Deux comédiennes en vadrouille
ou comment se déroule notre "Voyage au bout du théâtre" en Amérique latine


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Voyage au bout du théâtre

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Du théâtre et du tourisme, c'est à Cuzco, Pérou

Dans nos petites têtes d'étrangères écervelées, Cuzco est plutôt associée aux-plus-que fameuses échappées touristiques (Machu Picchu, Aguas Calientes ou Inca Trail), qu'au théâtre. Mais comme c'est du déjà-vu (3 semaines au Pérou et en Bolivie il y a de ça 2 ans 1/2, ne l'oublions pas) cette fois on y retourne pour d'autres raisons. Je vous laisse deviner lesquelles, ha ha ha. C'était pas prévu à l'origine, mais lorsqu'on apprend qu'il y a un festival de théâtre vendredi-samedi-dimanche à Cuzco, on ne réfléchit pas, on plie bagage en laissant Arequipa et son désert artistique derrière soi. Sans remords aucuns. Même si la ville est superbe, blanche, festive ... Cuzco aussi est un vrai bijou, un bonheur pour les yeux, du Pérou comme on a envie d'en voir.
"Qu'est-ce qu'ils entendent par festival ?" se demande-t-on en débarquant. Pas une affiche en vue ... ah si, une en noir et blanc sur un poteau, et parce que Nasta a la bonne habitude de laisser traîner ses yeux partout. A part ça, bien plus que des artistes en mouvement, ce que l'on croise vraiment à Cuzco, ce sont des touristes. Par dizaines, et de toutes sortes. Avec toujours la même panoplie bob-appareil photo intégrés. Vendue en kit. Des japonais, des allemands, des hollandais, des espagnols, des français ... un régal.
 
Ils vont et viennent sur la Plaza de Armas, le nez en l'air, enchantés par le paysage, les maisons pittoresques à flanc de colline, les ruelles pavées, les cholitas qui vendent des bonnets et des gants en alpaga dans leurs paniers. C'est ça le Pérou, pensent-ils. Et ça les enchantent. C'est comme une vitrine, on regarde, mais on évite de trop toucher. C'est encore mieux derrière les fenêtres du bus. Mais bon, parfois il faut descendre. Et alors là c'est la cohue. Imaginez pleins de petits T-shirt colorés partout, comme des globules rouges hyper-actifs, qui fourmillent d'un magasin à l'autre. Et au milieu de cette animation clownesque, Nasta et moi, mi-figue mi-raisin. A la fois amusées et horrifiées. Amusées parce que cette horde de playmobil vaut franchement le détour. Horrifiées, parce que les autres victimes de ce tourisme de masse, c'est nous. C'est à dire qu' aux yeux des latino-américains, on reste bel et bien des porte-monnaie sur pattes. Des gringas qui auraient peut-être des véléités de se déguiser en péruviennes ... qui sait, un peu de llamas-poncho-gants-bonnets bariolés, ça vous tente ? 
Tout cela nous a un peu pesé, inutile de le nier.
D'où une envie pressante de ne pas traîner dans le coin. Reconcentration extrême ... Ah oui, le "festival" (vous comprendrez bientôt l'usage des guillemets). L'affiche en noir et blanc, aussi minuscule soit-elle, indique tout de même le lieu, l'horaire et le jour de chaque spectacle. Chose à savoir, Cuzco n'est certainement pas le berceau de l'art et de la culture au Pérou. Les salles de spectacles se comptent sur les doigts de la main. Ce qui facilite franchement les repérages. Sans plus attendre donc, le jour de notre arrivée, on se rend au théâtre (sorte de salle polyvalente sans âme mais située juste à côté du mercado où l'on peut déguster des sandwiches à la crème de lait pour le petit-déj.
 
1 point pour elle, donc, pour la salle polyvalente).
Lucho Ramirez est en train d'y répéter son spectacle "Los Tambores", avec un autre comédien. Ils s'exercent à faire des claquettes autour d'un cercle, dans la pénombre (ils ont sans doutes jugé inutile d'allumer les projecteurs pour taper des pieds). Lucho est un acteur péruvien d'une cinquantaine d'années, qui semble davantage présent à son art qu'au quotidien. Il a le regard en suspension, comme accroché à une autre galaxie. Mais des étoiles il y en a (hein Nast' ?), ça pétille même. On obtient une interview après l'avoir alpagué dans le couloir, lui avoir présenté le projet i tutti quanti, et lui avoir dit qu'on connaissait Luis Alvarez de Arequipa (sait-on jamais). Il nous répond oui-oui (il a l'air pressé). On fixe le rendez-vous au sur-lendemain. Ce qui nous laisse le temps de voir la pièce.
"Los Tambores". Il s'agit d'un conte allemand que Lucho remanie pour la scène, sans relâche, depuis l'année 2000, en changeant régulièrement la forme (jamais le fond). Cette fois-ci, pour ce "festival", ils le jouent à 2. Mais ils l'ont déjà fait à 3, 4, 5, 8, 12 ... toujours en choeur. Avec pour seul rythme le bruit de leurs pas, pour seul décor ce cercle tracé sur le sol, qu'ils contournent ou transgressent, tour à tour. Les 2 acteurs sont parfaitement synchros, leurs voix ne font plus qu'une, leurs mouvements se coordonnent, ils maîtrisent parfaitement le sujet. De la qualité. Enfin.
Ça change de la pièce pour enfant vue la veille dans le cadre de ce même "festival". Qui a dit que les enfants étaient stupides ? Qu'il fallait faire des grimaces pour les faire rire ? Certainement pas nous. M'enfin c'est bien ce à quoi on a eu le malheur d'assister. Je ne citerai pas le titre de la pièce, par respect pour la comédienne.
Bref, ravies du spectacle, c'est sous une pluie battante que l'on revient le lendemain, complètement frigorifiées (je précise que l'on refuse de ressortir les funky jackets depuis la Patagonie. C'est comme ça.) On est à l'heure, comme toujours, et Lucho en retard, comme par hazard. Mais il vient. Il porte une petite casquette à la gavroche (ça protège de la pluie) et nous fait grimper dans sa loge. La lumière est blafarde, mais ça fera l'affaire. Au moins il n'y a pas trop de bruits, micro et dictaphone pourront s'en donner à coeur joie.
On ne sait pas trop comment se comporter avec Lucho. Il est pudique, pas très à l'aise sans doutes, et dubitatif quand à ces 2 frenchies qui sont à Cuzco alors que tout le théâtre est à Lima. Pas grave. On a l'habitude. Quelques questions pour décongeler l'athmosphère et ça ira mieux.
L'interview n'a pas plutôt démarrée que le regard du comédien s'illumine comme un feu d'artifice. Il se détend et se confie à Didine sans retenue (et à nous aussi un peu) lorsqu'il nous raconte la genèse de sa pièce. Il a beaucoup à dire. Tout a commencé dans les années 80, quand il est tombé sur ce conte allemand illustré, qui l'a littéralement enchanté. "Los Tambores", c'est son coup de coeur, son bébé. Un énorme bébé à qui il redonne vie régulièrement en changeant la mise en scène, les comédiens, la scénographie ... et en faisant perdurer l'histoire, éternellement. Il tient d'ailleurs à la raconter jusqu'à ce qu'il soit vieux.
Ce festival qui n'en était pas un (on nous aurait menti ?) valait le détour rien que pour Lucho et ses Tambores. Et pour Cuzco, vraiment magique malgré l'invasion touristique.
PS : Mille excuse pour le retard dans les articles... on tâchera d'être plus ponctuelle.Embarrassé


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Publié à 11:16, le 15/12/2008 dans Perou, Cuzco
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C'est quoi le théâtre universitaire, au juste ?

Descendre du bus, monter dans une embarcation, voir le bus monter sur une autre embarcation (se demander s'il atteindra la rive), traverser un bras de lac, remonter, redescendre (oui, parce que rien ne se fait en une fois, il faut le savoir...), longer le lac Titicaca, traverser la frontière, passer par des villes qui font peur comme Juliaca (dont je vous épargne ici la description... désertique, grise, fantômatique), user et abuser de la batterie de notre Ipod, et enfin arriver à Arequipa, avec environ 4h de retard (la routine, vraiment ! Le jour où on se remettra à râler parce qu'il faut attendre le métro pendant 11 minutes, on tâchera de se rappeler de nos heures de retard dans les bus... promis !).

Nous revoilà donc dans la ville blanche... et oui, pour les étourdis, nous avions déjà passé par ici voilà un peu moins de 6 mois, avant de prendre notre bus pour La Paz (vous avez bien lu, bientôt 6 mois, déjà 6 mois).

 
Et bien, il n'y a pas à dire, Arequipa c'est vraiment une belle ville : bâtiments blancs tout en pierre volcanique, trois volcans à l'horizon (le Misti, le Chachani, et le Pichu Pichu - on espère qu'ils restent sages durant notre séjour....), une jolie place bien illuminée la nuit, du soleil toute l'année et un super Couch Host.

Il est temps de prendre quelques lignes pour faire l'éloge du Couchsurfing. Couchsurfing.com, c'est LA découverte du voyage. Pour ceux qui ne connaissent pas encore : c'est un site internet où les gens qui ont un canapé, un tapis de sol, un matelas, voire même un lit à offrir aux voyageurs de passage s'inscrivent, et où les voyageurs en question envoient des "couch request" dans les villes où ils comptent aller. C'est donnant-donnant, et chaque expérience en vaut la chandelle. Grâce à ça, on dort chez l'habitant, on rencontre des supers personnes et on voit la ville différemment, forcément.
En vrac, on aura appris à : manger des fruits de mer au four recouverts de fromage (Chili), faire bouillir de l'eau à 4000m d'altitude (Bolivie), utiliser les transports en commun (Chili), déchiffrer l'accent chilien même si on est super crevées et que ça ressemble à tout sauf à de l'espagnol (Chili, of course), préparer le maté comme des cheffes (Argentine), s'endormir après 1h du matin (Argentine), ne pas rire si on voit des petits anges en rang d'oignons sur une table de nuit (Argentine), préparer du Pisco Sour (Pérou), danser la cumbia colombienne (Chili, "por supuestation !"), gérer le débit de l'eau pour que la douche soit chaude (Bolivie) ... pas mal de fous rires aussi, et une bonne raison de pratiquer notre espagnol et nos accents du Sud !

Mais revenons à nos moutons.
Donc, à Arequipa, on a un super Couch Host, qui habite un peu loin du centre, certes, mais qui cuisine super bien et qui vient nous chercher au terminal de bus avec son acolyte Blake, j'ai nommé : Yvan ! Il est au petits soins pour ses "mamitas", et on lui en est bien reconnaissantes : Yvan, tu tombes à pic.
(Yvan à gauche, Blake à droite, et au milieu... !)

Arequipa, niveau théâtre et malgré tous les contacts qu'on a, c'est vraiment le désert. Il y a une pièce à l'affiche. Une seule et unique pièce.
Heureusement, on rencontre le directeur du théâtre universitaire, Luis Alvarez Oquendo. Et du théâtre universitaire, en Amérique latine, il y en a beaucoup. Mais qu'est-ce donc exactement ?
Et bien c'est du théâtre non-professionnel, dont l'objectif premier est de développer d'autres capacités chez les étudiants, toutes branches confondues (créativité, aisance, mémoire) et aussi, d'étendre les activités culturelles de la communauté.
Du théâtre amateur, donc, mais d'une grande qualité et d'une grande portée.

Luis Alvarez Oquendo considère qu'il y a une unité latino-américaine, non pas tant au niveau politique, mais au niveau culturel, et au niveau des problématiques de société. Pour lui, l'art a cette faculté d'abolir les barrières, et de dissoudre les frontières (lire la fiche comédien).
Nous, ce qu'on aime avec tous ces artistes qu'on rencontre, c'est qu'ils rêvent tous de changer le monde, en mieux, et qu'ils essaient de s'y atteler très concrètement.


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Publié à 05:32, le 4/12/2008 dans Perou, Arequipa
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Little pause in Arequipa before La Paz

Hola todos !

Petit changement de programme pour les chicas, parce qu'on pouvait evidemment pas faire simple : on fait un petit detour par Arequipa (Perou) parce qu'il n'y avait pas de bus direct Lima-La Paz hier et qu'on voulait surtout pas passer un jour de plus a Lima. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah. On lui decerne la medaille de ville la plus triste du monde : si t'as quelques envies de suicide mais que tu n'oses pas sauter, viens a Lima !!!

Donc on a passe notre premier jour au lit, du jamais vu, tour du cadran, 14h de sommeil quasi non-stop (surtout la Nasta, parce que Caro, elle, elle se releve la nuit pour se brosser les dents, oui oui, meme a 4h !). La tante de Marco super zen, ne s'en est pas inquietee et nous a laissees sous la couette.

La on sort de 14h30 de bus (et ce n'est que le debut), ballotees a droite a gauche par le chauffeur fou. Avons pas vraiment ferme l'oeil (enfin si, Nasta dort partout).

Nous attendons donc le bus pour La Paz qui est a 1h du mat, a Arequipa. Resultat faut s'occuper, amortir la journee, donc les deux compañeras sont allees d'ores et deja prendre quelques contacts pour dans 5 mois, quand elles y reviendront : petit tour a l'Alliance francaise et a son homologue allemande, puis au centre culturel peruvien nord-americain. Nasta et Caro contentes : papier remplis de numeros et de contacts !

Cote bouffe, depuis l'avion, pas un repas sans poulet ! Et pour la Carotte : l'incontournable Inca Kola (jaune fluo)...qu'elle deteste, precisons-le.

Ce soir, nouvelle nuit dans le bus et demain.... nous serons a 4000m !!!

PS : Pour les photos, faudra etre encore patient : soucis avec le cyber cafe.



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Publié à 09:24, le 10/06/2008 dans Perou, Arequipa
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Bien arrivees

Juste un coucou rapide pour vous dire qu´on est bien arrivees a Lima, bien receptionnees par lámi de la tante de l´ami d´Anne So (merci Marco). Nous voila catapultees au milieu de cette grande ville bruyante. On va aller se coucher. Crevees. Nez assechés par la clim de l´avion. Mais tout va bien.
Bises !!!


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Publié à 07:15, le 8/06/2008 dans Perou, Lima
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