima
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Du théâtre et du tourisme, c'est à Cuzco, Pérou

Dans nos petites têtes d'étrangères écervelées, Cuzco est plutôt associée aux-plus-que fameuses échappées touristiques (Machu Picchu, Aguas Calientes ou Inca Trail), qu'au théâtre. Mais comme c'est du déjà-vu (3 semaines au Pérou et en Bolivie il y a de ça 2 ans 1/2, ne l'oublions pas) cette fois on y retourne pour d'autres raisons. Je vous laisse deviner lesquelles, ha ha ha. C'était pas prévu à l'origine, mais lorsqu'on apprend qu'il y a un festival de théâtre vendredi-samedi-dimanche à Cuzco, on ne réfléchit pas, on plie bagage en laissant Arequipa et son désert artistique derrière soi. Sans remords aucuns. Même si la ville est superbe, blanche, festive ... Cuzco aussi est un vrai bijou, un bonheur pour les yeux, du Pérou comme on a envie d'en voir.
"Qu'est-ce qu'ils entendent par festival ?" se demande-t-on en débarquant. Pas une affiche en vue ... ah si, une en noir et blanc sur un poteau, et parce que Nasta a la bonne habitude de laisser traîner ses yeux partout. A part ça, bien plus que des artistes en mouvement, ce que l'on croise vraiment à Cuzco, ce sont des touristes. Par dizaines, et de toutes sortes. Avec toujours la même panoplie bob-appareil photo intégrés. Vendue en kit. Des japonais, des allemands, des hollandais, des espagnols, des français ... un régal.
 
Ils vont et viennent sur la Plaza de Armas, le nez en l'air, enchantés par le paysage, les maisons pittoresques à flanc de colline, les ruelles pavées, les cholitas qui vendent des bonnets et des gants en alpaga dans leurs paniers. C'est ça le Pérou, pensent-ils. Et ça les enchantent. C'est comme une vitrine, on regarde, mais on évite de trop toucher. C'est encore mieux derrière les fenêtres du bus. Mais bon, parfois il faut descendre. Et alors là c'est la cohue. Imaginez pleins de petits T-shirt colorés partout, comme des globules rouges hyper-actifs, qui fourmillent d'un magasin à l'autre. Et au milieu de cette animation clownesque, Nasta et moi, mi-figue mi-raisin. A la fois amusées et horrifiées. Amusées parce que cette horde de playmobil vaut franchement le détour. Horrifiées, parce que les autres victimes de ce tourisme de masse, c'est nous. C'est à dire qu' aux yeux des latino-américains, on reste bel et bien des porte-monnaie sur pattes. Des gringas qui auraient peut-être des véléités de se déguiser en péruviennes ... qui sait, un peu de llamas-poncho-gants-bonnets bariolés, ça vous tente ? 
Tout cela nous a un peu pesé, inutile de le nier.
D'où une envie pressante de ne pas traîner dans le coin. Reconcentration extrême ... Ah oui, le "festival" (vous comprendrez bientôt l'usage des guillemets). L'affiche en noir et blanc, aussi minuscule soit-elle, indique tout de même le lieu, l'horaire et le jour de chaque spectacle. Chose à savoir, Cuzco n'est certainement pas le berceau de l'art et de la culture au Pérou. Les salles de spectacles se comptent sur les doigts de la main. Ce qui facilite franchement les repérages. Sans plus attendre donc, le jour de notre arrivée, on se rend au théâtre (sorte de salle polyvalente sans âme mais située juste à côté du mercado où l'on peut déguster des sandwiches à la crème de lait pour le petit-déj.
 
1 point pour elle, donc, pour la salle polyvalente).
Lucho Ramirez est en train d'y répéter son spectacle "Los Tambores", avec un autre comédien. Ils s'exercent à faire des claquettes autour d'un cercle, dans la pénombre (ils ont sans doutes jugé inutile d'allumer les projecteurs pour taper des pieds). Lucho est un acteur péruvien d'une cinquantaine d'années, qui semble davantage présent à son art qu'au quotidien. Il a le regard en suspension, comme accroché à une autre galaxie. Mais des étoiles il y en a (hein Nast' ?), ça pétille même. On obtient une interview après l'avoir alpagué dans le couloir, lui avoir présenté le projet i tutti quanti, et lui avoir dit qu'on connaissait Luis Alvarez de Arequipa (sait-on jamais). Il nous répond oui-oui (il a l'air pressé). On fixe le rendez-vous au sur-lendemain. Ce qui nous laisse le temps de voir la pièce.
"Los Tambores". Il s'agit d'un conte allemand que Lucho remanie pour la scène, sans relâche, depuis l'année 2000, en changeant régulièrement la forme (jamais le fond). Cette fois-ci, pour ce "festival", ils le jouent à 2. Mais ils l'ont déjà fait à 3, 4, 5, 8, 12 ... toujours en choeur. Avec pour seul rythme le bruit de leurs pas, pour seul décor ce cercle tracé sur le sol, qu'ils contournent ou transgressent, tour à tour. Les 2 acteurs sont parfaitement synchros, leurs voix ne font plus qu'une, leurs mouvements se coordonnent, ils maîtrisent parfaitement le sujet. De la qualité. Enfin.
Ça change de la pièce pour enfant vue la veille dans le cadre de ce même "festival". Qui a dit que les enfants étaient stupides ? Qu'il fallait faire des grimaces pour les faire rire ? Certainement pas nous. M'enfin c'est bien ce à quoi on a eu le malheur d'assister. Je ne citerai pas le titre de la pièce, par respect pour la comédienne.
Bref, ravies du spectacle, c'est sous une pluie battante que l'on revient le lendemain, complètement frigorifiées (je précise que l'on refuse de ressortir les funky jackets depuis la Patagonie. C'est comme ça.) On est à l'heure, comme toujours, et Lucho en retard, comme par hazard. Mais il vient. Il porte une petite casquette à la gavroche (ça protège de la pluie) et nous fait grimper dans sa loge. La lumière est blafarde, mais ça fera l'affaire. Au moins il n'y a pas trop de bruits, micro et dictaphone pourront s'en donner à coeur joie.
On ne sait pas trop comment se comporter avec Lucho. Il est pudique, pas très à l'aise sans doutes, et dubitatif quand à ces 2 frenchies qui sont à Cuzco alors que tout le théâtre est à Lima. Pas grave. On a l'habitude. Quelques questions pour décongeler l'athmosphère et ça ira mieux.
L'interview n'a pas plutôt démarrée que le regard du comédien s'illumine comme un feu d'artifice. Il se détend et se confie à Didine sans retenue (et à nous aussi un peu) lorsqu'il nous raconte la genèse de sa pièce. Il a beaucoup à dire. Tout a commencé dans les années 80, quand il est tombé sur ce conte allemand illustré, qui l'a littéralement enchanté. "Los Tambores", c'est son coup de coeur, son bébé. Un énorme bébé à qui il redonne vie régulièrement en changeant la mise en scène, les comédiens, la scénographie ... et en faisant perdurer l'histoire, éternellement. Il tient d'ailleurs à la raconter jusqu'à ce qu'il soit vieux.
Ce festival qui n'en était pas un (on nous aurait menti ?) valait le détour rien que pour Lucho et ses Tambores. Et pour Cuzco, vraiment magique malgré l'invasion touristique.
PS : Mille excuse pour le retard dans les articles... on tâchera d'être plus ponctuelle.Embarrassé


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Publié à 11:16, le 15/12/2008 dans Pérou, Cuzco
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C'est quoi le théâtre universitaire, au juste ?

Descendre du bus, monter dans une embarcation, voir le bus monter sur une autre embarcation (se demander s'il atteindra la rive), traverser un bras de lac, remonter, redescendre (oui, parce que rien ne se fait en une fois, il faut le savoir...), longer le lac Titicaca, traverser la frontière, passer par des villes qui font peur comme Juliaca (dont je vous épargne ici la description... désertique, grise, fantômatique), user et abuser de la batterie de notre Ipod, et enfin arriver à Arequipa, avec environ 4h de retard (la routine, vraiment ! Le jour où on se remettra à râler parce qu'il faut attendre le métro pendant 11 minutes, on tâchera de se rappeler de nos heures de retard dans les bus... promis !).

Nous revoilà donc dans la ville blanche... et oui, pour les étourdis, nous avions déjà passé par ici voilà un peu moins de 6 mois, avant de prendre notre bus pour La Paz (vous avez bien lu, bientôt 6 mois, déjà 6 mois).

 
Et bien, il n'y a pas à dire, Arequipa c'est vraiment une belle ville : bâtiments blancs tout en pierre volcanique, trois volcans à l'horizon (le Misti, le Chachani, et le Pichu Pichu - on espère qu'ils restent sages durant notre séjour....), une jolie place bien illuminée la nuit, du soleil toute l'année et un super Couch Host.

Il est temps de prendre quelques lignes pour faire l'éloge du Couchsurfing. Couchsurfing.com, c'est LA découverte du voyage. Pour ceux qui ne connaissent pas encore : c'est un site internet où les gens qui ont un canapé, un tapis de sol, un matelas, voire même un lit à offrir aux voyageurs de passage s'inscrivent, et où les voyageurs en question envoient des "couch request" dans les villes où ils comptent aller. C'est donnant-donnant, et chaque expérience en vaut la chandelle. Grâce à ça, on dort chez l'habitant, on rencontre des supers personnes et on voit la ville différemment, forcément.
En vrac, on aura appris à : manger des fruits de mer au four recouverts de fromage (Chili), faire bouillir de l'eau à 4000m d'altitude (Bolivie), utiliser les transports en commun (Chili), déchiffrer l'accent chilien même si on est super crevées et que ça ressemble à tout sauf à de l'espagnol (Chili, of course), préparer le maté comme des cheffes (Argentine), s'endormir après 1h du matin (Argentine), ne pas rire si on voit des petits anges en rang d'oignons sur une table de nuit (Argentine), préparer du Pisco Sour (Pérou), danser la cumbia colombienne (Chili, "por supuestation !"), gérer le débit de l'eau pour que la douche soit chaude (Bolivie) ... pas mal de fous rires aussi, et une bonne raison de pratiquer notre espagnol et nos accents du Sud !

Mais revenons à nos moutons.
Donc, à Arequipa, on a un super Couch Host, qui habite un peu loin du centre, certes, mais qui cuisine super bien et qui vient nous chercher au terminal de bus avec son acolyte Blake, j'ai nommé : Yvan ! Il est au petits soins pour ses "mamitas", et on lui en est bien reconnaissantes : Yvan, tu tombes à pic.
(Yvan à gauche, Blake à droite, et au milieu... !)

Arequipa, niveau théâtre et malgré tous les contacts qu'on a, c'est vraiment le désert. Il y a une pièce à l'affiche. Une seule et unique pièce.
Heureusement, on rencontre le directeur du théâtre universitaire, Luis Alvarez Oquendo. Et du théâtre universitaire, en Amérique latine, il y en a beaucoup. Mais qu'est-ce donc exactement ?
Et bien c'est du théâtre non-professionnel, dont l'objectif premier est de développer d'autres capacités chez les étudiants, toutes branches confondues (créativité, aisance, mémoire) et aussi, d'étendre les activités culturelles de la communauté.
Du théâtre amateur, donc, mais d'une grande qualité et d'une grande portée.

Luis Alvarez Oquendo considère qu'il y a une unité latino-américaine, non pas tant au niveau politique, mais au niveau culturel, et au niveau des problématiques de société. Pour lui, l'art a cette faculté d'abolir les barrières, et de dissoudre les frontières (lire la fiche comédien).
Nous, ce qu'on aime avec tous ces artistes qu'on rencontre, c'est qu'ils rêvent tous de changer le monde, en mieux, et qu'ils essaient de s'y atteler très concrètement.


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Publié à 05:32, le 4/12/2008 dans Pérou, Arequipa
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Little pause in Arequipa before La Paz

Hola todos !

Petit changement de programme pour les chicas, parce qu'on pouvait evidemment pas faire simple : on fait un petit detour par Arequipa (Perou) parce qu'il n'y avait pas de bus direct Lima-La Paz hier et qu'on voulait surtout pas passer un jour de plus a Lima. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah. On lui decerne la medaille de ville la plus triste du monde : si t'as quelques envies de suicide mais que tu n'oses pas sauter, viens a Lima !!!

Donc on a passe notre premier jour au lit, du jamais vu, tour du cadran, 14h de sommeil quasi non-stop (surtout la Nasta, parce que Caro, elle, elle se releve la nuit pour se brosser les dents, oui oui, meme a 4h !). La tante de Marco super zen, ne s'en est pas inquietee et nous a laissees sous la couette.

La on sort de 14h30 de bus (et ce n'est que le debut), ballotees a droite a gauche par le chauffeur fou. Avons pas vraiment ferme l'oeil (enfin si, Nasta dort partout).

Nous attendons donc le bus pour La Paz qui est a 1h du mat, a Arequipa. Resultat faut s'occuper, amortir la journee, donc les deux compañeras sont allees d'ores et deja prendre quelques contacts pour dans 5 mois, quand elles y reviendront : petit tour a l'Alliance francaise et a son homologue allemande, puis au centre culturel peruvien nord-americain. Nasta et Caro contentes : papier remplis de numeros et de contacts !

Cote bouffe, depuis l'avion, pas un repas sans poulet ! Et pour la Carotte : l'incontournable Inca Kola (jaune fluo)...qu'elle deteste, precisons-le.

Ce soir, nouvelle nuit dans le bus et demain.... nous serons a 4000m !!!

PS : Pour les photos, faudra etre encore patient : soucis avec le cyber cafe.



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Publié à 09:24, le 10/06/2008 dans Pérou, Arequipa
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Bien arrivees

Juste un coucou rapide pour vous dire qu´on est bien arrivees a Lima, bien receptionnees par lámi de la tante de l´ami d´Anne So (merci Marco). Nous voila catapultees au milieu de cette grande ville bruyante. On va aller se coucher. Crevees. Nez assechés par la clim de l´avion. Mais tout va bien.
Bises !!!


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Publié à 07:15, le 8/06/2008 dans Pérou, Lima
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